La bisbille encore au rendez-vous à la séance du conseil

La bisbille encore au rendez-vous à la séance du conseil

Les élus se sont tours à tours accusés de ne pas respecter les ententes conclues entre les deux parties.

Crédit photo : Photo: Archvies - Le Courrier du Sud

POLITIQUE. Les négociations des derniers jours et la séance du conseil municipal du 5 décembre n’auront pas contribué à apaiser les tensions entre le parti de la mairesse Sylvie Parent et l’opposition officielle. Des deux côtés, les élus ont reproché le non-respect des ententes et discussions, qui se sont étirées jusqu’à la toute dernière minute.

Puisque la nomination de Michel Lanctôt comme président du conseil ne tenait que pour la première séance, ce poste devait être comblé.

Le chef de l’opposition officiel Xavier Léger a proposé de nommer M. Lanctôt de manière permanente. Le conseiller Éric Beaulieu a plutôt suggéré que ce soit à nouveau pour une seule soirée, ce qui a été rejeté lors du vote, qui devait se faire aux deux tiers.

Éric Beaulieu a par la suite proposé Jonathan Tabarah, mais ce dernier a refusé d’occuper cette fonction pour la soirée. M. Léger est revenu à la charge avec M. Lanctôt, cette fois pour une durée de six mois, une proposition à nouveau rejetée lors du vote.

C’est finalement Nathalie Boisclair, nouvellement conseillère indépendante depuis qu’elle a été exclue de Longueuil Citoyen, qui a été désignée. «Ça ne faisait pas partie de mes intentions, mais je vais accepter pour éviter que ça s’éternise», a-t-elle mentionné.

Durant la séance, Jacques Lemire a accusé Action Longueuil de ne pas avoir respecté l’entente survenue entre les deux partis à l’effet que M. Lanctôt occupe ce poste de façon permanente.

Or, il semblerait qu’il n’y ait jamais eu d’entente finale quant à la nomination de M. Lanctôt et sur la durée de son «mandat», les discussions s’étant poursuivies jusqu’à quelques minutes du début de la séance. Les noms de Steve Gagnon et Jonathan Tabarah aient aussi été évoqués dans les discussions.

Nouvelles commissions

La situation s’est envenimée lorsque les élus de l’opposition ont ajouté 12 points à l’ordre du jour, correspondant à la création – ou au changement de nom – de commissions. Ils avaient à cet effet déposé un avis d’intention lors de la dernière séance.

«Il y a eu entente cinq minutes avant qu’on s’en viennent. On devait retirer trois commissions et on pouvait nommer M. Lanctôt… alors je les ai ajoutés», a justifié Jacques Lemire, à la suite de ce qu’il considère comme un non-respect de l’entente.

Après ajournement de la séance et vérifications de la greffière, il s’est avéré que certains points ne pouvaient être acceptés, la création de commissions d’agglomération étant de compétence d’agglomération et ne pouvant être décidée au conseil de ville. Seuls les sept points concernant les commissions à la ville ont été ajoutés à l’ordre du jour.

Éric Beaulieu a toutefois accusé les élus de l’opposition de faire ces ajouts à la dernière minute, séance tenante. Il a précisé que ces nouvelles commissions pourraient faire l’objet de discussions lors de séances de travail avec l’ensemble des élus, telles que proposées par la mairesse Sylvie Parent en début de soirée.

«On nous demande un chèque en blanc, a-t-il déploré. Je pense qu’on ne reconnaît pas le résultat du 5 novembre: huit élus de Longueuil Citoyen, un indépendant, un d’Option Longueuil et six d’Action Longueuil. On avait trois personnes sur une commission [des finances], on monte ça à six et on laisse une place à Action Longueuil. Est-ce que c’est raisonnable? Je ne suis pas certain.»

«Les documents ont été envoyés au cabinet dimanche, a répliqué M. Lemire. Ils ont eu temps de prendre connaissance de tout ça. Tout est là, le nom de commissions, avec les personnes qui y siègent et des lignes vides; des places laissés vacantes si vous voulez les remplir.»

