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Mélodie Daoust : rien à envier aux gars 0

François Parenteau
Mélodie Daoust célèbre un but avec Équipe Québec. Photo : Hockey Québec

Mélodie Daoust célèbre un but avec Équipe Québec. Photo : Hockey Québec

LONGUEUIL. Partout où elle joue, Mélodie Daoust, des Lynx d'Édouard-Montpetit, amasse des points à la pelle. Avec les gars, du novice au midget Espoir, elle a dominé. À 19 ans, elle rêve aujourd'hui des Jeux olympiques de 2014, à Sotchi.

En 30 parties de saison régulière avec les Lynx, dans la Ligue collégiale AA, la joueuse de centre a récolté 99 points. Une production logique pour l'athlète originaire de Salaberry-de-Valleyfield, en Montérégie. Durant son hockey mineur, elle a toujours terminé parmi le top 5 des meilleurs pointeurs de la ligue. Dans le AA ou BB, entourée de garçons.

Garder la tête haute

Rendue dans le midget espoir, sa production est demeurée bonne, mais la différence de gabarit a commencé à paraître. «Je me suis fait ramasser une seule fois, se souvient Mélodie. Depuis, je garde la tête haute. Jouer avec les gars m'a beaucoup aidé à développer ma vision du jeu.»

À 17 ans, elle a reçu une invitation du midget AAA, mais a préfèré l'aventure du hockey féminin. Elle s'est alignée avec les Sélects du Lac-Saint-Louis, dans le midget AA. Son équipe n'a pas perdu une partie et a remporté la Coupe Dodge 2009.

«La vitesse du jeu est beaucoup plus rapide chez les gars, mais le jeu est plus collectif avec les filles. Il y a moins de jeux individuels. Sans le contact, je suis aussi moins stressée et j'ai plus de temps pour contrôler la rondelle», explique-t-elle.

L'aventure collégiale à Longueuil

À l'automne 2009, la numéro 15 enfile l'uniforme des Lynx d'Édouard-Montpetit. L'esprit de camaraderie des joueuses la charme et l'incite à s'inscrire à ce collège.

Quand elle ne joue pas au hockey, Mélodie étudie ses sciences humaines. Une fois sa carrière terminée, elle aimerait devenir professeure d'éducation physique au collégial ou entraîneure de hockey féminin au cégep ou à l'université.

Au terme de sa première saison, couronnée d'un championnat, Mélodie a mérité le titre de recrue de la ligue, de recrue des Lynx et d'athlète par excellence de son collège.

«À Édouard-Montpetit, j'ai acquis beaucoup de discipline. Avec trois entraînements par semaine et des parties la fin de semaine, en plus des travaux et de l'étude, j'ai appris à m'organiser. Pour aller à l'université, il faut de bonnes notes», insiste celle qui termine son programme ce printemps.

L'embarras du choix pour l'université

Pour choisir son université, ce ne sont pas les options qui ont manqué. Elle a reçu 32 offres, tant aux États-Unis qu'au Canada. Finalement, c'est à McGill qu'elle poursuivra ses études et sa carrière.

«Je suis une fille de ville et je veux rester proche de ma famille et de mes amis. Il y a tellement de talent au Québec, c'est important que les filles restent ici pour que la ligue devienne de plus en plus compétitive», souligne Mélodie.

À son avis, c'est le meilleur chemin à suivre pour réaliser son rêve de participer aux Jeux olympiques de Sotchi, en 2014. «Les entraîneurs de McGill sont très talentueux. Peter Smith était d'ailleurs un adjoint à Vancouver en 2010. Je vais aussi jouer avec plusieurs bonnes joueuses comme la médaillée olympique Charline Labonté, Cathy Chartrand, Ann-Sophie Bettez (entraîneure des Lynx) et Gillian Ferrari, la dernière joueuse retranchée pour les Jeux de 2010», précise-t-elle.

«Je suis consciente que la ligue universitaire est plus forte aux États-Unis qu'au Canada, mais si je me concentre sur ma carrière, que j'y mets le paquet, je ne vois pas quel problème ça pourrait causer», ajoute l'attaquante.

Équipe Canada

En janvier 2009, Mélodie Daoust a goûté pour la première fois à l'expérience d'Équipe Canada. Elle a participé au Championnat du monde des moins de 18 ans, en Allemagne. Le Canada s'est incliné en finale contre les États-Unis, mais l'année suivante, à Chicago, Mélodie et ses coéquipières se sont vengées des Américaines et ont raflé l'or.

Au mois d'août dernier, elle devait participer au camp final pour le Championnat mondial des moins de 22 ans, mais une blessure l'en a empêchée. Auparavant, elle avait passé tout l'été à Calgary pour s'entraîner avec Danielle Goyette, triple médaillée olympique.

«J'ai travaillé fort pour améliorer mon coup de patin. J'ai pu le faire grâce à une bourse de 1000$ que le Canadien de Montréal m'a offerte avec la Fondation de l'athlète d'excellence du Québec. C'était un grand honneur de recevoir la bourse des mains de Bob Gainey», raconte-t-elle.

Des mains magiques

Mélodie Daoust mérite beaucoup de crédit pour les succès des Lynx. Ses entraîneurs n'ont que de bons mots à son sujet. «Mélodie déborde d'habiletés. Elle fait ce qu'elle veut avec la rondelle, ses mains sont magiques, lance Patrick Larivière, son entraîneur-chef. Elle transmet beaucoup de vécu à ses coéquipières. Deux championnats du monde à son âge, ce n'est pas rien. Elle est un exemple à suivre pour toute l'équipe.»

L'entraîneure-adjointe Noémie Marin a déjà fait partie de l'Équipe nationale des moins de 22 ans. Selon elle, Mélodie Daoust est sur la bonne voie pour parvenir à l'Équipe nationale. «Elle doit continuer à travailler aussi fort qu'elle le fait toujours, à pratiquer ses lancers et à améliorer sa rapidité. Vision du jeu, patience avec la rondelle, créativité : elle possède déjà toutes ces qualités, ce qui est un plus extraordinaire.»