Divertir les patients par la réalité virtuelle

Vanessa Picotte vanessa.picotte@tc.tc
Publié le 5 janvier 2017

Le néphrologue Olivier Diec tente d'implanter un projet de réalité virtuelle pour les patients de l'hôpital Charles-LeMoyne

©Photo: TC Media - Robert Côté

TECHNOLOGIES. Des patients de l'Hôpital Charles-LeMoyne pourront bientôt visiter les plus beaux endroits du monde tout en recevant un traitement de dialyse ou de chimiothérapie.

Il s'agit d'une nouvelle technologie que le Dr Olivier Diec tente d'implanter dans le centre hospitalier de l'arr. de Greenfield Park, avec la collaboration d'Osmos Academy. Cet organisme souhaite mettre en place des technologies émergentes dans la communauté en créant des projets d'impact positif.

«Nous voulons sortir les patients de leur quotidien et les désennuyer durant les traitements qui, parfois, peuvent durer plusieurs heures, lance d'abord le néphrologue, qui a déjà réalisé plusieurs projets pour venir en aide aux patients souffrants de maladies chroniques, notamment la création du jardin urbain néphrologique. Nous voulons égayer leur séjour et que les patients soient plus réceptifs à leur traitement.»

Déjà, une quinzaine de patients de la Rive-Sud ont pu tester des casques de réalité virtuelle lors d'un premier événement en novembre. Si certains n'étaient pas totalement à l'aise avec cette technologie, ils ont rapidement trouvé une activité qui leur convenait. Certains ont visité le Musée du Louvre alors que d'autres se sont baladés en gondole dans le Grand Canal de Venise.

«En reliant les casques à un téléphone intelligent, tu peux faire à peu près n'importe quoi, explique Olivier Diec. Plusieurs patients qui étaient hospitalisés depuis plusieurs mois ou qui ne peuvent pas voyager à cause de leurs traitements ont finalement pu le faire, d'une certaine façon.»

Une foule de déclinaisons

Mis en place dans des hôpitaux pour enfants de Montréal, ce projet d'Osmos Academy connaît déjà un grand succès. Des équipes de bénévoles sont même formées par l'organisme pour être en mesure d'accompagner le patient à travers cette nouvelle technologie.

«Il y a beaucoup d'applications que l'on peut décliner à partir de ça, ajoute le Dr Diec. Nous voulons établir un partenariat avec Osmos Academy pour pondre quelque chose et joindre l'utile à l'agréable.»

Socialisation des patients

Celui qui tente toujours d'améliorer le séjour de ses patients aimerait exporter le projet à sa clientèle qui est souvent immobilisée pendant au moins quatre heures en dialyse.

«Nous voulons offrir cette technologie sur une base régulière aux patients de l'hôpital. Le contexte est aussi intéressant puisque nous n'allons pas dans une chambre avec un seul patient mais les réunissons dans une même pièce. Ça leur permet d'interagir et c'est propice à l'échange», indique-t-il, soulignant la dimension sociale du projet.

«Les patients ont été vraiment surpris de voir que ça pouvait les intéresser. La plupart n'avaient pas vraiment d'attente et finalement, ça a plu à tout le monde. En ayant le feedback de ces premiers patients, nous savons que pour ceux plus âgés,  nous devons miser sur l'expérience, par exemple avec les voyages», conclut-il.

Une nouvelle séance aura lieu avec d'autres patients dans les prochaines semaines et un partenariat officiel pourrait être établi au cours des prochains moins.