Une famille crie à l'aide pour un garçon autiste


Publié le 12 avril 2017

Valérie Guillet et Érick Naulleau, parents de Guillaume, dénoncent la lenteur administrative à l'école Carillon.

©TC Media – Denis Germain

Une famille de Longueuil pourra enfin obtenir l'aide qu'elle réclame depuis plus d'un an pour un garçon autiste. Elle a toutefois dû solliciter directement la sous-ministre de l'Éducation, ainsi que les médias.

Guillaume Naulleau-Guillet a 11 ans. L'an dernier, après des années de difficultés scolaires, il a reçu un diagnostic de trouble du spectre de l'autisme (TSA).

Selon ses parents, Érick Naulleau et Valérie Guillet, il n'a jamais eu de difficulté à comprendre la matière. Mais, à cause de son autisme, il a de la difficulté à répondre aux questions dans le cadre d'un examen scolaire.

«Quand je suis stressé, j'ai beaucoup plus de misère à répondre aux questions», affirme Guillaume en entrevue.

Selon M. Naulleau, l'enseignante de son fils a tenté de trouver une solution originale.

«Elle s'est rendue compte, à la fin d'une évaluation que Guillaume avait à peu près rien complété. Alors elle lui a posé oralement les questions d'examen et il avait tout bon! Ce n'est pas qu'il n'a pas les réponses ou qu'il ne connaît pas la matière. C'est qu'il n'est pas capable de le rendre sur papier», souligne-t-il.

L'école Carillon aurait refusé que Guillaume passe son examen oralement.

Pas avant le secondaire?

Selon Mme Guillet, l'école Carillon a reçu le diagnostic de Guillaume en mai 2016. Lors d'une conversation récente, l'école lui aurait dit que son dossier serait acheminé à la Commission scolaire Marie-Victorin (CSMV) ce mois-ci, près d'un an plus tard.

Les représentants de l'école lui auraient également indiqué que les évaluations sont faites seulement une fois par année, pour l'année suivante. Il serait donc trop tard pour que le dossier de Guillaume soit évalué avant la prochaine rentrée.

Guillaume ne recevrait donc aucun service supplémentaire avant son arrivée à l'école secondaire, plus de deux ans après son diagnostic.

«Ça me fâche!, peste Mme Guillet. Guillaume a droit à ces services, mais on lui refuse!»

Celle-ci ajoute que son fils a été victime d'intimidation et a été pris d'assaut par d'autres écoliers à plus d'une reprise.

La CSMV a refusé de commenter le cas de Guillaume Naulleau-Guillet. La porte-parole Catherine Giroux indique toutefois que tous les élèves présentant un handicap «reçoivent des services éducatifs adaptés en fonction de leurs particularités».

«À chaque année, […] l’équipe-école analyse le cheminement de l’élève et se positionne à l’égard de son intégration partielle ou entière en classe ordinaire, ou de sa continuité ou de son intégration dans une classe ou une école spécialisée», poursuit Mme Giroux.

Cri du cœur entendu

Le 22 mars, après cette conversation avec l'école Carillon, c'en était assez pour M. Naulleau et Mme Guillet. Ils ont réécrit à l'école et à la Commission scolaire pour dénoncer la situation. Mais le courriel a aussi été envoyé au ministère de l'Éducation, au bureau du ministre Sébastien Proulx, aux députés Pierre Nantel et Diane Lamarre ainsi qu'à divers médias.

Après avoir interviewé la famille et posé des questions à la CSMV, <@Ri>Le Courrier du Sud<@$p> a reçu un nouveau courriel de la part de M. Naulleau.

«Nous avons reçu un autre coup de fil du bureau de la sous-ministre. Il semble que suite à nos démarches et nos plaintes, on puisse s'attendre à ce que Guillaume ait une place en classe "relation" dès septembre prochain!»

Selon le site web de la CSMV, une classe relation, comme celle offerte à l'école Carillon, est conçue pour les élèves autistes présentant des difficultés majeures affectant leur développement, leur fonctionnement et leurs apprentissages scolaires.