Un rare buffet-vaisselier plus que centenaire

Sur la route des antiquaires

Mario Wilson web@tc.tc Publié le 13 mars 2016

Ce buffet-vaisselier a une valeur d'environ 3000$. C'est un beau trésor de famille.

Il est généralement admis que la fabrication de meubles lors de la période de changement de siècle (1875-1925) s’est produite progressivement entre le travail d’ébénisterie limitrophe à l’expression artistique et la production de masse exécutée avec des matériaux moins nobles.

La découverte de puissantes machineries permettant de tailler et façonner aisément le chêne et les essences plus résistantes que le pin a ainsi conduit les fabricants de meubles à utiliser ces nouvelles variétés de bois.

On utilisa donc d’importantes pièces de bois dur et les différents nouveaux styles de meubles, comme les créations Eastlake, Victorien ou Mission, furent des occasions pour les créateurs de parfaire leurs œuvres sans trop de contraintes.

Le buffet-vaisselier de notre chronique, apparenté sans l’ombre d’un doute avec le superbe meuble apparaissant à la page 43 du livre de Michel Lessard, Meubles anciens du Québec, constitue un bel exemple de ce type de meuble très peu courant datant de la première période de cette utilisation artistique du chêne en Amérique.

Description

On pourrait sans doute comparer ce meuble avec un «side-board» plus récent, c’est-à-dire un buffet de la fin du premier quart du vingtième siècle, et on remarquerait facilement la différence entre le travail artistique, l’essence de bois et l’allure générale du meuble. On passe alors du très élégant au plutôt ordinaire.

Les vitraux des portes inférieures, la grande vitrine bombée de la porte de gauche ainsi que toutes les vitres dans le plomb de la partie supérieure donnent à ce meuble une impression de richesse que peu de meubles affichent de nos jours.

Imaginez seulement les autres pièces de mobilier qui accompagnaient ce buffet-vaisselier dans l’immense salle à manger d’autrefois. On ne les retrouvait pas dans une petite habitation de campagne, encore moins dans la mansarde d’ouvriers des quartiers pauvres de la grande ville. Une conclusion facile à faire que ce type de meubles si imposants n’a pas été vendu à des millions d’exemplaires et qu’il y a là une explication quant à leur rareté chez nos antiquaires.

Valeur

Caché dans une maison des années 1980, le propriétaire est désormais prêt à le laisser partir. Les rénovations à l’intérieur de la maison ne permettent désormais plus de mettre en valeur cet imposant meuble familial.

Il y a quelques années, alors qu’un antiquaire jeta un coup d’œil sur ce buffet-vaisselier et lui découvrit quelques restaurations mineures, on annonça au propriétaire que le meuble n’avait dorénavant plus une bonne valeur marchande.

Sitôt cette phrase complétée, il offrit 1000$ à ce dernier pour en faire l'acquisition. Il a vite mis la puce à l’oreille du Johannais qui décida finalement de le conserver. Il a bien fait puisque sa valeur marchande de 3000$ lui permettra peut-être de le vendre à un jeune couple qui en prendra soin pour les cinquante prochaines années.

À venir

J’ai été bien entendu fort surpris d’avoir la chance d’examiner un tel meuble si près de chez moi et, la discussion avec le propriétaire aidant, il m’a également montré une très belle bibliothèque et une pièce de verre carnaval qui me semblent plutôt rares.

Je vous en écris un mot lors de mes prochaines chroniques.

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Un rare buffet-vaisselier plus que centenaire

Sur la route des antiquaires

Mario Wilson web@tc.tc Publié le 13 mars 2016

Ce buffet-vaisselier a une valeur d'environ 3000$. C'est un beau trésor de famille.


Il est généralement admis que la fabrication de meubles lors de la période de changement de siècle (1875-1925) s’est produite progressivement entre le travail d’ébénisterie limitrophe à l’expression artistique et la production de masse exécutée avec des matériaux moins nobles.

La découverte de puissantes machineries permettant de tailler et façonner aisément le chêne et les essences plus résistantes que le pin a ainsi conduit les fabricants de meubles à utiliser ces nouvelles variétés de bois.

On utilisa donc d’importantes pièces de bois dur et les différents nouveaux styles de meubles, comme les créations Eastlake, Victorien ou Mission, furent des occasions pour les créateurs de parfaire leurs œuvres sans trop de contraintes.

Le buffet-vaisselier de notre chronique, apparenté sans l’ombre d’un doute avec le superbe meuble apparaissant à la page 43 du livre de Michel Lessard, Meubles anciens du Québec, constitue un bel exemple de ce type de meuble très peu courant datant de la première période de cette utilisation artistique du chêne en Amérique.

Description

On pourrait sans doute comparer ce meuble avec un «side-board» plus récent, c’est-à-dire un buffet de la fin du premier quart du vingtième siècle, et on remarquerait facilement la différence entre le travail artistique, l’essence de bois et l’allure générale du meuble. On passe alors du très élégant au plutôt ordinaire.

Les vitraux des portes inférieures, la grande vitrine bombée de la porte de gauche ainsi que toutes les vitres dans le plomb de la partie supérieure donnent à ce meuble une impression de richesse que peu de meubles affichent de nos jours.

Imaginez seulement les autres pièces de mobilier qui accompagnaient ce buffet-vaisselier dans l’immense salle à manger d’autrefois. On ne les retrouvait pas dans une petite habitation de campagne, encore moins dans la mansarde d’ouvriers des quartiers pauvres de la grande ville. Une conclusion facile à faire que ce type de meubles si imposants n’a pas été vendu à des millions d’exemplaires et qu’il y a là une explication quant à leur rareté chez nos antiquaires.

Valeur

Caché dans une maison des années 1980, le propriétaire est désormais prêt à le laisser partir. Les rénovations à l’intérieur de la maison ne permettent désormais plus de mettre en valeur cet imposant meuble familial.

Il y a quelques années, alors qu’un antiquaire jeta un coup d’œil sur ce buffet-vaisselier et lui découvrit quelques restaurations mineures, on annonça au propriétaire que le meuble n’avait dorénavant plus une bonne valeur marchande.

Sitôt cette phrase complétée, il offrit 1000$ à ce dernier pour en faire l'acquisition. Il a vite mis la puce à l’oreille du Johannais qui décida finalement de le conserver. Il a bien fait puisque sa valeur marchande de 3000$ lui permettra peut-être de le vendre à un jeune couple qui en prendra soin pour les cinquante prochaines années.

À venir

J’ai été bien entendu fort surpris d’avoir la chance d’examiner un tel meuble si près de chez moi et, la discussion avec le propriétaire aidant, il m’a également montré une très belle bibliothèque et une pièce de verre carnaval qui me semblent plutôt rares.

Je vous en écris un mot lors de mes prochaines chroniques.

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