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Une joueuse de basketball suisse avec les Cavaliers du collège Champlain 0

Par Pierre Loiselle

Alexandra Koch a vu des différences majeures entre le basketball d ici et celui de la Suisse. Photo : Robert Côté

Alexandra Koch a vu des différences majeures entre le basketball d ici et celui de la Suisse. Photo : Robert Côté

L'équipe féminine de basketball des Cavaliers du collège Champlain de Saint-Lambert a atteint le Championnat provincial collégial pour la première fois de son histoire cette saison et une Suissesse, Alexandra Koch, pourra se vanter d'y avoir contribué.

L'athlète, qui célèbre ses 18 ans aujourd'hui, 28 mars, jouait depuis deux ans avec l'équipe de basketball nationale suisse et participait au Championnat d'Europe. «Mais je joue habituellement pour l'équipe de ma ville, Elsic Fribourg, car chez nous, il n'y a pas de basketball scolaire. Ça faisait longtemps que je voulais jouer au basketball au Québec, car le niveau est très élevé», raconte Alexandra.

Saint-Lambert plutôt que Dawson

Éric Fréchette, un résident de Sorel, entraîneur de basketball en Suisse, l'a aidé à mettre son projet à exécution. «Je voulais aller dans un collège anglophone pour apprendre l'anglais. Il y avait deux possibilités, Dawson et Saint-Lambert. Il n'y avait pas de place à Dawson, alors que George Germanos, l'entraîneur des Cavaliers, était intéressé. J'ai visité Saint-Lambert en avril 2011, ça m'a plu et je suis arrivée pour de bon en août», raconte Alexandra au Magazine.

Elle a évidemment eu droit à des chocs culturel et sportif. «Culturellement, j'ai trouvé les gens très chaleureux et très ouverts. Ils se parlent dans les supermarchés et sont sympathiques. Ils m'ont souvent raconté comment l'hiver doux de cette année n'était pas normal», lance-t-elle en riant.

Des différences majeures

Son choc sportif concerne la façon nord-américaine de jouer au basketball. «C'est beaucoup plus physique et il y a beaucoup plus de contacts. Alors qu'en Europe, le jeu est structuré presque jusqu'à la robotisation, ici, c'est rapide vers l'avant, plus intuitif. En Europe, on calme souvent le jeu; ici, c'est presque toujours à pleine vitesse.»

Selon elle, la meilleure équipe collégiale du Québec serait capable de se classer parmi les quatre meilleures en Championnat de Suisse. «Peut-être même qu'elle pourrait le gagner.»

Alexandra a évidemment dû s'adapter. «J'ai très peu joué en début de saison. Je parlais peu l'anglais, j'apprenais l'accent français du Québec et les filles de l'équipe avaient toutes pratiqué ensemble pendant l'été, alors que moi, j'arrivais. Ça m'a pris au moins trois à cinq matchs avant de débloquer, et au bout de deux mois, j'étais à l'aise.» Elle est alors devenue une joueuse partante régulière.

Elle a été séduite par le système collégial d'ici. «C'est ce que j'ai le plus aimé. Ici, on prend en compte les études d'abord et le sport ensuite. Pour réussir, on est entouré de gens pour nous aider. J'ai même un tuteur en anglais. Les entraîneurs sont toujours derrière nous, en tout temps. Jouer pour une école amène un sentiment d'appartenance unique. J'aimerais vraiment vivre un tel concept en Suisse.»

Un retour en Suisse

Alexandra vient de prendre une décision difficile. «J'ai décidé de retourner en Suisse en juin prochain. Il était prévu que je reste un an, mais j'étais tentée de rester à plus long terme. Ce fut la décision la plus difficile de ma vie, mais nécessaire. J'aime ma famille et j'ai un bel avenir en Suisse. J'ai beaucoup appris ici et je garderai un souvenir inoubliable de mon passage à Saint-Lambert», assure-t-elle.