Une infirmière de l’Hôpital Charles-LeMoyne partage son savoir avec des accoucheuses du Guatemala


Publié le 10 mai 2017

Erika Close et des femmes d’un village du Guatemala

©Photo: Gracieuseté

Instruire les accoucheuses traditionnelles du Guatemala pour diminuer le taux de mortalité néonatale, voilà la mission que s’est donnée une infirmière clinicienne de l’Hôpital Charles-LeMoyne. Erika Close partage son temps entre son travail à Longueuil, le Guatemala et la Fondation S.H.E.R., qu’elle a fondée en 2014.

10La Fondation S.H.E.R. – Santé Humanitaire Éducation Ressources – travaille en collaboration avec les communautés pour améliorer la santé de façon durable.

Erika Close et des femmes d’un village du Guatemala
Photo: Gracieuseté

Concentrant actuellement son travail dans le pays de 16,34 millions d’habitants bordé par la mer des Caraïbes et l’océan Pacifique, Erika Close s’envole quelques fois par année vers le Guatemala pour y donner des formations en urgence obstétricale, en réanimation néonatale et en surveillance des bébés en période post-partum. Ces formations sont offertes aux accoucheuses traditionnelles du pays, afin que plus de nouveau-nés y survivent.

«J’ai commencé à donner de la formation un peu par hasard. Ce n’était pas prévu dans mes plans, lance d’emblée Erika Close. J’ai participé à une formation aux États-Unis pour diminuer mondialement le taux de mortalité néonatale et quelqu’un m’a mise en contact avec une accoucheuse du Guatemala qui souhaitait améliorer sa formation. Je l’ai contactée et c’est de cette manière que ç’a débuté.»

Réduire le nombre de décès

En plus d’offrir la formation à des dizaines de femmes qui, à leur tour, sont en mesure d’informer d’autres accoucheuses, l’infirmière clinicienne a aussi fourni du matériel de base, comme des thermomètres et des masques de réanimation. Du matériel qui peut sembler bien banal ici, mais qui a certainement permis de sauver des dizaines de nouveau-nés guatémaltèques.

«Pourquoi un bébé né dans une certaine partie du monde n’aurait pas autant de chance de survivre qu’ici?», se questionne-t-elle.

Une grande part de la mortalité néonatale dans les pays sous-développés est due à l’asphyxie des nouveau-nés. Un problème qui peut certainement être minimisé en partageant son savoir et son éducation.

«Ce sont des problèmes qui devraient être évités, mais ça arrive puisque les gens manquent de connaissances et de ressources de base.»

Un message qui change tout

En revenant de son premier voyage au Guatemala, Erika Close a reçu un courriel de la chef des accoucheuses traditionnelles. Un message qui l’a certainement poussée à poursuivre sa mission.

«J’ai reçu une photo d’un petit bébé qu’elle avait réanimé, se souvient-elle. Elle me disait que si elle n’avait pas eu la formation et l’équipement, le bébé n’aurait probablement pas survécu. Ce bébé vit aujourd’hui! Ce courriel est la raison pour laquelle j’y suis retournée. L’intérêt des gens est vraiment-là!»

Trois ans après la création de sa fondation, Erika Close continue son implication et s’envolera à nouveau dans les prochains mois pour le Guatemala. En plus de la formation et l’équipement, elle a contribué à la mise sur pied d’une maison de soutien pour la période périnatale au profit des femmes, des enfants et des familles. Sa fondation mise d’ailleurs sur l’éducation des femmes pour faciliter la sensibilisation des membres de toutes les communautés, leur permettant d’utiliser les ressources dont elles ont besoin et de s’entraider.

La vente de garage annuelle de la Fondation aura lieu le 27 mai au 1069, boul. Nobert, dans l’arr. du Vieux-Longueuil. Tous les fonds amassés serviront aux formations et à l’équipement.

Pour soutenir la fondation S.H.E.R.: www.sherinfo.org/copy-of-help-us-save-lives.

 

Erika Close récompensée par l’Ordre des infirmières

L’infirmière clinicienne à l’unité mère-enfant de l’Hôpital Charles-LeMoyne a été récompensée par ses pairs lors de la 15e édition de la Soirée Florence.

Erika Close a reçu le prix Florence du rayonnement à l’international, une distinction remise aux infirmiers qui ont une incidence majeure sur toute la société et qui peuvent servir de modèles aux membres de l’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ).

«Son engagement à l’international suscite le respect, tout comme sa rigueur, sa compassion, son intégrité et sa conscience éthique. Ces qualités lui ont valu le respect des populations locales, alors que ses actions ont suscité des changements encourageants et favorisé l’amélioration des conditions de vie dans des villages reculés», estime l’OIIQ.