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Des organismes communautaires réclament 800 000$ pour combattre la pauvreté

Publié le 7 juin 2017

L’ambiance était festive lors de la conférence de presse de la Corporation de développement communautaire de l’agglomération de Longueuil.

©TC Media-Jean Laramée

La Corporation de développement communautaire (CDC) de Longueuil souhaite que la moitié du Fonds de développement des territoires (FDT) réservé à l’Agglomération en 2017-2018, qui s’élève à 1,6 M$, soit consacrée à l’aide sociale. 

«Nous n’abandonnerons pas», a sommé le 5 juin l’adjointe à la direction du Carrefour pour elle, Marie-Christine Plante, lors d’une conférence de presse aux allures de manifestation. La CDC souhaite un «engagement clair et concret» pour la création d’un fonds exclusivement réservé «aux enjeux primordiaux» de développement social, et ce, de la part de tous les candidats à la mairie, toutes villes confondues, a-t-elle soutenu.

Mme Plante a promis que les organismes communautaires feraient pression pendant la campagne électorale municipale pour atteindre ce but.

Elle a par ailleurs rappelé que 65 000 citoyens de l’agglomération vivent dans la pauvreté, soit 17% des foyers et 19% des femmes. Leur demande «n’est pas un caprice : c’est une question de survie pour des milliers de familles longueuilloises», a affirmé le directeur général de la CDC,  Martin Boire.

Changer les priorités

Selon M. Boire, le problème réside dans le fait qu’à la suite de la dissolution de la Conférence régionale des élus (CRÉ) de l’agglomération de Longueuil en 2015, les municipalités régionales de comté (MRC) et l’Agglomération ont maintenant le plein contrôle sur le développement de la région et sur les dépenses du FDT.

Le fonds, totalisant 100 M$ pour 2015-2016, est séparé entre les différentes régions.

Martin Boire a dénoncé le fait que les MRC n’ont pas l’obligation d’utiliser l’argent pour de l’aide sociale et que selon lui, elles ne le font pas. Le directeur général a expliqué qu’en janvier, le financement est allé en entièreté au développement économique.  

Il espère faire comprendre aux candidats à la mairie que le développement économique et le développement social vont de pair.

«Même si on crée les meilleurs emplois du monde, il n’y aura personne pour les occuper», a-t-il déploré.

Une pauvreté systémique

Longueuil, Brossard mais aussi Saint-Lambert, Saint-Bruno et Boucherville présentent de la pauvreté, a exposé Marie-Christine Plante.

Des citoyens sans diplômes; d’autres sur le bien-être social ou qui fréquentent les banques alimentaires; des familles, parfois monoparentales, qui utilisent 30 à 50% de leur salaire pour se loger…L’adjointe à la direction du Carrefour pour elle a peint un tableau sombre des coins moins riches de l’agglomération.  

«On ne peut pas se fermer les yeux là-dessus, on a un rôle important sur notre territoire», a-t-elle affirmé.

Marie-Christine Plante trouve inspirantes deux initiatives réalisées par l’Agglomération de Longueuil soit le parc Carillon sauvé de l’abandon et le fonds d’entraide de la Rive-Sud pour ses prêts sans intérêts. Mme Plante croit fermement qu’afin de poursuivre les initiatives sociales déjà en place et d’en créer de nouvelles, un fonds de 800 000$ est le minimum.

Qu’est-ce que la Corporation de développement communautaire?

La Corporation de développement communautaire de l’agglomération de Longueuil regroupe plusieurs organismes communautaires qui travaillent dans le but de contribuer aux initiatives structurantes socialement. Le regroupement lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale en dénonçant et en revendiquant grâce à des manifestations et conférences. 

Daphné Ouimet-Juteau