Le «rêve éveillé» du premier Lumifest de Longueuil

Ali Dostie ali.dostie@tc.tc
Publié le 31 octobre 2016

FESTIVAL. Un rêve éveillé. C'est ce qu'a vécu cette fin de semaine l'instigateur du Lumifest de Longueuil et directeur de projets chez Barrakuda événements, Dominique Arcand. Le Longueuillois n'hésite pas à qualifier de succès ce premier festival de videomapping qui a attiré environ 10 000 visiteurs en seulement deux jours.

«Ç'a dépassé mes attentes, admet d'emblée Dominique Arcand. Pour moi, un rêve s'est réalisé; je flottais! Tout a bien fonctionné, comme je l'imaginais. Je regarde les maquettes du projet et les photos qu'on a prises sur place et c'est à peu près pareil!»

L’équipe du Lumifest a pourtant dû faire face et s'adapter aux abondantes précipitations, en particulier lors de son coup d'envoi, jeudi soir. Le rêve avait alors des allures de cauchemar.

«La programmation du Shack à musique a été annulée et il y a eu un seul set de DJ, mais les projections architecturales ont tout de même fonctionné. Il y a eu un déploiement technique assez important pour protéger les équipements.»

Les spectacles prévus au Shack à musique samedi ont été déménagés dans l'église St.Mark, en raison de la météo incertaine, qui n'a toutefois pas empêché le public de se déplacer. «Pour les trois bands, il y avait une file et l'église était pleine à craquer! C'était magique!», se réjouit M. Arcand.

Que des satisfaits

Non seulement le public était au rendez-vous, mais tous les collaborateurs qui ont pris part au festival, dont les cinq studios de création qui ont conçu les projections, ont adoré l'expérience.

«Ils ont trippé! C'est ma plus belle victoire, lance Dominique Arcand. Parce que ce n'était pas gagné au départ; une première édition, un festival dans le Vieux-Longueuil, alors qu'ils sont plus habitués à des projets à Montréal…  J'ai été très chanceux qu'ils embarquent.»

Selon le concepteur, les équipes de ces studios ont apprécié la collégialité de l'événement, que Dominique Arcand qualifie de «trip de gang». Le volet des Lumichefs a aussi été un succès à cet égard, estime l'organisateur, l'énergie contagieuse des chefs – tous des amis  – ayant été bien transmise aux visiteurs.

Pour l'instigateur, ce sont les efforts et la persévérance collective, notamment de la Ville de Longueuil et des bénévoles, qui ont fait de ce premier Lumifest une réussite. Il souligne l'étroite participation de l'Association de commerçants Espace Saint-Charles, et ce, dès les débuts du projet.

«Ce n'est pas commun de voir une telle collaboration; le projet a été initié avec eux.»

Jeune et novateur

Avec le Lumifest, la volonté était d'offrir un événement novateur, sortant des sentiers battus. À ce titre, Dominique Arcand se dit «mission accomplie» et remarque l'intérêt du public pour ce type de festival.

«La population du Vieux-Longueuil se rajeunit. Il y a plein de familles qui viennent de Montréal et qui ont choisi le secteur pour les services de proximité, la vie de quartier qui ressemble à Montréal», note M. Arcand.

Si un festival de videomapping compte pour public cible les 18-35 ans, Dominique Arcand espérait rejoindre le plus de gens possible, ne serait-ce que dans la programmation musicale.

«On voulait mettre l'accent sur la musique francophone avec les karaokés animés par Manon Vendette, qui  est tout un personnage. En même temps, les bands sont ceux qu'on retrouve plus dans le West Island», compare-t-il.

La Zombiethèque, qui offrait maquillage de zombies, a attiré davantage d'adultes que d'enfants, samedi soir. Ce volet des festivités est peut-être le seul bémol de la programmation, selon l'organisateur.

«On voulait faire un "bal de zombies", mais finalement, ç'a s'est limité surtout à la Zombiethèque. On ferait peut-être quelque chose de mieux enveloppé une prochaine fois, avec une danse ou une marche collective.»

Lumifest, deuxième édition?

Dans l'esprit de Dominique Arcand, pas de doute qu'une deuxième édition du Lumifest pourrait voir le jour. Tous les studios de création ont dit vouloir être de la fête l'an prochain et l'instigateur imagine déjà que d'autres créateurs pourraient s'ajouter.

Reste maintenant à partir à la recherche de subventions, avec cette première édition comme solide carte de visite.