Désapprobation unanime des élus montérégiens

Vente de Rona à l'entreprise américaine Lowe's

Arnaud Koenig-Soutière arnaud.koenig-soutiere@tc.tc Publié le 3 février 2016

Le quincaillier américain Lowe's a annoncé, mercredi, qu'il faisait l'acquisition de l'entreprise québécoise Rona pour 3,2 G$.

©TC Media - Archives

ÉCONOMIE. Les politiciens de la Rive-Sud sont unanimes: la vente de Rona à l'entreprise américaine Lowe's pour 3,2 G$ représente une aberration en matière de développement et de nationalisme économique. Tous s'attendent à des pertes d'emplois, malgré les garanties qu'indique avoir obtenues le gouvernement du Québec de la part du géant américain.

La vente du quincaillier québécois signifierait notamment la perte du siège social de l'entreprise, situé à Boucherville, ce qui soulève colère et inquiétude.

«Le siège social, il est important pour la Rive-Sud, pour Boucherville et pour Longueuil aussi. Les décisions y sont prises en fonction de la communauté québécoise et locale, et non en fonction d'intérêts américains», a défendu le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville.

La députée de Montarville, Nathalie Roy, a emboîté le pas de son chef François Legault en affirmant que le Québec se transformait tranquillement en économie de succursales.

«C'est triste qu'un tel fleuron de notre économie soit vendu aux Américains, a-t-elle déploré. Je m'inquiète pour les emplois au siège social, mais aussi ceux qui gravitent autour, soit les PME qui fournissent Rona en produits locaux.»

On l'a vu avec Alcan et Rio Tinto, avec Bell et Astal; les décisions ne se prennent plus au Québec parce que leur siège social n'est plus ici.

Bernard Drainville

Dissonance

La nouvelle ministre de l'Économie, Dominique Anglade, a assuré que Lowe's avait offert des garanties quant au maintien du siège social à Boucherville ainsi que du nombre d'emplois au Québec, entre autres.

Les propos de la ministre ont choqué Bernard Drainville et Nathalie Roy, qui sont plus que sceptiques face aux assurances du quincaillier américain.

«Je suis tombée à la renverse quand je l'ai entendu, a dit Mme Roy. Ça prend de vraies garanties signées sur papier.»

«Les garanties qu'a eues Mme Anglade, ça ne vaut pas grand-chose, croit M. Drainville. On l'a vu avec Alcan et Rio Tinto, avec Bell et Astal; les décisions ne se prennent plus au Québec parce que leur siège social n'est plus ici. Soit elle ne sait pas de quoi elle parle, soit elle ne dit pas la vérité.»

Du côté d'Ottawa, le député de Pierre-Boucher - Les Patriotes - Verchères, Xavier Barsalou Duval, a interpellé le gouvernement et le ministre de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains, afin qu'il intervienne dans le dossier, jetant aussi la balle dans le camp du gouvernement provincial.

«Le gouvernement du Québec, par le biais de la Caisse de dépôt et de placements qui détient 14% des actions de Rona, et le gouvernement du Canada, par la Loi sur Investissement Canada, ont le pouvoir de dire non. Ce sont les deux principaux leviers qui doivent être utilisés pour faire renverser la transaction», a affirmé le plus jeune élu du Bloc québécois.

Le maire inquiet pour les 1200 emplois

Surpris d'apprendre la nouvelle ce matin, le maire de Boucherville, où se situe le siège social de Rona, se disait inquiet pour les travailleurs de l'entreprise.

«C'est certain que nous avons une préoccupation à savoir si les 1200 emplois vont demeurer à Boucherville ou s’ils seront transformés en emplois moins intéressants», s'est questionné Jean Martel.

Il a dit avoir beaucoup de questions à adresser au président de Lowe's Canada, Sylvain Prud'homme, avec qui il s'entretiendra au courant des prochains jours.

En manchette

Patrice Bosch nommé directeur-gérant des Inouk de Granby

HOCKEY JUNIOR. Le Brossardois Patrice Bosch, qui a débuté sa carrière d'entraîneur de hockey à Saint-Hubert, vient d’être nommé directeur-général des Inouk de Granby, adversaires du Collège Français de Longueuil dans la Ligue de hockey junior du Québec (LHJQ).

