Trop de pièces sans une signature

Trésors de famille

Mario Wilson web@tc.tc Publié le 13 décembre 2015

Cette lampe provient de l'institution de Notre-Dame-de-Grâce à Montréal.

Depuis qu’un ami collectionneur et moi sommes à préparer un ouvrage traitant de la porcelaine européenne importée au Québec et peinte à la main par les femmes de nos grandes communautés religieuses, il arrive que je croise de très belles pièces lors de mes visites chez les antiquaires.

Il n’est pas rare de découvrir de très belles pièces dont la signature, qui se limite à un simple prénom et une date, ne nous informe pas du tout au sujet de l’enseignante (certainement une religieuse) qui est derrière cette production.

Mario Wilson

Bien sûr, nous avons de très importantes pièces décorées par les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie de Longueuil, les Ursulines de Trois-Rivières, les Dames de la Congrégation de Notre-Dame et la production de l’école Villa Maria de Montréal.

Cette dernière institution permettait aux étudiantes de produire des pièces comme des lampes, des assiettes, de petits contenants avec couvercles, ainsi que des ensembles à thé absolument exceptionnels.

Signature

Le seul problème pour les collectionneurs et amateurs du 21e siècle demeure les signatures quasi anonymes qu’il est possible de lire sur ces pièces.

En effet, il n’est pas rare de découvrir de très belles pièces dont la signature, qui se limite à un simple prénom et une date, ne nous informe pas du tout au sujet de l’enseignante (certainement une religieuse) qui est derrière cette production.

La lampe dont traite cette chronique porte, quant à elle, la seule signature de Villa Maria. Il est évident que nous avions deviné cette information, puisque cette œuvre porte une signature, au simple examen des couleurs et des motifs peints, très facilement identifiable à l’école Villa Maria.

Il en va généralement de même pour les pièces sorties des fours des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie.

Motifs

Il serait très intéressant d’examiner un corpus d’une centaine de pièces produites par l'une ou l’autre de ces institutions afin de bien identifier les motifs qui se retrouvent presque systématiquement sur les porcelaines et ainsi pouvoir, à coup sûr, attribuer une œuvre ne portant que la signature d’un prénom, à une de ces institutions plus précisément.

En voyant la lampe de cette semaine, je n’ai pas eu à examiner la signature pour deviner qu’elle provenait de cette institution de Notre-Dame-de-Grâce à Montréal.

Un antiquaire pince-sans-rire, qui a la mauvaise habitude de ne pas me ménager lorsque nous nous rencontrons, m’a offert cette lampe à un prix aussi bas qu’une centaine de dollars. C'est une aubaine que je ne pouvais pas laisser passer.

Musée

J'espère que les recherches que nous préparons pour notre ouvrage nous aideront à découvrir le nom de la femme qui a jadis produit cette lampe et dont l’œuvre traîna si longtemps dans un sous-sol. Pourquoi? Tout simplement parce que les couleurs n’allaient avec aucune pièce de la maison!

Pour tout le travail de préparer une pièce de porcelaine, concevoir un décor original, peindre le morceau et en cuire les engobes au four, ne pourrait-on pas en diffuser l’originalité et en apprécier la beauté? Un peu comme l'a fait, il y a presque quinze ans, le Musée Dufresne, sur la rue Sherbrooke, dans Hochelaga-Maisonneuve.

Je sais que les plus optimistes me feront savoir qu’une modeste exposition temporaire jumelée avec la sortie d’un livre sur le sujet pourraient très bien se faire dans les locaux du Musée du Haut-Richelieu.

Dans cet édifice historique et nouvellement revampé, nous n’avons pas fini de découvrir la beauté des créateurs et artistes de notre histoire, particulièrement à partir de ce 350e anniversaire de notre municipalité qui arrive à grands pas.

Trop de pièces sans une signature

Trésors de famille

Mario Wilson web@tc.tc Publié le 13 décembre 2015

Cette lampe provient de l'institution de Notre-Dame-de-Grâce à Montréal.


Depuis qu’un ami collectionneur et moi sommes à préparer un ouvrage traitant de la porcelaine européenne importée au Québec et peinte à la main par les femmes de nos grandes communautés religieuses, il arrive que je croise de très belles pièces lors de mes visites chez les antiquaires.

Il n’est pas rare de découvrir de très belles pièces dont la signature, qui se limite à un simple prénom et une date, ne nous informe pas du tout au sujet de l’enseignante (certainement une religieuse) qui est derrière cette production.

Mario Wilson

Bien sûr, nous avons de très importantes pièces décorées par les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie de Longueuil, les Ursulines de Trois-Rivières, les Dames de la Congrégation de Notre-Dame et la production de l’école Villa Maria de Montréal.

Cette dernière institution permettait aux étudiantes de produire des pièces comme des lampes, des assiettes, de petits contenants avec couvercles, ainsi que des ensembles à thé absolument exceptionnels.

Signature

Le seul problème pour les collectionneurs et amateurs du 21e siècle demeure les signatures quasi anonymes qu’il est possible de lire sur ces pièces.

En effet, il n’est pas rare de découvrir de très belles pièces dont la signature, qui se limite à un simple prénom et une date, ne nous informe pas du tout au sujet de l’enseignante (certainement une religieuse) qui est derrière cette production.

La lampe dont traite cette chronique porte, quant à elle, la seule signature de Villa Maria. Il est évident que nous avions deviné cette information, puisque cette œuvre porte une signature, au simple examen des couleurs et des motifs peints, très facilement identifiable à l’école Villa Maria.

Il en va généralement de même pour les pièces sorties des fours des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie.

Motifs

Il serait très intéressant d’examiner un corpus d’une centaine de pièces produites par l'une ou l’autre de ces institutions afin de bien identifier les motifs qui se retrouvent presque systématiquement sur les porcelaines et ainsi pouvoir, à coup sûr, attribuer une œuvre ne portant que la signature d’un prénom, à une de ces institutions plus précisément.

En voyant la lampe de cette semaine, je n’ai pas eu à examiner la signature pour deviner qu’elle provenait de cette institution de Notre-Dame-de-Grâce à Montréal.

Un antiquaire pince-sans-rire, qui a la mauvaise habitude de ne pas me ménager lorsque nous nous rencontrons, m’a offert cette lampe à un prix aussi bas qu’une centaine de dollars. C'est une aubaine que je ne pouvais pas laisser passer.

Musée

J'espère que les recherches que nous préparons pour notre ouvrage nous aideront à découvrir le nom de la femme qui a jadis produit cette lampe et dont l’œuvre traîna si longtemps dans un sous-sol. Pourquoi? Tout simplement parce que les couleurs n’allaient avec aucune pièce de la maison!

Pour tout le travail de préparer une pièce de porcelaine, concevoir un décor original, peindre le morceau et en cuire les engobes au four, ne pourrait-on pas en diffuser l’originalité et en apprécier la beauté? Un peu comme l'a fait, il y a presque quinze ans, le Musée Dufresne, sur la rue Sherbrooke, dans Hochelaga-Maisonneuve.

Je sais que les plus optimistes me feront savoir qu’une modeste exposition temporaire jumelée avec la sortie d’un livre sur le sujet pourraient très bien se faire dans les locaux du Musée du Haut-Richelieu.

Dans cet édifice historique et nouvellement revampé, nous n’avons pas fini de découvrir la beauté des créateurs et artistes de notre histoire, particulièrement à partir de ce 350e anniversaire de notre municipalité qui arrive à grands pas.