Le Revenant: prouesses techniques et artistiques remarquables

Sortie cinéma

Isabelle Laramée isabelle.laramee@tc.tc Publié le 15 janvier 2016

Sacré meilleur film aux Golden Globes le 10 janvier, le film inspiré d'une histoire vraie présente le travail colossal du réalisateur mexicain Alejandro Gonzalez Iñárritu (également couronné à Beverly Hills dimanche dans la catégorie du meilleur réalisateur).

Le Revenant raconte l'histoire du trappeur américain Hugh Glass au 19e siècle qui doit retrouver son chemin jusqu'au camp de base du Dakota du Sud après avoir été gravement blessé par une ourse et laissé pour mort par sa cohorte à qui il servait de guide.

Si le désir de s'accrocher à la vie pour son fils l'anime en début de parcours, le trappeur défiera la mort maintes fois afin de venger ce dernier, tué sous ses yeux alors qu'il était immobilisé par ses blessures.

L'homme

Le plus récent film du réalisateur oscarisé en 2015 pour Birdman peut facilement se présenter comme une fable sur l'homme.

Avec une esthétique crasse et des images viscérales, Le Revenant met en scène le rapport de l'homme avec la nature, les animaux, mais aussi avec l'homme lui-même.

Ancré au centre des confrontations entre les trappeurs et les Premières nations qui se voient piller leurs terres, leurs richesses et leurs femmes, le récit présente l'instinct de survie comme le leitmotiv suprême autant d'un côté que de l'autre.

Les actes des tribus sauvages et sanguinaires deviennent alors motivés au sein d'une réalité dans laquelle l'œil occidental s'est rarement véritablement posé au cinéma. On découvre ainsi une facette de ce que vivaient les peuples assimilés.

Leonardo DiCaprio

Leonardo DiCaprio porte sur lui l'histoire et le succès du film. Celui qui a mis la main sur le Golden Globe du meilleur acteur dramatique et qui est pressenti pour l'Oscar en mars prochain hypnotise de par son regard criant de véracité.

Leonardo DiCaprio livre ici une performance marquante où le désespoir de l'homme devant le désir de vivre et l'instinct de vengeance transcendent les contraintes, les limites et les difficultés terrestres.

Mention spéciale à Emmanuel Bilodeau et Vincent Leclerc qui incarnent des trappeurs canadiens-français et qui ont eu la chance de travailler sur la production américaine.

Réalisation

La maîtrise et l'ingéniosité du réalisateur Alejandro Gonzalez Iñárritu le récompenseront sans doute aux Oscars, dont les nominations doivent sortir aujourd'hui, le 14 janvier.

Tournée dans des conditions extrêmes et dans des limitations de temps aussi extrêmes (les scènes ont été filmées à la lumière du jour avec des fenêtres de tournage parfois très serrées), Le Revenant est le résultat d'une haute voltige cinématographique.

La production a toutefois dû payer les frais de ce tournage qui s'est étiré de plusieurs semaines en raison des conditions météorologiques, faisant exploser le budget de 95 à 135 M$.

Le tournage qui se déroulait en Colombie-Britannique s'est déplacé en Alberta et en Argentine à la recherche de neige. Le Québec a aussi failli accueillir le tournage au Saguenay, mais là aussi la neige manquait à l'appel.

Images

En résultent des images saisissantes filmées en plans rapprochés et en plans larges. La caméra fluide est toujours en mouvement, métaphorisant ainsi le vent qui est au centre des légendes amérindiennes et des dialogues.

Comme spectateur, on glisse entre les deux distances. Ce va-et-vient constant jongle avec les émotions, celle du stress d'être au centre de l'action lors des plans très rapprochés, et la possibilité de reprendre son souffle lorsque le point de vue s'éloigne en panoramique.

Ici, ce ne sont pas les mots qui importent. D'ailleurs, le film contient un nombre de dialogues restreint à l'essentiel. Les prouesses techniques et le travail remarquable du directeur photo (Emmanuel Lubezki) font place au langage de l'image, du corps, et ultimement au langage cinématographique.

Étoiles: **** - Le Revenant est une œuvre cinématographique d'une classe à part qu'il vaut la peine d'aller regarder en salle afin d'admirer les paysages éblouissants et la performance magistrale de Leonardo DiCaprio dans la peau du personnage principal.

