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Brossard financera un projet de covoiturage social unique au Québec


Publié le 19 avril 2017

Les résidents de Brossard pourront amorcer le covoiturage avec l’application Netlift le 15 mai.

©Photo: TC Media - Denis Germain

MOBILITÉ. Brossard investira 547 000$ dans un projet pilote de covoiturage social. C’est la première fois qu’une municipalité québécoise investit des fonds publics en vue d’améliorer la mobilité via une plateforme multimodale.

Le contrat d’un an pour le projet pilote de micro-transit destiné aux résidents de Brossard a été accordé à l’entreprise Transport social Netlift. Son mandat sera d’identifier les jumelages possibles entre conducteurs et passagers effectuant le même trajet.

Par exemple, un citoyen inscrit à Netlift qui se rend tous les jours à son travail en voiture, de Brossard à Boucherville, pourra offrir de prendre un ou plusieurs passagers intéressés par le même trajet. Netlift identifiera les jumelages possibles et lui proposera des utilisateurs potentiels.
La participation financière de la Ville servira à offrir aux résidents de son territoire des forfaits mensuels à coûts moindres, ainsi que le remboursement de certains frais reliés au covoiturage. Les chauffeurs de Brossard qui utiliseront l’application ne seront pas payés, mais recevront un remboursement de 50 à 75% de leurs dépenses, en fonction du kilométrage, de la consommation d’essence et des frais de stationnement.

Ce projet pilote ne sera offert qu’aux résidents de Brossard puisque la Ville souhaite que son investissement retourne directement dans les poches de ses contribuables.

«Netlift va offrir des forfaits de covoiturage mensuels de la même manière que nous achetons une passe d’autobus ou de métro, explique le conseiller municipal Alexandre Plante. La Ville subventionne une partie de ces forfaits, qui couvriront différentes zones.»

Les utilisateurs de Brossard devront ainsi payer 75$ par mois pour un forfait qui couvre le territoire de la municipalité; 95$ pour le territoire de l’agglomération; et 145$ pour le transport jusqu’à Montréal. Des tarifs à la course seront également offerts.

Délaisser l’auto solo

Ce projet pilote se veut un incitatif supplémentaire à l’abandon de l’auto solo. Brossard ne prétend pas vouloir remplacer le transport en commun, mais plutôt offrir une alternative supplémentaire à ses résidents qui seraient moins enclins à prendre l’autobus.

«Ça donne une plus grande flexibilité puisque parfois, le transport en commun n’est pas fonctionnel pour certaines personnes, précise Alexandre Plante. Le covoiturage peut à ce moment-là encourager les citoyens à abandonner l’auto solo, notamment pour se rendre au travail. Ça permet d’accroître l’offre sans faire d’investissement en immobilisation.

«Il y a des milliers de sièges vides dans les voitures; il faut les rentabiliser!»

- Alexandre Plante

Fait intéressant, Netlift offre le retour garanti par taxi si le covoiturage ne fonctionne pas.

«Un incitatif supplémentaire», selon Alexandre Plante.

Faciliter le stationnement et l’accès

Brossard souhaite aussi faciliter la vie des chauffeurs qui décideront de participer au projet, notamment en leur offrant du stationnement et l’accès à plusieurs voies réservées.

La Ville en a fait la demande au ministère des Transports (MTQ) et à l’Agence métropolitaine de transport (AMT). Si la réponse est positive, les chauffeurs auront accès à une dizaine d’espaces de stationnement réservés aux terminus Panama et Chevrier, en plus de pouvoir circuler sur les voies réservées des autoroutes 10 et 30 et du boul. Taschereau.

Les résidents de Brossard pourront amorcer le covoiturage avec l’application Netlift le 15 mai.

 

Appel à la prudence

Lors de la dernière séance du conseil municipal, les élus de l’opposition ont fait savoir qu’ils n’étaient pas convaincus de la pertinence de ce projet pilote.

La conseillère municipale et chef de Brossard Ensemble Doreen Assaad estime qu’«un projet pilote de plus petite envergure serait plus approprié».

«Il faut s’assurer que la formule est adéquate, ajoute-t-elle. Compte tenu des coûts importants, nous devons faire nos devoirs et faire un test avant d’embarquer dans une démarche avec autant d’inconnus. J’accepte que Brossard soit la première à faire des choses, mais pouvons-nous être prudents?»

Le conseiller Claudio Benedetti a quant à lui affirmé qu’encore une fois, la Ville a improvisé et précipité un projet.

«Aller s’embarquer dans un projet de ce genre en jouant au cobaye et prendre une décision dans un si court laps de temps, je suis mal à l’aise», dit-il.

De son côté, le conseiller et chef de Renouveau Brossard, Antoine Assaaf, ne voit pas l’utilité d’un tel projet à Brossard.