Découvrir et savourer les produits de votre localité

Découvrir et savourer les produits de votre localité

La famille Beauregard – Robert

AGRICULTURE. Il n’y a pas que l’été pour profiter d’une grande variété de fruits et légumes du Québec; il est aussi possible d’en trouver à l’année grâce au travail des agriculteurs et commerçants de la Montérégie, qui usent d’ingéniosité pour faire connaître leurs produits.

Avec sa campagne Grands crus, l’Association des producteurs maraîchers du Québec (APMQ) veut faire valoir la qualité des produits locaux. C’est pourquoi l’organisme a récemment planifié une escapade de presse sur la Rive-Sud pour faire découvrir – ou redécouvrir! – trois sites incontournables que nous vous présentons ici.

Marché public de Longueuil

Encore méconnu de la population, le Marché public de Longueuil, situé à quelques pas de l’aéroport de Saint-Hubert, est devenu permanent il y a cinq ans.
«Ce n’est pas un marché de proximité, donc il faut convaincre les gens de faire le détour pour trouver des produits variés et spécialisés», estime André Plante, directeur général de l’APMQ, qui gère La Place des producteurs à Montréal, le Marché des jardiniers à La Prairie et le Marché public de Longueuil.
Plusieurs producteurs s’y installent de façon saisonnière, du 1er mai à la fin octobre, comme la Ferme Romuald et ses produits biologiques ou encore La Camerisière, avec ses coulis et tartinades aux camerises et poires. D’autres restent sur place à l’année, comme Les Pommes Riquita, qui offre le traditionnel jus de pomme frais et du cidre. Le marché tente également d’attirer plus d’artisans qui désirent louer un stand le temps d’un weekend.

Malgré les différents ateliers culinaires et horticoles organisés, le marché a encore du chemin à faire pour augmenter l’achalandage de 7500 à 10 000 visiteurs chaque été et de doubler la fréquentation l’hiver pour atteindre environ 6000 visiteurs.

«Nous sommes encore en rodage pour trouver des façons d’offrir plus de variétés aux gens. On organise beaucoup d’activités culturelles, pas seulement à Pâques ou Noël. On veut créer une expérience pour toute la famille», explique M. Plante.

Fait intéressant, une brasserie artisanale a décidé de s’installer au Marché public en janvier dernier. Le Barrage – Brasseurs offre 16 lignes de bières en fût. Quatre bières de base sont aussi au menu: une Pale Ale, une IPA, une rousse et un Stout.

Les Fermes Trudeau

Reconnues pour leurs fines herbes fraîches vendues en épicerie, Les Fermes Trudeau cultivent plus de 10 millions de plants sur un terrain de 400 acres à Saint-Mathieu-de-Beloeil. Persil, coriandre, basilic, ciboulette, aneth, cerfeuil, thym, menthe, sauge, estragon, romarin; tout est semé et cueilli à la main!

«Ça peut paraître simple et banal, mais c’est compliqué ce qu’on fait», affirme d’un ton léger Gérard Trudeau.

Une petite balade dans le champ nous permet d’exhaler les effluves bien prononcés de l’échalote, notamment.

Si le kale a la cote auprès des consommateurs depuis quelques années, M. Trudeau en produit depuis déjà près de 12 ans. L’entreprise s’est aussi lancée au même moment dans la culture de légumes asiatiques, comme le bok choy, le toy choy, le mini-nappa et la bette à cardes, qui sont aussi devenus très populaires récemment.

L’entreprise se positionne dans le top 5 mondial des producteurs de fines herbes et poursuit ses activités en République dominicaine durant l’hiver.

Potager du Mont-Rouge

Tenez-vous bien car les chiffres sont saisissants: la famille Beauregard cultive pas moins de 75 variétés de tomates sur l’équivalent de 33 terrains de football à Rougemont! Des tomates rouges, noires, jaunes, roses, vertes, oranges et même marine, il y en a pour tous les goûts!

Évidemment, ces tomates ne poussent pas toutes au même moment, mais vous pourriez avoir un bon aperçu de la diversité des plants à partir du 20 août, début de la période d’autocueillette, ou au stand du Marché public de Longueuil.

Les tomates occupent plus de la moitié de la production à la ferme et exigent beaucoup d’attention. «Aujourd’hui, les gens n’ont plus accès à un agriculteur de famille comme avant, explique Marjolaine Beauregard. Ils ne savent pas nécessairement le soin que ça prend pour cultiver une tomate et comment il faut parfois vendre rapidement nos produits.»

Son frère, Philippe raconte qu’il a déjà réussi à vendre 1500 douzaines de fraises fraîchement cueillies en moins de 48 heures grâce aux réseaux sociaux. «Le marché central n’en voulait plus [car il était saturée]. On a fait un spécial sur Facebook et tout est parti», se réjouit-il.

Le Potager du Mont-Rouge produit aussi le piment, le basilic, l’aubergine, la pomme et la courge. Cette dernière est très convoitée par la communauté haïtienne, qui a l’habitude de la cuisiner pour la traditionnelle soupe joumou. Il est d’ailleurs possible de s’y rendre pour cueillir des courges et citrouilles à l’automne.

Au Potager, on retrouve une mini-ferme d’animaux, un labyrinthe de maïs et un trampoline géant pour le plaisir de toute la famille. Plusieurs produits, dont des sauces tomates (rouge, orange et jaune), des confitures et des beignets sont cuisinés sur place.

L’avis de la nutritionniste Isabelle Huot

Les produits locaux connaissent un engouement croissant auprès des Québécois, constate la nutritionniste Isabelle Huot, qui est aussi porte-parole de l’APMQ.

«Il faut réaliser que l’achat d’un produit local de plus peut faire une énorme différence. Nos producteurs travaillent avec passion et si tout le monde pouvait ce geste concret, on encouragerait vraiment notre économie», estime-t-elle.

Selon une étude de Québec que la nutritionniste utilise en exemple, on pourrait augmenter de 1 G$ les recettes du secteur agroalimentaire si chaque Québécois ajoutait 150$ d’achats d’aliments locaux par année.

Des bienfaits pour l’économie, mais aussi pour notre santé, car «lorsque le produit est cueilli à pleine maturité, il a atteint son plein potentiel vitaminé. On retrouve à la fois les nutriments, la fraîcheur et la saveur», souligne Mme Huot.

Saviez-vous que…

• On estime à 2500 km la distance moyenne parcourue par les aliments du champ à la tablette.

• L’Association des producteurs maraichers compte plus de 450 membres, dont 350 producteurs maraîchers

• Pour connaître l’arrivage des produits, on peut consulter le calendrier des récoltes au www.mangezquebec.com