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Un douanier à la tête des Lynx : Patrick Larivière 0

François Parenteau
Patrick Larivière avec la physiothérapeute Marie-Josée Lefebvre et l entraîneur-adjoint Éric Miculescu, chez les Lynx d Édouard-Montpetit. Photo: Courtoisie

Patrick Larivière avec la physiothérapeute Marie-Josée Lefebvre et l entraîneur-adjoint Éric Miculescu, chez les Lynx d Édouard-Montpetit. Photo: Courtoisie

LONGUEUIL. Quand il ne vérifie pas des passeports, Patrick Larivière passe la majeure partie de son temps sur une patinoire. Depuis qu'il a 14 ans, l'actuel entraîneur-chef des Lynx d'Édouard-Montpetit enseigne le hockey, un métier dont il raffole.

«J'ai toujours eu une passion pour l'enseignement. Je retiens cela de mes parents, deux enseignants de formation», raconte l'entraîneur de 33 ans, originaire de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Durant sa jeunesse, il joue au hockey à la position de gardien de but. Sa carrière se termine avec le Junior A. Son grand intérêt le mène à l'Université de Sherbrooke, où il complète un baccalauréat en enseignement de l'éducation physique. Une fois son diplôme en poche, Patrick Larivière décide de poursuivre ses études avec une maîtrise en psychologie du sport.

L'aventure du hockey féminin

À ce moment, en 2005, il rencontre Yanick Évola, l'entraîneur-chef de l'Axion de Montréal, une équipe professionnelle de hockey féminin. Il cherche un entraîneur des gardiens de but et lui propose l'emploi.

«J'ai accepté avec plaisir de relever ce défi. J'avais de l'expérience, car depuis mon adolescence, j'enseigne dans des écoles de hockey. Au final, à propos de mes études en enseignement, j'aurai fait un peu de suppléance, sans plus. Les emplois étaient plutôt précaires, et je préférais quelque chose de plus stable. C'est pourquoi je suis devenu douanier», informe-t-il.

Chez l'Axion, M. Larivière apprécie les relations qu'il bâtit avec les joueuses. «J'adore le contact avec les athlètes, les aider à progresser dans ce qu'ils aiment. Ce n'est pas seulement une question de hockey. Si j'avais joué au basketball, je serais devenu entraîneur de basketball par la suite.»

Pendant quatre ans, jusqu'à ce que l'équipe mette fin à ses activités, il travaille avec l'Axion. Dès son arrivée, il s'occupe aussi des gardiennes d'Édouard-Montpetit. Le programme de hockey collégial AA des Lynx est nouveau et Yanick Évola dirige aussi l'équipe.

À la tête des Lynx

Avec les années, M. Larivière prend du galon et augmente ses responsabilités au sein des Lynx. L'été dernier, Yanick Évola a quitté pour diriger les Gee-Gees de l'Université d'Ottawa. Cette saison, pour la première fois, le Johannais est l'entraîneur-chef.

«Être entraîneur-chef, c'est beaucoup plus de responsabilités. Je n'avais pas beaucoup d'expérience pour ce poste, mais j'ai su m'entourer d'une bonne équipe», explique celui qui tient aussi le rôle de directeur général.

Ces nouveaux visages sont Éric Miculescu, ancien entraîneur-chef de Lionel-Groulx, Caroline Ouellette et Noémie Marin, de l'Équipe olympique canadienne, qui viennent donner un coup de main une fois par semaine, et Ann-Sophie Bettez, joueuse pour les Martlets de l'Université McGill. «Ce sont des gens d'expérience, des gens qui ont du vécu et qui me soutiennent beaucoup.»

Hockey féminin : pas de différences majeures

Patrick Larivière assure que pour gérer une équipe, il n'y a pas de différences majeures entre le hockey masculin et le hockey féminin. «Chez les filles, puisqu'il n'y a pas de mise en échec, la possession de rondelle est beaucoup plus importante. On ne voit presque pas de dégagement pour ensuite tenter d'aller récupérer la rondelle dans le fond de la zone en appliquant un échec-avant soutenu.»

Mais, les entraînements lui font penser à ses cours d'enseignement! «Les filles questionnent plus. Elles veulent savoir le pourquoi des exercices et des stratégies. Il faut leur prouver que ça fonctionne. Tandis que chez les gars, ils exécutent les tâches sans poser de questions ou presque.»

Quant à l'esprit d'équipe qui règne chez les Lynx, l'entraîneur dit n'avoir jamais rien connu de tel. «Les filles s'amusent et sont toujours ensemble, sur la patinoire et à l'extérieur. Les gars fonctionnent plus en petits groupes.»

En plus des Lynx et de son travail de douanier, M. Larivière s'engage dans les programmes de hockey des Carabins de l'Université de Montréal et d'Équipe Québec.