Des récoltes jusqu'en décembre pour les Urbainculteurs

Annick Oligny annick.oligny@tc.tc
Publié le 2 décembre 2015

L'entreprise Les Urbainculteurs a créé une technique qui permet de cultiver des légumes jusqu'à Noël.

©Photo: TC Media – Robert Côté

AGRICULTURE. Des arceaux conçus spécialement pour les bacs de l'entreprise Urbainculteurs permettent de produire des récoltes d'automne en recréant l'effet d'une serre. L'Urbainculteur Nicolas Sainte-Marie a reçu le Courrier du Sud dans les installations de l'entreprise afin d'expliquer le concept établi sur la Rive Sud depuis cette année.

Sur le toit des locaux des Urbainculteurs à Longueuil, de longues rangées de bacs de terres reproduisent des serres qui peuvent être cultivées à l'année afin d'exploiter au maximum leurs potagers.

«Nos produits permettent d'augmenter la production parce que généralement, on défait nos jardins à l'automne, explique Nicolas Sainte-Marie. Mais nous, on installe le jardin en septembre, ce qui nous permet de produire une troisième récolte jusqu'à Noël. Tu n'as qu'à mettre ta toile par-dessus tes bacs et tu obtiens une mini serre.»

Les légumes froids comme la laitue, les épinards, les bettes à cardes, les choux et les fines herbes peuvent ainsi être cultivés jusqu'à la fin du mois de décembre.

Ce sera la première fois que l'on verra ça ici au Québec. Nous en produisons en Europe, mais jamais au Canada. On ne publicise pas le concept parce que les gens le reprennent à tort et à travers. S'ils n'ont pas la base agronomique ou biologique, nous craignons que certains reproduisent nos techniques sans succès. Nicolas Sainte-Marie

Les Urbainculteurs expliquent le fonctionnement de la culture d'hiver à ceux qui visitent leurs installations de la rue Saint-Jean, où ils peuvent du même coup retrouver tout le matériel nécessaire à l'élaboration d'un jardin sur un toit ou pour une cour asphaltée.

À but non lucratif

La moitié des produits cultivés par l'entreprise seront vendus pour financer les activités de cet organisme à but non lucratif et l'autre moitié sera redistribuée parmi les employés.

«Notre but, même si nous sommes un commerce, est de faire la promotion de l'agriculture urbaine de la bonne façon, en accueillant les clients et en leur expliquant correctement comment préparer leur jardin, que ce soit en préparant la terre, les systèmes d'irrigation, l'utilisation des engrais, la gestion des insectes et des maladies», soutient Nicolas Sainte-Marie.

Une entreprise à cinq volets

Les Urbainculteurs ont autant de cordes à leur arc que de missions. En plus de procéder à l'aménagement de potagers, ils vendent et distribuent des produits de confection de jardin et présentent des conférences et ateliers sur l'agriculture urbaine.

Selon leur clientèle, qui va des écoles aux entreprises en passant par monsieur et madame tout le monde, leurs objectifs sont entre autres de valoriser une saine alimentation, verdir les cadres de vie, privilégier la culture bio, lutter contre les îlots de chaleurs et enseigner un savoir essentiel.

Loin de manquer de travail, l'entreprise d'abord établie à Québec compte concentrer ses activités pour les clients de la Rive-Sud et plus précisément de Longueuil.

«On ne dit pas que l'on ne veut pas aller à Montréal, mais nous avons la volonté de répondre aux besoins des communautés voisines avant tout. Les besoins sont grands ici et nous avons beaucoup de demandes en ce sens», conclut Nicolas Sainte-Marie.