Selon l’attaché de presse de Longueuil Citoyen Francis Dubreuil, il était entendu que ces documents seraient déposés séance tenante.

Lors de l’adoption des commissions, Éric Beaulieu a déploré le peu de place accordé à Action Longueuil au sein de chacune d’elles. «Il y cinq postes [à la commission de l’Aménagement du territoire], ils en gardent quatre. Est-ce qu’on représente 20% de la population? Je ne pense pas. Mais c’est la game, on va y participer.»

Il a de plus suggéré que la Commission sur la gouvernance, l’éthique et la démocratie soit plutôt un comité, ce qui lui semblait plus approprié lorsqu’il est question d’éthique, puisqu’un comité n’implique pas de rémunération.

À cela, Xavier Léger a répliqué qu’un poste au comité exécutif est rémunéré à 70 000$. M. Léger a réitéré l’importance pour les élus de travailler dans l’intérêt de l’ensemble des citoyens et de «créer rapidement les conditions gagnantes qui nous permettront de se mettre au travail rapidement».

«La mise sur pied de commissions et comités est l’outil et l’espace qui permettent aux élus de travailler sur les éléments de programme qui feront une différence dans la vie des citoyens. Cette prémisse a motivé une approche constructive dans les discussions conduites avec l’administration Parent depuis l’élection.»

La mairesse Sylvie Parent avait aussi d’entrée de jeu appelé les élus à une plus grande collégialité, comme il a été fait pour la préparation du budget.

Longueuil Citoyen refuse le comité exécutif

Deux postes demeurent toujours à combler au comité exécutif. Sylvie Parent, Monique Bastien et Éric Beaulieu y siègent. La mairesse laissait les deux sièges pour l’opposition, espérant y voir aussi Robert Myles (Option Longueuil) en accepter un.

Le chef de l’opposition Xavier Léger y voit une forme de «cadeau empoisonné», soulignant aussi que cette proportion n’est pas représentative de la composition du conseil.

«Le comité exécutif requiert d’être solidaire et lie les décisions au conseil de ville… Si on a le goût de poser davantage de questions au comité, on peut le faire, mais si la décision est prise à trois contre un, on n’a pas le choix de dire oui. Au conseil de ville, on ne peut plus s’exprimer sur ce sujet-là. Ça restreint l’opinion, on veut nous museler.»

Il déplore par le fait même que les élus de la ville siégeant au conseil d’agglomération, une prérogative de la mairesse, ne sont que des membres d’Action Longueuil. «Il faudrait que les bottines suivent les babines, a-t-il imagé. Pour la Commission du budget d’Agglomération [où ne siègent que des élus de l’opposition], on proposait de les changer ce soir, de faire une place à M. Beaulieu. Ç’a été refusé.»

 

 

Les nouvelles commissions

Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Steve Gagnon (LC), Jacques Lemire (LC), Jean-François Boivin (LC), Benoît L’Écuyer (LC), Éric Bouchard (AL)

Commission du transport actif et de la circulation (remplace la Commission de circulation et infrastructure)

Jacques Lemire (LC), Jacques E Poitras (LC), Steve Gagnon (LC), Wade Wilson (LC), Colette Éthier

Commission des loisirs du sport, de la culture, du patrimoine et de la vie communautaire (remplace la Commission loisirs, culture et vie communautaire)

Xavier Léger (LC), Steve Gagnon (LC), Jean-François Boivin (LC), Jacques E Poitras (LC), Wade Wilson (OL), Tommy Théberge (AL)

Commission du développement social: famille, affaires sociales, logement social, immigration, action communautaire et condition féminine

Benoit L’Écuyer (LC), Jacques E Poitras (LC), Steve Gagnon (LC), Jacques Lemire (LC), Peter Doonan (OL), Monique Bastien (AL)

Commission des infrastructures urbaines et du développement

Benoit L’Écuyer (LC), Xavier Léger (LC), Jacques Lemire (LC), Robert Myles (OL), Éric Beaulieu (AL)

Commission de l’éthique, de la gouvernance et de la démocratie

Steve Gagnon (LC), Benoît L’Écuyer (LC), Jacques Lemire (LC), Robert Myles (OL), Colette Éthier.