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Fermeture du Centre d'apprentissage personnalisé: une lueur d'espoir après la mobilisation


Publié le 13 mars 2017

Depuis plus de 20 ans, le Centre d'apprentissage Personnalisé (CAP) accueille à temps plein des jeunes décrocheurs de 16 à 18 ans.

©TC Media - Archives (Robert Côté)

ÉDUCATION. Après le choc de l'annonce de la possible fermeture du Centre par la Commission scolaire Marie-Victorin (CSMV) en décembre, professeurs, citoyens, parents et élèves ont mené une campagne intensive pour s'opposer à la décision.

Les membres du personnel de l'école particulière, qui accueille à temps plein des jeunes décrocheurs de 16 à 18 ans, avaient jusqu'au 21 février pour faire entendre leur voix auprès de la CSMV dans le cadre d'un processus de consultation.

Rappelons que le 5 décembre, la CSMV invoquait une réorganisation de ses services et proposait le transfert des élèves du CAP vers ses trois autres centres d'apprentissage pour adultes.

L'importante mobilisation pourrait porter ses fruits

Les membres du CAP ont remis un mémoire d'une centaine de pages, illustré par des statistiques et des témoignages probants, en plus d'une pétition de 2000 signatures. Ils demandent notamment la préservation de leur projet éducatif unique au Québec, et ce, même s'ils devaient être relocalisés. Ils proposent également de devenir un point de service pour les 16-21 ans ayant des difficultés d'adaptation dans les grands centres.

Ces éléments, qui rendent compte de la réussite de leur projet particulier et de l'excellente réputation de l'école, pourraient bien peser sur la décision des commissaires avant le verdict prévu le 28 mars.

«Les membres du CAP ont su faire la différence dans leur présentation et nous y sommes sensibles, a indiqué Michel Gervais, vice-président du Conseil des commissaires. Nous travaillons sérieusement sur le sujet.»

Les témoignages abondent

Lors du Conseil des commissaires de la CSMV du 7 mars, près d'une centaine de citoyens impliqués de près ou de loin se sont déplacés, pancartes à la main, pour contester la fermeture du CAP. Plusieurs d'entre eux ont pris la parole.

«J'avais redoublé trois fois et je consommais tous les jours avant d'entrer au CAP, a témoigné Karim, qui est venu accompagné de son père, enseignant à l'Université. Aujourd'hui, je suis au Cégep dans le secteur de la santé et je réussis. J'étais supposé être un délinquant sans avenir. Le CAP m'a sauvé.»

L'Emmanuel Lauzon, un ancien élève du CAP souffrant de Trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH), a également apostrophé l'assemblée de façon touchante. Ce dernier a notamment écrit un livre en 2014 sur le parcours – plus ou moins autobiographique – d'un jeune décrocheur atteint de TDAH; il y mentionne le CAP.

«Je vous offre ce livre, a-t-il lancé en s'adressant aux commissaires. Et si vous ne comprenez pas ce qu'est le CAP après l'avoir lu, alors vous ne le comprendrez jamais», a conclu le trentenaire en déposant un exemplaire de son livre sur la table de la présidente de la CSMV, Carole Lavallée.

 

La décision de la Commission scolaire Marie-Victorin sur la fermeture du CAP sera rendue le 28 mars.

©Gracieuseté - Jean Santirosi