Josée Latendresse veut revoir la vision de Longueuil centre-ville 2035


Publié le 17 mai 2017

Josée Latendresse

©Photo: TC Media - Jean Laramée

DÉVELOPPEMENT. La conseillère Josée Latendresse et les élus qui ont quitté Action Longueuil estiment ne pas avoir été suffisamment informés sur la vision de Longueuil centre-ville 2035. À la dernière assemblée du conseil, ils ont exigé le retrait de deux points modifiant le plan d'urbanisme en ce sens.

«Comme élue, je n'ai pas encore reçu de documentation approfondie de cette vision de Longueuil centre-ville, a adressé Mme Latendresse en début de réunion. Les élus de ce côté-ci [conseillers indépendants] n'ont jamais été consultés, informés ou même invités à une table de discussion sur cette vision du centre-ville.»

La conseillère affirme avoir entendu de nombreuses préoccupations de la part de citoyens du secteur pour ce projet de grande envergure et aux importantes répercussions. Elle souhaite avoir l'«information la plus complète possible». Les conseillers indépendants demandent une rencontre officielle afin de transmettre les questions des citoyens.

La vision de Longueuil centre-ville 2035 proposée par la Ville ne correspondrait pas à celle qu'a Mme Latendresse pour ce secteur.

Elle a donné en exemple la vision de développement proposée par la Société immobilière du Canada, qui s'éloigne de la proposition des tours d'habitations de Longueuil 2035, «Pour saisir les opportunités de développement du futur, nous devrions miser sur ce qui nous distingue plutôt que d'essayer de faire compétition au centre-ville de Montréal», affirme celle qui souhaite se présenter à la mairie de Longueuil cet automne.

Contradiction soulevée

Le conseiller d'Action Longueuil Éric Beaulieu a dit ne pas comprendre les propos de Josée Latendresse. «Il y a eu une consultation publique le 15 mars. Tous les élus étaient invités, le public aussi. Mme Latendresse y a participé», a-t-il relevé.

Sa collègue Monique Bastien a vu dans l'intervention de Mme Latendresse un «manque flagrant de respect» à l'égard du travail effectué dans ce dossier depuis trois ans. Elle s'est aussi étonnée de ce changement de cap, alors que «jamais un élu n'a exprimé le souhait d'avoir une présentation du dossier», depuis la présentation du 15 mars.

La mairesse Caroline St-Hilaire a  joint sa voix au débat. Elle a notamment indiqué que Mme Latendresse avait préalablement «encensé» la vision de Longueuil centre-ville 2035 dans une publication Facebook. Le 15 mars, Mme Latendresse écrivait y voir «un milieu de vie complet: un lieu de destination où affaires, savoir, culture et milieu de vie se complètent et s’enrichissent».

«Je comprends que [depuis], il s'est passé quelque chose dans sa vie, a insinué Mme St-Hilaire. Je rappelle aux citoyens qu'il y a des investisseurs qui veulent investir. Si Mme Latendresse souhaite des consultations, c'est une excellente idée. Mais elle aurait pu le demander hier en plénière. S'il vous plait ne ralentissez pas des projets pour des intérêts, parce que ça va mal!»

À la dernière minute

Fait inhabituel, Josée Latendresse et les élus indépendants ont demandé des ajouts et retraits à l'ordre du jour au tout début de la séance. Mme Latendresse a distribué des feuilles aux élus à cet effet.

Cette façon de faire a fait réagir les élus d'Action Longueuil, qui ont exprimé leur malaise à devoir voter sur des propositions dont ils n'avaient pas pu préalablement prendre connaissance. Éric Beaulieu a demandé que ces ajouts soient déposés en avis de proposition, afin qu'ils soient abordés à la prochaine séance. Cette proposition a été rejetée lors d'un vote.

«On n'est pas contre le contenu; on ne le connait pas! C'est irrespectueux!» a lancé M. Beaulieu, soulignant que Mme Latendresse se serait assurée en plénière, la veille, qu'aucun ajout ne serait apporté par les élus d'Action Longueuil, tout en taisant son intention d'en faire.

«Comment voulez-vous que des élus qui respectent la démocratie prennent une décision éclairée quand on nous remet des documents qu'on n'a pas le temps de lire?», a questionné Monique Bastien.

La séance a été ajournée cinq minutes afin de permettre aux élus de prendre rapidement connaissance des documents.