Deux architectes repensent les rives du fleuve à Brossard

Concours Morphopolis


Publié le 3 mai 2017

Les citoyens de Brossard sont actuellement coupés des berges du fleuve par la route 132.

©Photo: Gracieuseté

PROJET. Une autoroute souterraine pour redonner aux citoyens de Brossard la proximité au fleuve qu’ils ont perdu depuis près d’un demi-siècle: voilà le projet qui a permis à Maude Hallé Saint-Cyr et Godefroy Meyer de décrocher la 2e place lors du concours Morphopolis.

Godefroy Mayer et Maude Hallé Saint-Cyr
Photo: Gracieuseté

Comme le concours se déroulait sous le thème du transit, les deux acolytes ont choisi de s’attaquer au problème d’accessibilité au fleuve Saint-Laurent en misant sur le transport alternatif. Le concours n’imposant ni budget ni contraintes, les architectes proposent donc entre autres l’audacieux projet d’enfouir la route 132 sur un tronçon de 1,5 km.

«Cette disparition temporaire de l’autoroute permettrait de relier directement le secteur résidentiel des V à la bande riveraine existante plutôt que de créer des traverses inhospitalières comme c’est le cas à d’autres endroits le long de l’autoroute, explique Maude Hallé Saint-Cyr. Divers bâtiments en relation à l’accès à l’eau seraient installés en prolongation avec les axes des rues existantes de ce secteur, permettant une intégration en douceur des deux entités.»

Une plage urbaine, des terrains de jeux extérieurs, des pavillons sportifs et un quai font partie des infrastructures imaginées par les deux architectes.

«Nous cherchions une façon de ne pas simplement installer une plage, mais d’implanter un lien avec le quartier ou la ville existante, ajoute la résidente de Brossard. Nous voulions en faire un endroit festif qui pourrait être utilisé pour des événements et qui donnerait une qualité de vie aux citoyens beaucoup plus intéressante que celle qu’ils ont actuellement.»

Profiter du fleuve en attendant l’autobus

Dans leur projet, les deux professionnels proposent aussi de déplacer le terminus Panama tout près de l’accès au nouveau pont Champlain, afin de créer une station intermodale, une structure de stationnement incitatif et une aire d’attente avec un point de vue sur le fleuve.

«La proximité de ce terminus avec le pont et l’axe de piste cyclable existant permettrait un échange intermodal facile tout en permettant aux gens en transit de s’arrêter un moment et de profiter visuellement et physiquement des berges du fleuve, précise Maude Hallé Saint-Cyr.»

Ouvrir la discussion

Même s’ils ont travaillé sans limites de budget ni contraintes, Maude Hallé Saint-Cyr et Godefroy Meyer croient fermement que leur projet pourrait devenir un prototype pour favoriser l’accès aux berges du fleuve Saint-Laurent.

«Ce type de projet est un prototype qui pourrait être appliqué à n’importe quel endroit où il y a des berges qui sont malheureusement séparées d’un potentiel d’utilisation public de plaisance par n’importe quelle infrastructure, précise Godefroy Meyer. C’est possible d’enfouir une route et de requalifier la zone. La question demeure: pourquoi on ne le fait pas? De notre côté, il y a eu toute une réflexion économique qui rendrait ce genre de projet viable et intéressant.»

Dans les prochains mois, les deux architectes souhaitent présenter leur plan à la Ville de Brossard. Sans penser qu’une partie de la route 132 sera enfouie dans les prochaines années, les deux architectes croient que leur projet pourrait tout de moins ouvrir la discussion.

«Comme beaucoup d’infrastructures sont à la fin de leur durée de vie, c’est le bon moment pour prendre du recul et se demander qu’est-ce qu’on peut faire pour améliorer tout ça, précise Maude Hallé Saint-Cyr. Notre objectif est d’ouvrir la discussion et de penser à des solutions. Si ça peut donner des idées aux élus, ça serait super!»

 

Qu’est-ce que le concours Morphopolis ?

Créée en 2015, l’initiative Morphopolis est née du désir de trois jeunes diplômées de différents domaines de l’aménagement de s’impliquer dans leur communauté. Il s’agit d’un concours international d’idées sans but lucratif qui invite professionnels, étudiants et citoyens à se pencher sur la question du devenir de la ville de Montréal et à trouver des idées potentielles d’amélioration de la qualité de vie des résidents. C’est la seule compétition de ce genre qui offre ainsi à tous une opportunité et une plateforme pour faire valoir leurs idées autour d’un même thème.

Pour cette seconde édition, les équipes devaient proposer la requalification, la bonification ou la création de nouveaux lieux de transit à Montréal, sous la forme d’un projet, d’un système ou de l’aménagement responsable du territoire. À travers le thème Transit Montréal, les équipes ont eu l'occasion de choisir des lieux du transit montréalais et les amener à un nouveau paradigme, tant architectural que social.