Caroline St-Hilaire dresse un bilan positif pour l’économie de l’agglomération en 2016

Philippe Lanoix-Meunier philippe.lanoix-meunier@tc.tc
Publié le 31 décembre 2016

La mairesse veut faire de la Place Charles-Le Moyne le nouveau centre-ville de Longueuil.

© Photo: TC Media - Archives

ÉCONOMIE. De nombreux projets économiques ont vu le jour en 2016 dans l’agglomération de Longueuil et plusieurs sont encore à venir. Le Courrier du Sud s’est entretenu avec la mairesse Caroline St-Hilaire afin de tracer le bilan économique de la dernière année et faire le point sur les futures réalisations en matière de développement économique dans l’agglomération.

Quelles ont été selon vous les grandes réalisations économiques de l’agglomération en 2016?

«Le moment fort pour l’agglomération dans la dernière année est certainement la création du technopôle IVÉO, qui a vraiment positionné Longueuil dans le domaine des transports intelligents et durables. La municipalisation de l’aéroport de Saint-Hubert est également quelque chose de très positif; peu de gens y croyaient, mais on y est finalement arrivé. Nous sommes maintenant rendus à l’étape d’élaborer le style de gouvernance et la façon dont nous allons le développer.»

Quelles sont les priorités de développement pour l’agglomération au cours des prochaines années?

«Le développement de l’aéroport sera bien sûr l’une des priorités pour 2017, mais le développement de notre futur centre-ville, la Place Charles-Le Moyne, est un projet qui me tient particulièrement à cœur depuis le début de mon second mandat. Ce secteur ne sera plus simplement un lieu de passage; nous allons lui donner une âme et un milieu de vie. Nous voulons également que ce soit très accessible pour les piétons et pour le transport en commun. Ce sera notre priorité d’intervention numéro un au cours des prochaines semaines et des prochains mois. Nous ferons prochainement des annonces afin que la population puisse avoir une vision plus globale du projet. Nous voulons que les citoyens de Longueuil adhèrent à notre vision dès le début. Les travaux devraient commencer à la fin de l’année si tout va bien.»

Quel rôle peut jouer la Ville pour attirer des emplois et des investisseurs sur son territoire?

«Développement économique Longueuil (DEL) souhaite mettre sur pied un nouvel incubateur accélérateur qui favorisera le démarrage d’entreprises. Sur le plan de l’économie sociale, nous allons procéder en 2017 à une sélection d’entreprises qui ont pris part à un appel de projets. L’économie sociale est très importante chez nous; on parle de 180 entreprises, ce qui représente presque 3000 emplois. Et nous allons bien sûr continuer de favoriser le développement des transports intelligents et durables.»

Comment s’organise le nouveau technopôle IVÉO?

«À peine IVÉO est-il créé que l’Agglomération est en positionnement. Nous avons déjà annoncé le soutien de développement à six entreprises qui vont créer à terme plus de 270 emplois sur cinq ans. Des entreprises comme Lito Green Motion, TM4 et Varitron sont déjà des rouages économiques importants dans l’agglomération. La base est donc déjà en place. IVÉO deviendra un important écosystème d’innovation qui attirera des investissements dans le domaine des transports. Nous envoyons un signal fort au milieu économique que l’agglomération se positionne dans le domaine. IVÉO va prochainement créer des emplois, des investissements et des projets concrets.»

Que pensez-vous de l’initiative du député de Longueuil—Saint-Hubert Pierre Nantel, qui veut faire de l’agglomération la capitale nord-américaine de l’électrification des transports?

«Si on a une force au Québec, c’est bien l’électricité. Ça fait partie de notre ADN. Il devrait être tout naturel que l’électrification fasse partie de notre moteur de développement économique. Sur la Rive-Sud, toutes les entreprises spécialisées dans le domaine sont là.»

Est-ce que certaines artères commerciales feront prochainement l’objet d’un plan de revitalisation?

«Le secteur qui sera priorisé au cours des prochains mois sera celui de la rue Saint-Charles. Ça fait longtemps que les commerçants et les citoyens le demandent. Quant à l’échéancier des travaux, il y a plusieurs possibilités. Nous allons voir avec les commerçants comment ils veulent procéder: rapidement – ce qui fait très mal – ou en échelonnant les travaux sur deux ans, sections par sections. Cette année en sera davantage une de préparation sur le terrain, mais en 2018 et 2019, nous rendrons la rue Saint-Charles plus au goût du jour, avec un design urbain complètement réinventé, beaucoup plus axé sur le développement durable et sur les endroits piétonniers, ce qui est la force de cette artère. Il y a déjà une belle âme sur la rue Saint-Charles; il ne reste qu’à la mettre au goût du jour. L’ajout de nouvelles places de stationnement, que ce soit sur la rue comme telle ou sur les artères plus en amont, fera également partie des discussions avec les commerçants.»

Selon vous, est-ce que le conflit au sujet des dépenses de l’Agglomération avec les maires de Brossard, Saint-Lambert et Saint-Bruno aura des impacts sur la coopération économique entre les différentes villes?

«Ce serait une erreur de leur part de ralentir l’action économique sur notre territoire. Les chicanes lors du processus de fusion et défusion ont tellement occupé les dirigeants de l’époque que, pendant ce temps-là, le développement se faisait ailleurs. Je pense que depuis 2009, il s’est passé quelque chose sur notre territoire, nous avons des instances où nous pouvons nous parler. Est-ce que c’est parfait? Non. Est-ce qu’on peut l’améliorer? Oui. Mais pour ça, il doit y avoir un minimum de bonne foi de tous les partis. La force de l’agglomération, ce sont les cinq villes qui ont chacune leurs forces. Et moi, c’est avec ça que je veux travailler, avec des acteurs qui veulent faire avancer l’agglomération, pas des gens qui sont dans des chicanes du passé ou dans l’opportunisme politique. Ça fait maintenant dix ans que l’Agglomération existe et c’est étonnant de s’apercevoir que peu de gens comprennent réellement ce qu’elle est et ce qu’elle fait.»