« Ça fait 29 heures que je suis debout »


Publié le 15 mars 2017

Frédéric Laberge, du Groupe Laberge Remorquage

©Photo: TC Media - Denis Germain

TEMPÊTE. Certaines personnes n'avaient pas le choix d'être sur la route hier, malgré la température. Déneigeurs, remorqueurs et services d'urgence ont tous mis les bouchées doubles pour répondre aux nombreux besoins.

«On n'a pas compilé les chiffres, mais on est certainement à près de 200 sorties», indiquait la directrice administrative de Remorquage Charette en début d’après-midi, mercredi.

De nombreux véhicules ont été simplement abandonnés sur la route, faute de pouvoir avancer. La route 116, à Saint-Bruno-de-Montarville, a notamment été le théâtre de plusieurs abandons.

Selon Remorquage Charette, les employés ont dû faire beaucoup de temps supplémentaire pour répondre à la demande.

«Dans mon cas, ça fait 29 heures que je suis debout, soulignait-elle. Pour nos remorqueurs, ça fait moins longtemps, parce qu'on les envoie dormir.»

Tempête monstre

À l'emploi de l'entreprise familiale Groupe Laberge Remorquage depuis sept ans, Frédéric Laberge a raconté au Courrier du Sud avoir vécu pire situation, mais a admis que cette tempête est l'une des «plus grosses» qu'il a affronté.

«On n'a pas encore eu le temps de faire le décompte des véhicules, mais disons que c'est assurément une de nos plus importantes journées de l'hiver, explique-t-il, visiblement exténué par ses heures de travail. On est là depuis environ 18h mardi.»

Frédéric Laberge estime qu'environ trente membres de son équipe ont été actifs dans la soirée de mardi et toute la journée de mercredi.

«On a fait appel aux trois quarts de notre effectif, affirme-t-il. Dans l'ensemble, ça c'est très bien passé. La plupart des automobilistes sont prudents et responsables; ils savent qu'on fait juste notre travail. Mais c'est sûr qu'il y a toujours des énervés qui sont trop pressés et qui nous contournent à toute vitesse.»

M. Laberge ajoute que les remorqueurs sont eux aussi à la merci des mauvaises conditions routières et que, tout comme les automobilistes, ils doivent redoubler de vigilance dans de pareille situation.

«On ne peut aider personne si on se retrouve nous aussi dans le fossé», illustre-t-il.

Au maximum de capacité

Du côté des ambulanciers, on indiquait hier après-midi être au maximum des capacités. Cinq équipes ont été ajoutées sur les routes, soit une pour chaque point de service de la Coopérative des techniciens ambulanciers de la Montérégie (CETAM).

Les policiers ont également été mis à l'épreuve, dans une moindre mesure. Les véhicules autopatrouilles stationnés étaient complètement ensevelies sous la neige. Cinq duos de patrouilleurs ont été appelés afin d'assurer la continuité du service entre les équipes de nuit et de jour, le temps de déneiger les voitures.

Aucun incident majeur n'a été signalé dans l'agglomération de Longueuil. Ailleurs dans la grande région de Montréal, la situation était fort différente; des carambolages ont eu lieu sur les autoroutes 20, 30 et 40. À Montréal, environ 300 véhicules sont restés pris toute la nuit de mercredi sur l'autoroute 13.

Avec la collaboration de Philippe Lanoix-Meunier 

©Photo: TC Media - Denis Germain