Une hausse qui est palpable pour les consommateurs

Prix du panier d'épicerie

Publié le 13 janvier 2016

Moisson Rive-Sud a enregistré une hausse de 34% des demandes d’aide en 2015.

©TC Media - Archives

CONSOMMATION. Si l'augmentation constante du prix du panier d'épicerie affecte les portefeuilles de tous et chacun, ce sont les plus vulnérables qui écopent davantage. Moisson Rive-Sud et l'Association coopérative d'économie familiale de la Rive-Sud (ACEF) s'inquiètent des répercussions qu'auront les hausses de prix des aliments sur les moins nantis.

La banque alimentaire Moisson Rive-Sud, qui a dû composer avec une hausse de 34% des demandes en 2015, s'alarme devant l'apparition d'un nouveau type de clientèle, soit les travailleurs à faibles revenus.

«Il y a quelques années, on ne recensait même pas de statistiques à propos de cette clientèle, tout simplement parce qu'elle n'existait pas, signale la coordonnatrice de l’organisme, Lysa Villeneuve. Aujourd'hui, parmi nos 80 000 demandes chaque mois, 13 à 15% sont des travailleurs.»

Ce pourcentage représente quelque 12 000 travailleurs de la région, dont la plupart travaillent au salaire minimum.

Le salaire minimum ne permet même pas à ces gens-là d'atteindre le seuil de pauvreté. Il y a un gros travail à faire au niveau du filet social au Québec.

Lysa Villeneuve

«Le salaire minimum ne permet même pas à ces gens-là d'atteindre le seuil de pauvreté. Il y a un gros travail à faire au niveau du filet social au Québec», estime-t-elle.

Insuffisant

Et une hausse de demandes ne signifie pas une hausse de dons pour l'organisme. Aux dires de Lysa Villeneuve, cela fait trois années que Moisson Rive-Sud, qui chapeaute plus de 80 organismes en Montérégie, ne reçoit pas un volume suffisant de dons.

Selon elle, certains grands joueurs occupent la majorité de l'attention médiatique, ce qui nuit à d'autres.

«Au mois de décembre, il y a plus de place occupée par les guignolées, tandis qu'à l'année, certains confondent Moisson Montréal avec Moisson Rive-Sud. Si les gens veulent que leurs denrées profitent aux gens de leur localité, ils doivent donner aux organismes locaux.»

Endettés

L’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) de la Rive-Sud, qui prodigue des conseils en matière de prévision budgétaire et d'endettement, a quant à elle enregistré une hausse de son volume d'appels au cours des dernières années. De 3300 qu’il était en 2013, il est passé à 4000 en 2015, soit une augmentation de 21%. Quelque 70% de ces appels étaient relatifs à des problèmes d'endettement.

«Les gens ont généralement recours à nous parce qu'ils sont endettés, pas pour prévenir. Lorsqu'il y a autant d'augmentations de coûts, l'un des premiers endroits où les gens coupent, c'est dans l'épicerie», indique la consultante budgétaire à l'ACEF Hélène Hétu.

Les propriétaires de supermarchés sont toutefois bien conscients de ce problème, selon le chercheur au Food Institute de l'Université Guelph, Sylvain Charlebois.

«J'ai l'impression qu'ils y vont tous d'une certaine compassion en dirigeant de manière proactive les consommateurs vers les bons rabais, pour montrer qu'ils sont aussi au service d'une clientèle qui peut être moins nantie», croit-il.

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©TC Media - Archives


CONSOMMATION. Si l'augmentation constante du prix du panier d'épicerie affecte les portefeuilles de tous et chacun, ce sont les plus vulnérables qui écopent davantage. Moisson Rive-Sud et l'Association coopérative d'économie familiale de la Rive-Sud (ACEF) s'inquiètent des répercussions qu'auront les hausses de prix des aliments sur les moins nantis.

La banque alimentaire Moisson Rive-Sud, qui a dû composer avec une hausse de 34% des demandes en 2015, s'alarme devant l'apparition d'un nouveau type de clientèle, soit les travailleurs à faibles revenus.

«Il y a quelques années, on ne recensait même pas de statistiques à propos de cette clientèle, tout simplement parce qu'elle n'existait pas, signale la coordonnatrice de l’organisme, Lysa Villeneuve. Aujourd'hui, parmi nos 80 000 demandes chaque mois, 13 à 15% sont des travailleurs.»

Ce pourcentage représente quelque 12 000 travailleurs de la région, dont la plupart travaillent au salaire minimum.

Le salaire minimum ne permet même pas à ces gens-là d'atteindre le seuil de pauvreté. Il y a un gros travail à faire au niveau du filet social au Québec.

Lysa Villeneuve

«Le salaire minimum ne permet même pas à ces gens-là d'atteindre le seuil de pauvreté. Il y a un gros travail à faire au niveau du filet social au Québec», estime-t-elle.

Insuffisant

Et une hausse de demandes ne signifie pas une hausse de dons pour l'organisme. Aux dires de Lysa Villeneuve, cela fait trois années que Moisson Rive-Sud, qui chapeaute plus de 80 organismes en Montérégie, ne reçoit pas un volume suffisant de dons.

Selon elle, certains grands joueurs occupent la majorité de l'attention médiatique, ce qui nuit à d'autres.

«Au mois de décembre, il y a plus de place occupée par les guignolées, tandis qu'à l'année, certains confondent Moisson Montréal avec Moisson Rive-Sud. Si les gens veulent que leurs denrées profitent aux gens de leur localité, ils doivent donner aux organismes locaux.»

Endettés

L’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) de la Rive-Sud, qui prodigue des conseils en matière de prévision budgétaire et d'endettement, a quant à elle enregistré une hausse de son volume d'appels au cours des dernières années. De 3300 qu’il était en 2013, il est passé à 4000 en 2015, soit une augmentation de 21%. Quelque 70% de ces appels étaient relatifs à des problèmes d'endettement.

«Les gens ont généralement recours à nous parce qu'ils sont endettés, pas pour prévenir. Lorsqu'il y a autant d'augmentations de coûts, l'un des premiers endroits où les gens coupent, c'est dans l'épicerie», indique la consultante budgétaire à l'ACEF Hélène Hétu.

Les propriétaires de supermarchés sont toutefois bien conscients de ce problème, selon le chercheur au Food Institute de l'Université Guelph, Sylvain Charlebois.

«J'ai l'impression qu'ils y vont tous d'une certaine compassion en dirigeant de manière proactive les consommateurs vers les bons rabais, pour montrer qu'ils sont aussi au service d'une clientèle qui peut être moins nantie», croit-il.