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Ils habitent en face de l'école mais sont transférés à plus d'un kilomètre


Publié le 6 septembre 2017

Medhi et Adam n'iront pas à leur école de quartier, pourtant située juste en face de chez eux.

©Denis Germain – Le Courrier du Sud

Deux enfants de l'arr. de Saint-Hubert n'ont pas effectué leur rentrée scolaire la semaine dernière. Après plusieurs mois d'attente, la mère d'Adam et Mehdi est amère. En raison d'un surplus de clientèle, ses enfants n'iront pas à leur école de quartier, située juste en face de la maison.

La famille Andaloussi habitent à un jet de pierre de l'école Gaétan-Boucher. Les fenêtres de sa maison donnent sur la cour et la cloche retentit jusque dans son salon. Le couple a d'ailleurs acheté la demeure pour cette raison: scolariser ses trois enfants en face de chez eux et ainsi permettre à Mme Ouechmi, qui tient une garderie privée, de poursuivre ses activités.

Medhi, 8 ans, a fréquenté cette école durant trois ans et Adam, 5 ans, s'apprêtait à l’y rejoindre.

Or, les deux enfants n'auront pas accès aux services de l’école Gaétan-Boucher en raison d'un surplus de clientèle. Leurs dossiers ont été transférés par la Commission scolaire Marie Victorin (CSMV) à l'école de la Mosaïque, située à plus d'un kilomètre de leur domicile.

Surplus de clientèle

Scolarisé à l'étranger durant la période 2016-2017, Medhi devait retrouver son école de quartier ce mois-ci. En 2016, les parents avaient avisé la CSMV que leur fils partait avec toute la famille de façon provisoire afin de suivre le père ayant trouvé un emploi de professeur à l'université en dehors du pays.

En prévision de leur retour, la mère avait demandé à une amie de se renseigner auprès de l'école au sujet des inscriptions, dès le mois de janvier. La secrétaire de l'établissement lui aurait répondu que les deux enfants pourraient s'inscrire sans problème à partir du mois de juin, étant donné que l'école connaissait déjà l'aîné.

«Je n’avais plus de souci à me faire à propos de la réintégration de mon plus vieux, qui était très content de retrouver son école, ses amis et ses enseignants», explique Mme Ouechmi.

De retour au Québec en mai, la mère a donc suivi la procédure d'inscription. Mais à la fin du mois de juillet, la directrice de l'école lui a indiqué que ses enfants seraient transférés à l’école de la Mosaïque, faute de places. Ce qui implique également que les enfants ne pourront plus réintégrer l’école Gaétan-Boucher dans les prochaines années.

Une mauvaise surprise

Après avoir envoyé une dizaine de courriels aux membres de la CSMV pour protester contre la situation, la mère a émis une plainte auprès du protecteur de l'élève, sans succès. Elle a alors décidé de garder ses enfants à la maison tant qu'elle n'obtiendrait pas de réponse claire de la CSMV.

«Si on m'avait indiqué en janvier qu'il fallait les réinscrire dès le début de l'année, et non en juin, j'aurais pris l'avion et je les aurais inscrits pour m'assurer qu'ils aient leur place. Ça sert à quoi d'avoir une école en face de chez nous si on ne peut pas y aller?» s'indigne-t-elle.

Mme Ouechmi, qui reçoit des enfants de 0 à 5 ans dès 7h le matin à sa garderie, explique qu'elle aura du mal à accompagner ses enfants à l’école matin et soir, son conjoint repartant à l'étranger en septembre pour enseigner.

«Avant, mon fils rentrait le midi pour manger et revenait à la maison dès que ses cours se terminaient, poursuit-elle. Dorénavant, je vais devoir payer le service de garde et les repas chauds, car je ne peux pas aller les chercher avec les petits que je garde. Ça bouscule toute notre vie, mon emploi et nos économies.»

Impasse administrative

Contactée par Le Courrier du Sud, la CSMV a refusé de commenter le cas de la famille Andaloussi. Elle a référé le journal à ses modalités de transfert, qui stipulent que «la direction transfère les élèves dont la date d’inscription est la plus récente et qui n’ont aucune fratrie», ainsi que les élèves fréquentant déjà l’école mais n'ayant pas de fratrie, le moins d’années de continuité et résidant le plus loin de l’école.

Mme Ouechmi rappelle de son côté que son fils Medhi a fréquenté l'école pendant trois ans, qu'ils résident juste en face et qu'il s'agit bien d'une fratrie.

Le ministère se penche sur le dossier

Le 1er septembre, le ministère de l'Éducation indiquait au Courrier du Sud qu'il étudiait le dossier de Medhi et Adam.

Ce 5 septembre, les enfants avaient regagné l'école la Mosaïque pour ne pas rater les cours.