Centralisation de la paie: une cinquantaine d’employés rapatriés à Longueuil

Sarah-Eve Charland sarah-eve.charland@tc.tc Publié le 24 mars 2016

Une cinquantaine d'employés responsables de la paie des trois CISSS de la Montérégie seront rassemblés à Longueuil.

©c 2013 photografie sur le vif

Alors que certains devront rouler sur près de 80 km pour se rendre à leur nouveau lieu de travail, une cinquantaine d’employés seront touchés par la restructuration des services de paie pour les Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie.

À lire aussi: La santé, toujours un chantier d'incertitudes

                    Moins de cadres et de bureaucratie et un médecin de famille pour tous

La centralisation de la paie est une exigence de la loi 10, qui est entrée en vigueur le 1er avril 2015. Les services seront transférés dans l’ancien édifice de l’Agence de la santé, au 1255 rue Beauregard à Longueuil, laissé vacant depuis l’abolition de l’institution. La décision a été entérinée par les présidents-directeurs généraux (PDG) des trois CISSS de la Montérégie.

«Cette réorganisation vise à accroître l'efficience des établissements de santé et de services sociaux par une réduction des structures et de la bureaucratie ainsi que de favoriser une saine et rigoureuse gestion administrative», affirme la porte-parole du ministère de la Santé, Caroline Gingras.

«C’est un projet entamé bien avant la fusion des établissements qui a été enchâssé par la loi 10. On s’attend à des économies sur l’utilisation des fournisseurs. En fusionnant sous le même toit, il sera plus facile d’effectuer les remplacements», explique la directrice des ressources financières du CISSS Montérégie-Est, Marie-Christine Paradis.

La nouvelle a été annoncée auprès des employés par communiqué, écrit par le PDG du CISSS Montérégie-Centre, Richard Deschamps, en février dernier.

«Les raisons qui militent en faveur de ce choix sont nombreuses. En effet, il offre la meilleure proximité de localisation pour le personnel ciblé puisque 75% d’entre eux travaillent à moins de 40 km de l’immeuble», peut-on lire dans le communiqué.

Le transfert devrait commencer dès le 1er avril et se réaliser en trois phases. Durant le mois d’avril, les 14 employés de la Montérégie-Centre prendront leurs aises dans les nouveaux locaux. En juin, ce sera au tour des 23 employés de la Montérégie-Est. Le transfert se finalisera en juillet lorsque les 15 employés de la Montérégie-Ouest intégreront les nouveaux locaux.

Le nouveau service devra gérer 32 000 paies. Pour le moment, la direction ne prévoit pas de suppression de postes. Toutefois, les employés qui refuseront leur transfert se verront inscrits sur la liste de rappel.

Selon le président-directeur général du CISSS de la Montérégie-Centre, Richard Deschamps, cette réorganisation engendra peu de coûts.

«Dans nos conventions collectives, transférer un employé au-delà de 50 km, ça engendre des coûts […] Dans le cas qui nous préoccupe actuellement, ça ne concerne que 13 personnes. Longueuil c'est assez central, on ne se le cachera pas, au niveau de la géographie de la Montérégie.»

Des syndicats inquiets

«C’est inquiétant. Ce projet ne bénéficie pas à personne. Il déracine des familles de la région. Il n’y a rien d’avantageux pour les membres. Il n’y a plus rien de drôle dans la fusion des établissements», s’est inquiété la présidente du syndicat des employés de bureau à Sorel-Tracy, Micheline Charron.

La présidente du syndicat paratechnique à Saint-Hyacinthe, Sylvie Lachambre, déplore vont devoir se déplacer aussi loin que Longueuil pour travailler.

«Ce que ça aura comme effet, c'est que nous serons loin pour faire régler notre paie si nous avons des problèmes. […] Ça va augmenter la bureaucratie. Ça risque de nous causer des problèmes et ils vont devoir appeler le syndicat pour faire régler leur problème.»

La directrice des ressources humaines, communications et affaires juridiques du CISSS Montérégie-Est, Vicky Lavoie, assure que les conventions collectives seront respectées. «Il y a des postes pour tout le monde. On a impliqué les syndicats pour trouver des solutions afin de réduire les impacts.»

Des doutes sur les économies promises

Le président du syndicat des employés de bureau du secteur Jardins-Roussillon, à Châteauguay, Simon Beaulieu, se questionne quant à lui sur les économies promises par cette réorganisation.

«On nous a dit qu’un des buts de cette centralisation était de payer une seule licence informatique pour la paie», explique M. Beaulieu.

En Montérégie, deux fournisseurs informatiques différents étaient utilisés pour la paie.

«Les infos qu’on a jusqu’à maintenant c’est que ce sera encore ces deux systèmes qui seront utilisés. Tant que ce ne sera pas harmonisé, l’économie promise sera minime», craint-il.

Avec la collaboration de Vanessa Picotte et Valérie Lessard.