Une demi-finale Huskies – Red Deer

Les Huskies ont accédé à la demi-finale grâce à la contribution des Rebels de Red Deer. Ces derniers ont inscrit un but en fin de troisième période pour forcer la tenue de la prolongation. Ils l’ont emporté 2 à 1.

Désapprobation unanime des élus montérégiens

Vente de Rona à l'entreprise américaine Lowe's

Arnaud Koenig-Soutière arnaud.koenig-soutiere@tc.tc Publié le 3 février 2016

Le quincaillier américain Lowe's a annoncé, mercredi, qu'il faisait l'acquisition de l'entreprise québécoise Rona pour 3,2 G$.

©TC Media - Archives


ÉCONOMIE. Les politiciens de la Rive-Sud sont unanimes: la vente de Rona à l'entreprise américaine Lowe's pour 3,2 G$ représente une aberration en matière de développement et de nationalisme économique. Tous s'attendent à des pertes d'emplois, malgré les garanties qu'indique avoir obtenues le gouvernement du Québec de la part du géant américain.

La vente du quincaillier québécois signifierait notamment la perte du siège social de l'entreprise, situé à Boucherville, ce qui soulève colère et inquiétude.

«Le siège social, il est important pour la Rive-Sud, pour Boucherville et pour Longueuil aussi. Les décisions y sont prises en fonction de la communauté québécoise et locale, et non en fonction d'intérêts américains», a défendu le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville.

La députée de Montarville, Nathalie Roy, a emboîté le pas de son chef François Legault en affirmant que le Québec se transformait tranquillement en économie de succursales.

«C'est triste qu'un tel fleuron de notre économie soit vendu aux Américains, a-t-elle déploré. Je m'inquiète pour les emplois au siège social, mais aussi ceux qui gravitent autour, soit les PME qui fournissent Rona en produits locaux.»

On l'a vu avec Alcan et Rio Tinto, avec Bell et Astal; les décisions ne se prennent plus au Québec parce que leur siège social n'est plus ici.

Bernard Drainville

Dissonance

La nouvelle ministre de l'Économie, Dominique Anglade, a assuré que Lowe's avait offert des garanties quant au maintien du siège social à Boucherville ainsi que du nombre d'emplois au Québec, entre autres.

Les propos de la ministre ont choqué Bernard Drainville et Nathalie Roy, qui sont plus que sceptiques face aux assurances du quincaillier américain.

«Je suis tombée à la renverse quand je l'ai entendu, a dit Mme Roy. Ça prend de vraies garanties signées sur papier.»

«Les garanties qu'a eues Mme Anglade, ça ne vaut pas grand-chose, croit M. Drainville. On l'a vu avec Alcan et Rio Tinto, avec Bell et Astal; les décisions ne se prennent plus au Québec parce que leur siège social n'est plus ici. Soit elle ne sait pas de quoi elle parle, soit elle ne dit pas la vérité.»

Du côté d'Ottawa, le député de Pierre-Boucher - Les Patriotes - Verchères, Xavier Barsalou Duval, a interpellé le gouvernement et le ministre de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains, afin qu'il intervienne dans le dossier, jetant aussi la balle dans le camp du gouvernement provincial.

«Le gouvernement du Québec, par le biais de la Caisse de dépôt et de placements qui détient 14% des actions de Rona, et le gouvernement du Canada, par la Loi sur Investissement Canada, ont le pouvoir de dire non. Ce sont les deux principaux leviers qui doivent être utilisés pour faire renverser la transaction», a affirmé le plus jeune élu du Bloc québécois.

Le maire inquiet pour les 1200 emplois

Surpris d'apprendre la nouvelle ce matin, le maire de Boucherville, où se situe le siège social de Rona, se disait inquiet pour les travailleurs de l'entreprise.

«C'est certain que nous avons une préoccupation à savoir si les 1200 emplois vont demeurer à Boucherville ou s’ils seront transformés en emplois moins intéressants», s'est questionné Jean Martel.

Il a dit avoir beaucoup de questions à adresser au président de Lowe's Canada, Sylvain Prud'homme, avec qui il s'entretiendra au courant des prochains jours.