Grève: les paramédics lancent un appel à la population

Grève: les paramédics lancent un appel à la population

Le Syndicat des paramédics et du préhospitalier de la Montérégie représente quelque 600 paramédics

Les paramédics de la région reprennent leur grève générale ce jeudi et veulent augmenter la pression sur leur employeur. Ils demandent à la population de les soutenir en refusant de signer tout formulaire permettant aux établissements de contourner leurs moyens de pression.

En grève depuis février, les paramédics déplorent le manque d’avancées à la table de négociation.
En renouvelant leur grève, ils renforcent la liste des services essentiels et augmentent ainsi les impacts au plan administratif sur leur employeur ainsi que sur le gouvernement.

Ils cesseront notamment de remplir l’ensemble des formulaires destinés à la facturation et n’effectueront plus de transport à l’intérieur des établissements, en dehors de circonstances exceptionnelles.
«Nous craignons que les centres de santé et de services sociaux tentent de miner nos efforts, comme cela s’est vu ailleurs, en faisant signer des formulaires de consentement spéciaux aux personnes que nous transportons à l’hôpital, ce qui a pour effet d’aider les entreprises à poursuivre la facturation, explique le vice-président à l’information et à la mobilisation du Syndicat des paramédics et du préhospitalier de la Montérégie, Mathieu Lacombe. Nous demandons à la population de refuser de signer ce formulaire. Ce petit geste n’aura aucun impact sur les services auxquels ils ont droit, mais constituera un appui important pour nous.»

Le Syndicat des paramédics et du préhospitalier de la Montérégie emboîte ainsi le pas à trois autres syndicats de la Confédération des syndicats nationaux du préhospitalier, soit ceux du Saguenay–Lac-Saint-Jean, de la Rive-Sud de Québec et de la Côte-Nord, qui ont été les premiers à obtenir un renforcement de leur grève légale auprès du Tribunal administratif du travail, en juin.

«Les associations patronales représentant nos employeurs se montrent toujours incapables de négocier sur nos priorités, poursuit Mathieu Lacombe. Ils ne nous parlent que de compressions budgétaires. En ce qui a trait aux salaires, on ne nous offre même pas ce qui a été négocié dans le secteur public. Quant à la modernisation des horaires et à la diminution de la charge de travail, les employeurs disent n’avoir aucun mandat et nous renvoient au gouvernement qui refuse de négocier avec nous. C’est un enjeu majeur pour nous, nous n’entendons pas lâcher le morceau.»

La question des horaires de travail est centrale dans ces négociations. Instaurés dans les années 1980, principalement à cause de la pénurie de main-d’œuvre aujourd’hui complètement résorbée, ces horaires de travail exigent des paramédics qu’ils soient disponibles pour tout appel durant 168 heures consécutives. Ces horaires constituent un défi de conciliation famille-travail ainsi que des risques accrus pour la population, selon les syndicats. (S.L.)