 

En manchette

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Centralisation de la paie: une cinquantaine d’employés rapatriés à Longueuil

Sarah-Eve Charland sarah-eve.charland@tc.tc Publié le 24 mars 2016

Une cinquantaine d'employés responsables de la paie des trois CISSS de la Montérégie seront rassemblés à Longueuil.

©c 2013 photografie sur le vif


Alors que certains devront rouler sur près de 80 km pour se rendre à leur nouveau lieu de travail, une cinquantaine d’employés seront touchés par la restructuration des services de paie pour les Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie.

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                    Moins de cadres et de bureaucratie et un médecin de famille pour tous

La centralisation de la paie est une exigence de la loi 10, qui est entrée en vigueur le 1er avril 2015. Les services seront transférés dans l’ancien édifice de l’Agence de la santé, au 1255 rue Beauregard à Longueuil, laissé vacant depuis l’abolition de l’institution. La décision a été entérinée par les présidents-directeurs généraux (PDG) des trois CISSS de la Montérégie.

«Cette réorganisation vise à accroître l'efficience des établissements de santé et de services sociaux par une réduction des structures et de la bureaucratie ainsi que de favoriser une saine et rigoureuse gestion administrative», affirme la porte-parole du ministère de la Santé, Caroline Gingras.

«C’est un projet entamé bien avant la fusion des établissements qui a été enchâssé par la loi 10. On s’attend à des économies sur l’utilisation des fournisseurs. En fusionnant sous le même toit, il sera plus facile d’effectuer les remplacements», explique la directrice des ressources financières du CISSS Montérégie-Est, Marie-Christine Paradis.

La nouvelle a été annoncée auprès des employés par communiqué, écrit par le PDG du CISSS Montérégie-Centre, Richard Deschamps, en février dernier.

«Les raisons qui militent en faveur de ce choix sont nombreuses. En effet, il offre la meilleure proximité de localisation pour le personnel ciblé puisque 75% d’entre eux travaillent à moins de 40 km de l’immeuble», peut-on lire dans le communiqué.

Le transfert devrait commencer dès le 1er avril et se réaliser en trois phases. Durant le mois d’avril, les 14 employés de la Montérégie-Centre prendront leurs aises dans les nouveaux locaux. En juin, ce sera au tour des 23 employés de la Montérégie-Est. Le transfert se finalisera en juillet lorsque les 15 employés de la Montérégie-Ouest intégreront les nouveaux locaux.

Le nouveau service devra gérer 32 000 paies. Pour le moment, la direction ne prévoit pas de suppression de postes. Toutefois, les employés qui refuseront leur transfert se verront inscrits sur la liste de rappel.

Selon le président-directeur général du CISSS de la Montérégie-Centre, Richard Deschamps, cette réorganisation engendra peu de coûts.

«Dans nos conventions collectives, transférer un employé au-delà de 50 km, ça engendre des coûts […] Dans le cas qui nous préoccupe actuellement, ça ne concerne que 13 personnes. Longueuil c'est assez central, on ne se le cachera pas, au niveau de la géographie de la Montérégie.»

Des syndicats inquiets

«C’est inquiétant. Ce projet ne bénéficie pas à personne. Il déracine des familles de la région. Il n’y a rien d’avantageux pour les membres. Il n’y a plus rien de drôle dans la fusion des établissements», s’est inquiété la présidente du syndicat des employés de bureau à Sorel-Tracy, Micheline Charron.

La présidente du syndicat paratechnique à Saint-Hyacinthe, Sylvie Lachambre, déplore vont devoir se déplacer aussi loin que Longueuil pour travailler.

«Ce que ça aura comme effet, c'est que nous serons loin pour faire régler notre paie si nous avons des problèmes. […] Ça va augmenter la bureaucratie. Ça risque de nous causer des problèmes et ils vont devoir appeler le syndicat pour faire régler leur problème.»

La directrice des ressources humaines, communications et affaires juridiques du CISSS Montérégie-Est, Vicky Lavoie, assure que les conventions collectives seront respectées. «Il y a des postes pour tout le monde. On a impliqué les syndicats pour trouver des solutions afin de réduire les impacts.»

Des doutes sur les économies promises

Le président du syndicat des employés de bureau du secteur Jardins-Roussillon, à Châteauguay, Simon Beaulieu, se questionne quant à lui sur les économies promises par cette réorganisation.

«On nous a dit qu’un des buts de cette centralisation était de payer une seule licence informatique pour la paie», explique M. Beaulieu.

En Montérégie, deux fournisseurs informatiques différents étaient utilisés pour la paie.

«Les infos qu’on a jusqu’à maintenant c’est que ce sera encore ces deux systèmes qui seront utilisés. Tant que ce ne sera pas harmonisé, l’économie promise sera minime», craint-il.

Avec la collaboration de Vanessa Picotte et Valérie Lessard.