Édith Desjardins passe trois mois sur un navire-hôpital à Madagascar

Ali Dostie ali.dostie@tc.tc
Publié le 17 février 2016

Édith Desjardins a adoré son expérience sur le Africa Mercy.

©Photo: Gracieuseté Mercy Ships

AIDE HUMANITAIRE. Édith Desjardins a œuvré pendant trois mois à bord du navire-hôpital de Mercy Ships à Madagascar. Horaire de travail de 8h à 17h, 30 minutes pour dîner et partage d'une cabine avec cinq autres bénévoles; on est loin de la croisière s’amuse! C'est pourtant dans l'amour – et une certaine joie – que les 400 bénévoles partagent la même mission: apporter une aide autrement inaccessible aux Malgaches les plus malades.

En tant qu'adjointe administrative sur le bateau, la Brossardoise de 63 ans était entre autres responsable de la planification des chirurgies et de la coordination des horaires des médecins, anesthésistes et infirmières. Le bateau compte cinq salles d'opérations et offre divers services de santé.

Malgré les journées chargées, celle qui s'est toujours sentie appelée par l'aide humanitaire a adoré son expérience. «L'ouvrage, j'en mangeais! Ils m'ont dit que j'ai appris tellement vite!», relate Mme Desjardins, de retour au pays depuis Noël.

C'était pourtant en tant qu'hôtesse qu'elle s'était lancée dans l'aventure de Mercy Ships. Mais dès la première journée, elle a discuté de sa passion pour la médecine avec sa superviseure, qui l'a incitée à poser sa candidature pour le poste d'adjointe administrative. «Ils m'ont acceptée dès le lendemain. Ça me donne encore des frissons; je me demande comment j'ai eu un tel rôle!»

Ses vingt années d'expérience en tant que secrétaire exécutive chez Pratt & Whitney ainsi que ses années dans la recherche en hépatologie à l'hôpital Saint-Luc ont sûrement pesé dans la balance.

Maladie et pauvreté

Pour Édith Desjardins, le plus grand choc de ce voyage a sans contredit été l'ampleur de la maladie et de la pauvreté qui assaillent la population de Madagascar. «Ils ont des problèmes de santé que nous n'avons pas au Québec. Ici, un petit fibrome est tout de suite enlevé. Mais comme les Malgaches n'ont pas les ressources nécessaires, les tumeurs grossissent.»

Mme Desjardins se rappelle qu'un homme s'est fait retirer une tumeur de 17 livres au visage. Après l'opération, le médecin lui a montré le résultat. «Le patient tenait sa main à quelques pouces de son visage tellement il était habitué d'avoir cette tumeur immense.»

Les cas d'amputation sont aussi relativement fréquents, étant donné que les infections ne sont pas rapidement soignées. Un jeune homme de 16 ans traînait une infection au pied depuis l'âge de 1 an lorsqu'il s'est présenté sur le bateau.

Malheureusement, tous ne peuvent être traités et soignés. Un centre de triage est mis en place à l'extérieur du bateau, et l'aide ne doit se limiter qu'aux cas les plus graves et urgents. Des Malgaches peuvent marcher de deux à trois jours pour se rendre sur les lieux… et repartir bredouilles.

Le bateau embauche également pas moins de 200 travailleurs locaux dans divers domaines telles la traduction, la mécanique, la cuisine, etc. Des formations sont de plus offertes au personnel des hôpitaux locaux.

Sens de la famille

Certains médecins passent plus de trois ans sur le navire. Les familles sont aussi hébergées et les enfants peuvent aller à l'école à bord. «Le sens de la famille est très fort. Et on retrouve beaucoup d'amour», soutient Édith Desjardins.

Malgré l'extrême pauvreté, les chirurgies et les soins apportés aux Malgaches représentent souvent un moment heureux.

«Après une chirurgie, des infirmières aident les patients à se lever, pour les inciter à marcher. Ils se promènent et certains se mettent à chanter dans le corridor!, évoque Mme Desjardins. Ça me donne des frissons d'y penser. Ils n'ont pas le même sourire avant et après. Je ne peux pas dire… la joie que tu apportes à ces personnes!»

Pas de formule tout inclus  

Ces trois mois de bénévolat sur un navire-hôpital ne sont pas gratuits. Chaque bénévole paie plus de 600$ US par mois pour être sur le bateau, sans compter les billets d'avions à 3000$ et une batterie de vaccins dont la facture atteint les quatre chiffres. Ce voyage humanitaire s'avère donc un immense élan de générosité de temps… et d'argent.

Les collectes de fonds ne sont pas obligatoires, mais Édith Desjardins a néanmoins pu compter sur le soutien de son entourage, qui lui a offert un généreux coup de main.

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Pour plus d'informations sur Mercy Ships: mercyships.ca/French

Lorsque les patients arrivent sur le baeau, les tumeurs sont souvent énorme, faute d'accès à des soins.

©Photo: Gracieuseté - Mercy Ships