Journée de l'homme sur la Rive-Sud: Étienne Boulay témoigne pour la cause

Sarah Laou sarah.laou@tc.tc
Publié le 20 novembre 2016

ÉVÉNEMENT. Le 19 novembre, plusieurs organismes communautaires et de santé marquaient la journée internationale de l'homme à travers la province. Du côté de la Rive-Sud, l'association Entraide pour hommes Vallée-du-Richelieu/Longueuil organisait une conférence animée par l'ex-vedette de football Étienne Boulay.

«C'est quoi être un homme en 2016?» pouvait-on lire sur les dépliants distribués par les membres de l'association Entraide pour hommes Vallée-du-Richelieu/Longueuil lors de la «conférence échange» avec Étienne Boulay, samedi soir, à l'auditorium de la Polyvalente Chanoine-Armand-Racicot à Saint-Jean-sur-Richelieu.  

La question, invitant à une certaine redéfinition des critères masculins, visait avant tout à permettre aux hommes de se libérer de certains tabous véhiculés par notre société, d'après les organisateurs. Car, oui, la gent masculine rencontre aussi des difficultés et peut avoir besoin d'aide.  

Dépendance, suicide, dépression, violence conjugale, perte d’emploi ou encore décrochage scolaire sont autant de fléaux qui affectent majoritairement les hommes.  

La Journée internationale de l'homme était l'occasion pour les acteurs communautaires et les professionnels de la santé en Montérégie de faire connaître la cause au grand public lors d'une conférence.  

 
Témoignage d'un "masculin positif" 
Grâce à l'initiative du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Centre (CISSS), du Centre de prévention du suicide du Haut-Richelieu (CPSHR), du centre d'écoute Montérégie, de l'association Famille à cœur et d’Entraide pour hommes, une centaine d'hommes et de femmes ont pu assister au témoignage poignant d'Étienne Boulay.  

En toute humilité, l'ex-joueur a raconté sa fulgurante ascension dans le milieu du football, mais aussi sa descente aux enfers. Il a notamment touché l'assemblée en évoquant sa faillite, ses problèmes de consommation d'alcool et sa dépression qui l'ont mené à une tentative de suicide en 2014.  

«Je montrais l'image d'un sportif en santé, mais je ne vivais pas ces valeurs-là, parce que je m'explosais chaque soir. J'avais honte de moi. Je mentais. Je me suis isolé petit à petit pour consommer. C'est devenu un cercle vicieux», se rappelle le père de deux enfants.  

«On a tous été élevés dans l'idée qu'un gars, ça ne braille pas, explique-t-il. L'homme doit être un "bon guerrier", il ne doit pas montrer ses émotions, il doit être fort. Mais ce que je veux dire aux hommes, c'est que demander de l'aide lorsqu'on en a besoin, c'est ça qui est fort et vraiment intelligent», insiste Étienne Boulay en indiquant qu'une prise en charge thérapeutique lui a sauvé la vie.   

«Je ne suis pas parfait et j'accepte d'en parler, lance-t-il. Et je ne fais pas moins viril parce que des gens m'aident. Des ressources? Il y en a, utilisez-les. Nous avons tous nos forces et nos faiblesses. Acceptons-nous et aidons-nous», a conclu l'athlète qui a déjà donné une trentaine de conférences.   

Une cause à faire connaître
En plus de promouvoir des modèles masculins positifs et l'équité entre les sexes, la journée donne donc à réfléchir sur les discriminations et les injustices dont peuvent souffrir les hommes. L'occasion également de «repenser» ce que peut être le bien-être physique, émotionnel, social et familial des hommes en 2016. Mais d'après les organismes rencontrés, tous s'accordent sur le fait qu'en soutenant les hommes en difficultés, on contribue à l'amélioration du sort des familles et des communautés. 

À noter que la Journée de l'homme, créée en 1999 et célébrée dans 65 pays avec le soutien de l'ONU,  a été récupérée il y a trois ans par le Québec. Ainsi, le 19 novembre, la Journée québécoise pour la santé et le bien-être des hommes est conjointement célébrée.   

Rens.: Retrouvez plus d'informations sur http://www.entraidepourhommes.org/  et sur le site http://www.rpsbeh.com/