Dawson Pierre atteint son rêve de football américain

Dawson Pierre atteint son rêve de football américain

Dawson Pierre a évolué pour les Rebelles et les Dynamiques.

Crédit photo : Gracieuseté

La nervosité des premières journées en terrain inconnu laisse petit à petit place à la confiance et à la reprise de moyens pour Dawson Pierre. Le receveur éloigné de Montréal n’en est qu’au début de son éclosion dans le système de football américain.

Depuis le mois d’août, Dawson Pierre s’adapte à son nouveau quotidien.

«Ça se passe bien. Je me sentais seul au début, mais je me suis adapté et mes parents m’ont dit de croire en moi.»

Le jeune homme s’ajuste également à la langue, lui qui se débrouillait sommairement en anglais.

«Mes coéquipiers et mes entraîneurs me taquinent souvent en disant qu’ils ne comprennent pas mes questions. Ils me surnomment Frenchy, admet-il. C’est de bonne foi et je vois qu’ils m’apprécient. Ça m’aide d’être dans un environnement 100% anglophone.»

Différences sportives et culturelles
«Le niveau de jeu est plus rapide. Il y a plus de talent et de potentiel sur les terrains aux États-Unis», avoue le footballeur.

Dawson Pierre explique cette disparité par le fait que le football est une religion en soi, pour les voisins du Sud. «Les gens vivent pour ça ici. C’est comme le hockey au Québec», ajoute-t-il.

À ce propos, la relation avec la religion est un autre aspect différent à ce qu’on remarque au Québec.

«Ici, beaucoup plus de monde pratique et croit en Dieu. Ça n’était pas un gros choc culturel pour moi, car dans notre famille, nous sommes chrétiens pratiquants. Mais dans mon équipe, des joueurs prient avant les rencontres. On ne verrait pas ça chez nous», avoue Dawson Pierre.

La plus grande différence demeure à son avis l’évaluation scolaire. «Tout compte ici! J’ai même des points pour les devoirs et pour ma participation en classe.»

Sur les traces de son frère
Dawson Pierre a suivi ses premiers tracés de football avec les Rebelles de Saint-Hubert à 8 ans. Il a par la suite revêtu les chandails bourgognes des Dynamiques du collège Charles-Lemoyne pendant cinq saisons.

«Quand, tout petit, j’ai vu mon frère jouer, je voulais jouer aussi et m’améliorer afin d’être bon comme lui, confie le corpulent joueur de 6 pieds 3 pouces et 210 lives. Un jour, j’ai dit à mes parents que j’allais jouer aux États-Unis.»

C’est en prenant part au camp d’entraînement AllOut, évaluant les performances des joueurs, que Dawson Pierre s’est fait approcher par des écoles de la côte Ouest. Même s’il avait reçu l’invitation de plusieurs équipes collégiales de première division au Québec, le joueur de 17 ans a préféré se rendre en Californie pour atteindre son rêve.

Un parcours tumultueux l’a fait atterrir chez les Sea Hawks de Redondo Union High School. Il y continue ses études en douzième année, comme prescrit par le système scolaire américain.

Son père et son idole de grand frère de 28 ans ont dernièrement fait le voyage jusqu’en Californie pour assister au match des joueurs finissants, communément appelé le Senior Night.

«C’était la partie la plus importante de ma vie. Un des moments les plus importants, lance-t-il, reconnaissant. Je voulais leur montrer comment j’avais évolué et que j’étais persévérant. Le fait qu’ils soient venus me dire qu’ils étaient fiers de moi, ça voulait tout dire.»

Retrouver la touche
Après cinq rencontres avec sa nouvelle formation, Dawson Pierre se porte de mieux en mieux sur le terrain.

«Au premier match, j’étais vraiment nerveux. Je n’avais pas joué depuis plusieurs mois et je réalisais que je m’approchais de mon rêve.»

À son deuxième départ, il a toutefois connu selon lui sa meilleure partie à vie. Il a réussi à marquer deux touchés malgré la défaite de 37 à 35 des siens.

Son premier match éliminatoire se disputait le 10 novembre et s’est soldé par une défaite de 24 à 23 contre San Juan Hills.

Le Québécois reçoit déjà des offres d’universités de deuxième division. Il souhaite toutefois faire écarquiller les yeux de quelques recruteurs de première division avant la fin du calendrier. La Ligue nationale de football (NFL) demeure son objectif ultime, et selon lui, il a des chances de l’atteindre s’il continue d’y mettre les efforts.