En manchette

Classica: un festival qui prend de l’ampleur

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Fête nationale dans le Vieux-Longueuil: Marjo et Les Respectables

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Le Revenant: prouesses techniques et artistiques remarquables

Sortie cinéma

Isabelle Laramée isabelle.laramee@tc.tc Publié le 15 janvier 2016

Étoiles: **** - Le Revenant est une œuvre cinématographique d'une classe à part qu'il vaut la peine d'aller regarder en salle afin d'admirer les paysages éblouissants et la performance magistrale de Leonardo DiCaprio dans la peau du personnage principal.

Sacré meilleur film aux Golden Globes le 10 janvier, le film inspiré d'une histoire vraie présente le travail colossal du réalisateur mexicain Alejandro Gonzalez Iñárritu (également couronné à Beverly Hills dimanche dans la catégorie du meilleur réalisateur).

Le Revenant raconte l'histoire du trappeur américain Hugh Glass au 19e siècle qui doit retrouver son chemin jusqu'au camp de base du Dakota du Sud après avoir été gravement blessé par une ourse et laissé pour mort par sa cohorte à qui il servait de guide.

Si le désir de s'accrocher à la vie pour son fils l'anime en début de parcours, le trappeur défiera la mort maintes fois afin de venger ce dernier, tué sous ses yeux alors qu'il était immobilisé par ses blessures.

L'homme

Le plus récent film du réalisateur oscarisé en 2015 pour Birdman peut facilement se présenter comme une fable sur l'homme.

Avec une esthétique crasse et des images viscérales, Le Revenant met en scène le rapport de l'homme avec la nature, les animaux, mais aussi avec l'homme lui-même.

Ancré au centre des confrontations entre les trappeurs et les Premières nations qui se voient piller leurs terres, leurs richesses et leurs femmes, le récit présente l'instinct de survie comme le leitmotiv suprême autant d'un côté que de l'autre.

Les actes des tribus sauvages et sanguinaires deviennent alors motivés au sein d'une réalité dans laquelle l'œil occidental s'est rarement véritablement posé au cinéma. On découvre ainsi une facette de ce que vivaient les peuples assimilés.

Leonardo DiCaprio

Leonardo DiCaprio porte sur lui l'histoire et le succès du film. Celui qui a mis la main sur le Golden Globe du meilleur acteur dramatique et qui est pressenti pour l'Oscar en mars prochain hypnotise de par son regard criant de véracité.

Leonardo DiCaprio livre ici une performance marquante où le désespoir de l'homme devant le désir de vivre et l'instinct de vengeance transcendent les contraintes, les limites et les difficultés terrestres.

Mention spéciale à Emmanuel Bilodeau et Vincent Leclerc qui incarnent des trappeurs canadiens-français et qui ont eu la chance de travailler sur la production américaine.

Réalisation

La maîtrise et l'ingéniosité du réalisateur Alejandro Gonzalez Iñárritu le récompenseront sans doute aux Oscars, dont les nominations doivent sortir aujourd'hui, le 14 janvier.

Tournée dans des conditions extrêmes et dans des limitations de temps aussi extrêmes (les scènes ont été filmées à la lumière du jour avec des fenêtres de tournage parfois très serrées), Le Revenant est le résultat d'une haute voltige cinématographique.

La production a toutefois dû payer les frais de ce tournage qui s'est étiré de plusieurs semaines en raison des conditions météorologiques, faisant exploser le budget de 95 à 135 M$.

Le tournage qui se déroulait en Colombie-Britannique s'est déplacé en Alberta et en Argentine à la recherche de neige. Le Québec a aussi failli accueillir le tournage au Saguenay, mais là aussi la neige manquait à l'appel.

Images

En résultent des images saisissantes filmées en plans rapprochés et en plans larges. La caméra fluide est toujours en mouvement, métaphorisant ainsi le vent qui est au centre des légendes amérindiennes et des dialogues.

Comme spectateur, on glisse entre les deux distances. Ce va-et-vient constant jongle avec les émotions, celle du stress d'être au centre de l'action lors des plans très rapprochés, et la possibilité de reprendre son souffle lorsque le point de vue s'éloigne en panoramique.

Ici, ce ne sont pas les mots qui importent. D'ailleurs, le film contient un nombre de dialogues restreint à l'essentiel. Les prouesses techniques et le travail remarquable du directeur photo (Emmanuel Lubezki) font place au langage de l'image, du corps, et ultimement au langage cinématographique.