Quand la nature se déchaîne

La chronique de Lydiane St-Onge

Publié le 18 mars 2016

©Photo: Lydiane St-Onge

Il ne pleut jamais à Oman… Sauf la fois où nous avons décidé de faire du camping en plein désert.

Cette journée-là, nous avions fait plusieurs heures de route afin de nous rendre le plus près des immenses dunes. Notre but? Planter notre tente en plein milieu du sable, le plus loin possible de la civilisation, pour admirer les étoiles et avoir le sentiment d’être seuls au monde. Nous avons donc abandonné notre voiture et pris notre équipement avec nous.

Nos pas s’enfonçaient dans le sable, le soleil plombait, la chaleur était bien présente. C’est chaud, un désert! Nous avons élu domicile sur un petit plateau qui semblait protégé par d’autres dunes plus hautes.

En allant chercher du bois, j’ai remarqué que le vent soufflait plus fort qu’à notre arrivée. Cinq minutes plus tard, je couvrais mes oreilles, mes yeux et ma bouche avec un foulard. Je voyais déjà, au loin, que le ciel s’assombrissait et qu’il y avait des éclairs. Cette nuit dans le désert s’annonçait assez mouvementée!

Nous sommes retournés à la voiture pour souper, afin de ne pas manger 50 % de sable et 50 % de nourriture dans la même bouchée. Nous avons décidé de ne revenir à notre tente que lorsque le vent se serait un peu calmé. Le hic, c’est que le temps ne semblait pas du tout s’améliorer. Quelques minutes plus tard, des éclairs se succédaient, des bourrasques soufflaient et une pluie diluvienne s’abattait sur nous.

Une voiture s’est présentée juste à côté de nous. L’homme qui était au volant nous a crié de ne pas rester là, nous disant que c’était dangereux, qu’il avait rarement vu ça dans sa vie! Alors, nous avons décidé de partir et d’abandonner notre équipement pour la nuit. J’ai pris le volant, mais je ne voyais rien. C’était un rideau de pluie devant moi, la route n’était pas éclairée, je roulais à 10 km/h.

Déjà, les routes étaient complètement inondées, il y avait de la boue partout. Nous avons dû conduire à travers les torrents d’eau qui envahissaient les routes. Je retenais constamment mon souffle, car la voiture pouvait à tout moment être emportée. Nous n’avions pas le choix, il fallait fuir le secteur.

Nous voulions rejoindre le village le plus près pour y trouver un petit hôtel. Après plusieurs minutes d’angoisse, nous en avons enfin vu un. Nous nous sommes engouffrés à l’intérieur, en espérant qu’on nous donne une chambre au troisième étage. J’imaginais déjà la ville ensevelie sous l’eau! Nous nous sommes couchés, complètement épuisés, au son du tonnerre.

Le lendemain, c’était l’heure de constater les dégâts. C’était franchement impressionnant! La majorité des routes, ensevelies sous la boue et l’eau, étaient remplies d’arbres, de débris, de voitures emportées. Nous avons essayé de retourner dans le désert pour récupérer notre équipement, mais c’était impossible. Les routes étaient impraticables.

Pendant que nos esprits secoués s’en remettaient tranquillement, je regardais des enfants jouer dans l’eau. Un grand stationnement était complètement inondé et servait de piscine pour le village en entier. C’était l’attraction du jour.

Des adultes, des familles et des animaux venaient s’y baigner et profiter de cette très rare fois où le pays recevait de la pluie! Ce qui avait failli être un événement dramatique pour nous était une grande célébration pour eux. Nous nous sommes donc levés et nous nous sommes joints à eux, le sourire aux lèvres, oubliant nos tracas et embrassant la vie!

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©Photo: Lydiane St-Onge