Entrevue avec Sylvie Parent: faire avancer Longueuil… tous ensemble

Entrevue avec Sylvie Parent: faire avancer Longueuil… tous ensemble

La mairesse Sylvie Parent

Crédit photo : Photo: Robert Côté - Le Courrier du Sud

POLITIQUE. Sylvie Parent considère qu’il est de sa responsabilité en tant que mairesse de s’assurer que Longueuil continue d’avancer et de prospérer. Dans la situation actuelle où les conseillers de l’opposition forment la majorité au conseil et où sont représentées trois formations politiques, elle est d’avis que tous les élus doivent travailler ensemble.

Comment y arriver? Elle y a beaucoup réfléchi au cours des deux dernières semaines.

«Est-ce qu’on ne pourrait pas faire un genre de comité de travail pour mettre en commun ce qui peut être mis en commun dans nos plateformes respectives et faire en sorte que Longueuil avance?» questionne Mme Parent, dans une entrevue accordée au Courrier du Sud le 1er décembre.

Un tel comité permettrait à tous de négocier et de faire valoir les idées qui leur tiennent le plus à cœur, pour définir une série de projets à concrétiser au cours des quatre prochaines années, croit la mairesse.

«On pourrait se faire un plan de ville, au lieu que ce soit un plan de parti politique», illustre-t-elle.

La vision Longueuil centre-ville 2035 figure parmi les incontournables que Mme Parent et son équipe tiennent à mettre de l’avant. Elle est d’avis que ce plan imaginé autour de la place Charles-Le Moyne, tout comme le pôle Roland-Therrien, correspond aux tendances observées dans les grandes villes.

De retour de Toronto, où elle a participé à une rencontre de la Fédération canadienne des municipalités, elle cite un conférencier qui a présenté ce que les penseurs imaginaient comme développement pour les grandes villes.

«Un centre-ville qui offre un milieu de vie avec du transport collectif autour. Tout le monde peut y vivre, il y a des logements abordables, etc., relève-t-elle. C’est exactement la vision du centre-ville et du pôle Roland-Therrien: permettre à tout le monde de vivre ensemble, créer un milieu de vie avec des parcs, des commerces de proximité, un réseau de transport fonctionnel et performant.»

«Entendre ce qu’a dit la population»

Appelée à commenter la première séance du conseil qui a été le théâtre de plusieurs tensions, Sylvie Parent s’est montré positive, précisant que hormis les nominations à diverses commissions, l’ensemble des points ont été adoptés à l’unanimité.

Ces nominations sont toutefois un important objet de discorde entre Action Longueuil et les élus de l’opposition.

«Les discussions continuent. C’est un peu hermétique, c’est plus difficile que ce à quoi je m’attendais. On s’entend sur certaines choses, mais concernant la notion de représentativité, on n’est pas sur la même longueur d’ondes», admet Mme Parent, qui a rencontré le chef de l’opposition Xavier Léger depuis cette première séance.

À cet égard, la mairesse a réitéré sa «vision des choses», à l’effet que les trois partis politiques qui siègent au conseil municipal devraient être représentés au sein des commissions. Elle fait valoir à ce titre que même si Robert Myles n’a qu’une voix au conseil municipal, sa formation politique Option Longueuil devrait être représentée dans l’ensemble des instances.

«Il faut entendre ce que la population a dit. Elle a élu plus de conseillers d’une formation politique et elle m’a élue comme mairesse, ce qui fait que l’on doit respecter l’une et l’autre des décisions», souligne-t-elle.

Elle considère ainsi comme un «non-sens» qu’aucun élu d’Action Longueuil ne siège au sein de la Commission du budget de l’Agglomération, tel qu’il a été proposé et adopté par les élus de l’opposition.

Deux postes demeurent toujours à combler au comité exécutif. La mairesse affirme avoir tendu la main à des élus de Longueuil Citoyen pour y siéger. Elle nie toutefois avoir exigé qu’ils deviennent indépendants, ce qu’avançait M. Léger le soir de la séance du conseil.

«Au moment où j’ai fait ces appels, je ne savais pas qui était le chef opposition. On a fait des tentatives, et suite à ça, M. Léger ne voulait pas qu’on entre en contact avec les membres de Longueuil Citoyen, que ça demeure au niveau de négociations privées.»

La solution idéale à l’Agglomération

Le climat plus harmonieux à la première séance du conseil d’agglomération du 23 novembre donne espoir à Sylvie Parent que les cinq maires puissent trouver un terrain d’entente dans le dossier des dépenses mixtes et de la gestion de l’Agglomération.

Une première Table des maires a été initiée et déjà, Mme Parent espère pouvoir en tenir une autre d’ici le temps des Fêtes, si l’horaire chargé en cette période de préparation des budgets le permet. Dans ce contexte, elle se dit prête à la négociation.

«On va s’asseoir, les pistes de solution seront déposées, on va en discuter entre nous. On va trouver la meilleure solution qui va convenir aux cinq villes. Ce ne sera peut-être pas une solution idéale, mais il faudra trouver la meilleure», conclut-elle.

 

 

 

Pas de compétition en transport collectif

Si la mairesse de Longueuil a fait une sortie dans les médias au lendemain des élections municipales pour rappeler qu’avant que Valérie Plante ne promette la ligne rose pour le métro de Montréal, Longueuil militait déjà depuis plusieurs années pour le prolongement de la ligne jaune, elle insiste aujourd’hui pour dire que Montréal, Longueuil et Laval ne sont pas en compétition.

«Chacune de ces villes a ses besoins. Il ne faut pas le voir comme une compétition, mais de façon globale, pour l’intégration du transport collectif, qui sera le sujet de la décennie à venir.»