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Dans l'antre des ados


Publié le 15 juillet 2017

Le babillard dans la troisième salle de l'exposition répertorie près de 600 photos de visiteurs et de la famille de l'artiste.

©TC Media - Jean Laramée

EXPOSITION. Réalisée entre 2011 et 2014, la série photographique Adoland de Caroline Hayeur, exposée tout l'été à la Maison de la culture de Longueuil, ouvre une porte sur l'intimité des chambres d’adolescents.

Portraits et clichés de chambres colorées, babillard de photos éparpillées, mais aussi témoignages et récits d'intimité ornent les murs des trois salles d'exposition de la Maison de la culture.

Ce projet artistique, qui titille la curiosité de nombreux visiteurs depuis le 9 juin, est l'œuvre de la photographe montréalaise Caroline Hayeur.

Pour les besoins de l'exposition, l'artiste engagée s'est déplacée à travers tout le Québec durant trois ans à la rencontre d'une trentaine de jeunes et d'adultes ayant conservé leur chambre d'adolescent intacte.

Au fil de sa recherche, la photographe s'est notamment aperçue que la chambre de plusieurs «ex-ados» était devenue un véritable mausolée. Tandis que pour les plus jeunes, ce lieu symbolisait davantage la projection et l'affirmation de soi, l'émancipation.

«La période de l'adolescence est un peu un no man's land entre l'enfance et l'âge adulte, commente Caroline Hayeur, qui rappelle que la notion d'adolescence est récente et date d'après la Seconde Guerre mondiale. Il y a cette idée que tout est possible à cet âge. C'est visuellement très extravagant et très intéressant pour un photographe.»

Portrait de la jeunesse

Catherine Hayeur aborde son travail avec une certaine démarche sociologique, voire anthropologique.

«Dans 30 ou 50 ans, on regardera sûrement ces photos en découvrant à quoi pouvait ressembler les chambres d'ados québécois dans les années 2000, s'en amuse Caroline Hayeur. Il y a effectivement une portée sociologique dans ces clichés qui nous dépasse toujours.»

L'artiste s'était d'ailleurs fait connaître avec sa première série photographique Portraits de la scène Rave à Montréal en 1997.
Cette série de près de 1000 portraits de jeunes a tourné à travers le monde pendant dix ans.

 «C'est devenu une exposition référence sur l'apparition du phénomène Rave dans les années 90, précise-t-elle. Il en sera peut-être de même pour Adoland.»

Exposition patchwork

L'exposition Adoland se visite en trois temps. Il y a d'abord la salle Adosphères, qui propose différents clichés de chambres d’enfants ou d’adolescents avec leurs débordements, accumulations et désordres; la partie Horizons, qui présente 38 modèles apparaissant du plus jeune au plus mature; et vient ensuite Participation avec son impressionnant babillard de plus de 600 photos de chambres de visiteurs et de reproductions de photos d'albums de famille de l'artiste.

Caroline Hayeur invite d'ailleurs la population à apporter des photos de leur propre chambre d'ado.

L'exposition Adoland, qui a déjà tourné dans huit lieux différents au Québec, a également fait l'objet d'un reportage et d'un projet de médiation culturelle avec une école secondaire de Montréal.

Des ateliers parents-enfants seront donnés les 16 juillet ‒ en présence de l'artiste ‒, 5 et 6 août.