Don à la Croix-Rouge: une compétence locale ou d'agglomération ?


Publié le 19 mai 2017

L'Agglomération de Longueuil a versé une aide financière de 43 000$ à la Croix Rouge canadienne pour venir en aide aux sinistrés des inondations.

©Photo: TC Media - Archives

Le don de 43 000$ au fonds Inondations printanières de la Croix Rouge canadienne effectué au nom de l'Agglomération de Longueuil a suscité de nombreux échanges, à la séance du conseil du 18 mai. Soulignant la noblesse du geste, les maires de Saint-Lambert et de Brossard ont du même souffle mis en doute qu'il s'agisse d'une compétence d'agglomération.

Le maire de Brossard Paul Leduc s'est dit très surpris d'apprendre le don de l'Agglomération le 10 mai, par voie de communiqué.

«C'est un geste très noble, nous ne sommes pas contre la générosité. Mais la philanthropie n'est pas de compétence d'agglomération. De son côté, Brossard a versé 9000$; ç'a été adopté au conseil de ville», a-t-il fait valoir.

Le maire de Saint-Lambert Alain Dépatie est aussi d'avis qu'il revient aux villes de gérer ces dons. À Saint-Lambert, les employés ont fait une collecte spéciale pour amasser des fonds pour aider les sinistrés. La Ville s'est engagée à égaler la somme amassée. «Si je vote pour ça, il y aura des doubles frais, car Saint-Lambert paiera 8% de cla somme payée par l'Agglomération.»

Le conseiller de Longueuil Éric Beaulieu a rappelé que la décision de verser 43 000$ avait été prise par le comité exécutif de l'agglomération, lors d'une assemblée où «certains étaient absents», et non par la Ville de Longueuil.  C'était d'ailleurs une proposition du maire de Boucherville Jean Martel.

La conseillère de Saint-Bruno-de-Montarville Michèle Archambault a rappelé que Saint-Bruno ne fait pas partie des discussions. «On l'a annoncé avant de voter. Ça me semble un vice démocratique majeur.»

Si la philanthropie s'avère une compétence locale, M. Beaulieu a argumenté que la sécurité publique en est une d'agglomération, évoquant les pompiers de Longueuil déployés dans les villes touchées par les inondations. Il a de plus souligné l'urgence d'agir, étant donné la situation que vivent de nombreux sinistrés.

«Est-ce que l'on peut prendre une décision sur quelque chose qui n'est pas de compétence d'agglomération?, a questionné M. Leduc lors de son temps de parole. Ce n'est pas de la sécurité publique, c'est de la philanthropie. Ce n'est pas logique.»

M. Leduc voit dans cette question un exemple supplémentaire du «problème de gouvernance» de l'agglomération.

Lors du vote, MM. Dépatie et Leduc ainsi que Mme Archambault ont voté contre l'aide financière.