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L'ex-directeur de Tourisme Montérégie poursuit son ancienne organisation pour diffamation


Publié le 10 août 2017

Éric Fournier.

©Photo : Archives

JUDICIAIRE. Cela fait plus de trois ans que l'ancien directeur général de Tourisme Montérégie Éric Fournier affirme avoir été poussé à démissionner par les administrateurs de l'organisme. En 2014, il a ainsi déposé une poursuite pour diffamation et atteinte à la réputation contre son ancien employeur et onze de ses ex-collègues et administrateurs, à qui il réclame près de 3,6 M$.

Dans sa poursuite déposée au palais de justice de Longueuil le 3 juillet 2014, l'ancien cadre de Tourisme Montérégie raconte qu’il a vu sa vie basculer en décembre 2013 lorsqu'une lettre anonyme «calomnieuse» à son endroit a été adressée aux administrateurs de l'organisation.

En réponse aux allégations contenues dans cette lettre, qui attaquaient directement les qualités de management de M. Fournier, un consultant indépendant a été mandaté par Tourisme Montérégie pour enquêter. Ce dernier a produit un rapport indiquant «un consensus des employés autour des points abordés dans la lettre anonyme».

Éric Fournier soutient de son côté que ce consultant, qui s'est exclusivement basé sur des témoignages, n'a réalisé qu'une «collecte de perceptions» ne rendant pas compte de ses réalisations. En outre, il mentionne que le rapport complet du consultant n'a jamais été remis aux administrateurs. 

Congédiement

À la suite de la réception du rapport du consultant indépendant, les administrateurs de Tourisme Montérégie ont demandé à Éric Fournier de quitter ses fonctions, et ce, sans que ce dernier ne puisse être entendu pour faire valoir ses arguments, déplore le poursuivant dans sa requête.

Pourtant, selon ce même rapport, employés, directeurs et administrateurs s'entendaient sur le fait que M. Fournier avait su «redresser la situation et produire des résultats très satisfaisants» durant ses douze ans à la tête de Tourisme Montérégie, précise-t-on dans la requête.

3,6 M$ et des excuses

Depuis le début des procédures judiciaires, l'intéressé aura déboursé près de 37 000$ et ne touche aucun salaire, en plus d'être suivi par un psychologue. C'est pourquoi il réclame une somme de près 3,6 M$ à Tourisme Montérégie pour les préjudices causés sur le plan matériel et moral. Il demande également à ce qu'une lettre d'excuses lui soit remise par neuf des onze personnes poursuivies dans cette affaire.

M. Fournier affirme qu'il a essayé de tenir Tourisme Montérégie à l'écart des poursuites.
«Ce sont les administrateurs bénévoles qui devraient être tenus responsables et non l'association. Mais ils se protègent derrière l'organisme, alors je n'ai pas eu d'autre choix que de le poursuivre.»

Questionnée par Le Courrier du Sud dans ce dossier, une relationniste embauchée par Tourisme Montérégie a indiqué qu'aucun commentaire ne serait émis «afin de ne pas nuire à la procédure judiciaire».

Une prochaine audience aura lieu le 17 octobre dans cette affaire.