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La technologie de l'aérospatiale au service du patinage de vitesse


Publié le 21 juillet 2017

Mathieu et André Gérard en compagnie du patineur de vitesse François Hamelin, lors du lancement officiel du projet.

©TC Media - Jean Laramée

PARTENARIAT. Grande première dans le monde du patinage de vitesse: l'entreprise en outillage de précision Lubricor s'associe à l'Olympien François Hamelin, en collaboration avec l'École nationale d'aérotechnique (ÉNA) et le Centre technologique en aérospatiale (CTA), afin de travailler à la conception de lames optimisées pour la vitesse.

plLa rencontre officielle scellant cette collaboration inédite a eu lieu le 19 juillet dans les locaux de la petite entreprise familiale, située dans l'arr. de Saint-Hubert. Gérant et président de Lubricor, Mathieu et André Girard ont tout d'abord remis un chèque de 5000$ à l'athlète en guise de commandite. Les premiers échanges sur la fabrication des lames ont ensuite fusé. Ergonomie, pression, adhérence, vitesse…; tout sera étudié afin d'optimiser les performances du patineur.

Une lame plus résistante

François Hamelin, qui a remporté l'or aux Jeux olympiques d’hiver de Vancouver en 2010, est considéré comme l’un des cinq meilleurs patineurs de vitesse courte piste canadiens. Il rêve notamment d'une lame qui ne s'altérerait pas.

«Nous sommes capables de relever le défi, lance Mathieu Girard. Nous pouvons rendre la lame plus légère, plus robuste, faire en sorte qu'elle ne rouille jamais ou qu’elle ne se modifie pas avec la pression.»

Pour ce faire, les matériaux composites utilisés dans les technologies de l'aérospatiale, l'acier, le titane ou encore le diamant, pourraient être utilisés.

Une affaire qui glisse

Mathieu Girard et François Hamelin se sont rencontrés il y a six mois. Les deux hommes originaires de Sainte-Julie se sont liés d'amitié et l'idée de mettre l'expertise en outillage de pointe au service du patinage de vitesse a germé dans la tête de M. Girard.

Le projet innovant a immédiatement été approuvé par l'ÉNA et le cégep Édouard-Montpetit.

Une subvention gouvernementale de 25 000$ a même été allouée pour mener à bien ces recherches. Trois ingénieurs et le gérant de Lubricor se pencheront sur la question.

«Le projet a été accueilli à bras ouverts et avec enthousiasme par tout le monde, se réjouit Mathieu Girard. Alors, s'il faut explorer, tester et refaire, on le fera!»

«C'est vraiment motivant, ajoute le patineur. L'innovation est très présente en patinage de vitesse. J'avais déjà cherché à rendre ma bottine plus ergonomique avec un fabricant. Si je peux faire progresser ce sport avec cette contribution, je serai vraiment heureux.»

En effet, si Lubricor travaille exclusivement sur les patins de François Hamelin, l'entreprise envisage l'idée qu'une telle technologie puisse bénéficier à tous les patineurs de vitesse dans un avenir proche.

Lubricor, fondée en 1995, est présidée par les parents de Mathieu Girard. Ces derniers se disent très fiers et enthousiastes à l'idée d'embarquer dans cette grande aventure.