Martine Ouellet critique le gouvernement sur la lutte à la fraude fiscale


Publié le 9 mars 2017

La candidate à la direction du Bloc québécois, Martine Ouellet

©Photo: TC Media – Archives

POLITIQUE. La députée de Vachon et candidate à la direction du Bloc québécois Martine Ouellet demande à l’Agence du revenu du Canada d’informer en temps réel Revenu Québec de toutes informations sur les enquêtes qui concernent des individus et des compagnies québécoises.

Lors d'un point de presse tenu mardi à Ottawa, Mme Ouellet dit désavouer le travail du gouvernement fédéral en matière de lutte à la fraude fiscale, dans la foulée de l’affaire KPMG.

Rappelons que selon un reportage diffusé par Radio-Canada la semaine dernière, le  gouvernement aurait offert une amnistie aux clients de l’entreprise KPMG, par le biais d’une exemption des pénalités, en plus d’une réduction des intérêts qui sont normalement exigés lorsqu’il y a défaut de paiement.

Face à ces révélations, Mme Ouellet estime que «le gouvernement canadien ne fait pas son travail en matière de lutte fiscale et que ce sont les contribuables qui en paient le gros prix», ajoutant que, juste au Québec, les pertes en impôts non perçus sont estimées annuellement à plus d’un milliard.

Accompagnée des députés bloquistes Gabriel Ste-Marie et Xavier Barsalou-Duval, Martine Ouellet a demandé à Ottawa de mettre un terme à tous les contrats avec le cabinet comptable. L'ancienne députée péquiste a également proposé que la GRC devrait être mise à contribution en ouvrant une enquête criminelle dans ce dossier.

«Ce sont des sommes gigantesques qui sont volées chaque année et tout ce que le gouvernement Trudeau trouve à faire dans le dossier, c’est de récompenser les contrevenants», a dénoncé Xavier Barsalou-Duval.

«Alors que l’utilisation des paradis fiscaux ne cesse de prendre de l’ampleur au Canada, le gouvernement d’Ottawa aménage son régime fiscal pour favoriser leur utilisation et envoie le message qu’il est tout à fait possible pour les contrevenants riches d’obtenir une formule faite sur mesure lorsqu’ils sont pris en défaut, a exprimé pour sa part Gabriel Ste-Marie. Les contribuables ont raison de se questionner. Avec ses mesures d’accommodement douteuses, le gouvernement ne lutte pas contre la fraude fiscale, il en fait la promotion.»

«Ce que nous proposons, c’est d’alléger le processus dans son ensemble et de permettre ainsi à Revenu Québec d’augmenter son efficacité pour débusquer les fautifs. En augmentant la pression sur les fraudeurs, on règlera ainsi une partie significative du problème. Ottawa doit constater ses limites et décentraliser son administration fiscale», a conclu Mme Ouellet.