Des élus craignent la montréalisation des transports

Le remplacement de l'AMT par deux nouvelles agences ne fait pas l'affaire de tous

Olivier Robichaud olivier.robichaud@tc.tc Publié le 27 avril 2015

L’AMT et les CIT seront bientôt remplacés par deux nouveaux organismes de transport.

©TC Media – Archives

Des élus de la Rive-Sud craignent que Montréal ait la mainmise sur les décisions relatives au transport, à la suite de l’annonce du remplacement de l’Agence métropolitaine de Transport (AMT) par deux organismes qui relèveront en partie de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).

La nouvelle configuration donnerait plus de pouvoir à la Communauté métropolitaine de Montréal. Ce qui veut dire plus de pouvoir pour Montréal, mais moins aux villes en périphérie.

Martine Ouellet

Le ministre des Transports, Robert Poëti, a annoncé vendredi que la gestion des trains de banlieue sera dorénavant confiée au nouveau Réseau de transport métropolitain (RTM). L’ensemble des conseils intermunicipaux de transport (CIT) qui desservent la banlieue montréalaise seront fusionnés au nouvel organisme.

Le Réseau de transport de Longueuil (RTL) restera en place, tout comme les sociétés de transport de Montréal et Laval. Ces trois organismes seront toutefois chapeautés par le RTM.

Or, cette réorganisation des transports dans la région métropolitaine ne fait pas le bonheur de tous. Le maire de Brossard, Paul Leduc, estime que les municipalités sont les mieux placées pour organiser les transports en commun sur leur territoire, plutôt que de voir le tout centralisé au sein du RTM.

«Que la gestion soit au niveau des maires, qui sont directement redevables à la population, ça nous permet d’être plus efficaces dans l’organisation du transport pour la population», a-t-il affirmé à Radio-Canada.

La mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, s’est abstenue de commenter le dossier.

Montréalisation

La planification des transports sera, quant à elle, confiée à l’Agence régionale de transport (ART), dont le conseil d’administration sera composé d’élus de la CMM et d’experts du ministère des Transports.

Or, certains élus craignent que la Ville de Montréal obtienne ainsi une influence trop forte sur la planification.

«La nouvelle configuration donnerait plus de pouvoir à la Communauté métropolitaine de Montréal, déplore la députée de Vachon, Martine Ouellet. Ce qui veut dire plus de pouvoir pour Montréal, mais moins aux villes en périphérie.»

Mme Ouellet déplore le rôle accru donné à la CMM, un organisme trop dysfonctionnel selon elle.

«Déjà, l’AMT doit verser la taxe sur l’essence à la CMM, mais l’argent dort dans les coffres parce que les élus de la CMM ne s’entendent pas sur comment redistribuer cet argent aux villes. S’ils n’arrivent pas à gérer ça, comment vont-ils gérer un budget de plusieurs milliards de dollars?», demande la députée.

Elle souligne que Toronto et Vancouver ont réduit la présence des élus au sein des conseils d’administration de leurs sociétés de transport.

L’AMT, qui relève actuellement du ministère des Transports, a souvent été critiquée pour son opacité et son manque de redevabilité envers les municipalités desservies.

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Olivier Robichaud olivier.robichaud@tc.tc Publié le 27 avril 2015

L’AMT et les CIT seront bientôt remplacés par deux nouveaux organismes de transport.

©TC Media – Archives


Des élus de la Rive-Sud craignent que Montréal ait la mainmise sur les décisions relatives au transport, à la suite de l’annonce du remplacement de l’Agence métropolitaine de Transport (AMT) par deux organismes qui relèveront en partie de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).

La nouvelle configuration donnerait plus de pouvoir à la Communauté métropolitaine de Montréal. Ce qui veut dire plus de pouvoir pour Montréal, mais moins aux villes en périphérie.

Martine Ouellet

Le ministre des Transports, Robert Poëti, a annoncé vendredi que la gestion des trains de banlieue sera dorénavant confiée au nouveau Réseau de transport métropolitain (RTM). L’ensemble des conseils intermunicipaux de transport (CIT) qui desservent la banlieue montréalaise seront fusionnés au nouvel organisme.

Le Réseau de transport de Longueuil (RTL) restera en place, tout comme les sociétés de transport de Montréal et Laval. Ces trois organismes seront toutefois chapeautés par le RTM.

Or, cette réorganisation des transports dans la région métropolitaine ne fait pas le bonheur de tous. Le maire de Brossard, Paul Leduc, estime que les municipalités sont les mieux placées pour organiser les transports en commun sur leur territoire, plutôt que de voir le tout centralisé au sein du RTM.

«Que la gestion soit au niveau des maires, qui sont directement redevables à la population, ça nous permet d’être plus efficaces dans l’organisation du transport pour la population», a-t-il affirmé à Radio-Canada.

La mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, s’est abstenue de commenter le dossier.

Montréalisation

La planification des transports sera, quant à elle, confiée à l’Agence régionale de transport (ART), dont le conseil d’administration sera composé d’élus de la CMM et d’experts du ministère des Transports.

Or, certains élus craignent que la Ville de Montréal obtienne ainsi une influence trop forte sur la planification.

«La nouvelle configuration donnerait plus de pouvoir à la Communauté métropolitaine de Montréal, déplore la députée de Vachon, Martine Ouellet. Ce qui veut dire plus de pouvoir pour Montréal, mais moins aux villes en périphérie.»

Mme Ouellet déplore le rôle accru donné à la CMM, un organisme trop dysfonctionnel selon elle.

«Déjà, l’AMT doit verser la taxe sur l’essence à la CMM, mais l’argent dort dans les coffres parce que les élus de la CMM ne s’entendent pas sur comment redistribuer cet argent aux villes. S’ils n’arrivent pas à gérer ça, comment vont-ils gérer un budget de plusieurs milliards de dollars?», demande la députée.

Elle souligne que Toronto et Vancouver ont réduit la présence des élus au sein des conseils d’administration de leurs sociétés de transport.

L’AMT, qui relève actuellement du ministère des Transports, a souvent été critiquée pour son opacité et son manque de redevabilité envers les municipalités desservies.