Aide sociale: "un réfractaire doit subir les conséquences", Sam Hamad

Publié le 27 janvier 2016

©TC Media - Archives

QUÉBEC. Un assisté social qui décide de ne pas "faire l'effort" doit "subir les conséquences", a plaidé mercredi le ministre de l'Emploi, Sam Hamad, pour défendre sa réforme controversée de l'aide sociale.

Il a ainsi confronté un regroupement d'assistés sociaux mercredi matin, au début de la commission parlementaire sur le projet de loi 70 du gouvernement Couillard.

Ce projet de loi prévoit notamment de réduire les prestations des nouveaux bénéficiaires qui refuseraient les démarches d'employabilité proposées par le ministère.

Le Parti québécois, Québec solidaire et plusieurs regroupements ont vertement dénoncé cette approche jugée "punitive" qui ne fonctionne pas, selon eux.

En commission parlementaire, la Coalition pour un Québec sans pauvreté a livré une charge à fond de train contre le projet de loi.

"Absolument rien ne justifie de couper dans les prestations des personnes assistées sociales, des personnes dont le revenu n'est pas décent", a déclaré Serge Petitclerc, en invoquant notamment la Charte québécoise des droits et libertés qui prévoit qu'une personne dans le besoin a droit à de l'assistance.

"Punir les personnes assistées sociales parce qu'elles sont pauvres, c'est tout simplement immoral, sinon illégal", a-t-il poursuivi, tandis que sa collègue, Virginie Larivière, affirmait que le projet de loi était "odieusement rempli de préjugés".

La Coalition exige plutôt un meilleur accompagnement personnalisé et une hausse des prestations. En riposte, le ministre Sam Hamad a soutenu que l'argent et l'approche volontaire ne suffisaient plus.

Pas moins de 12 000 jeunes font une première demande d'aide sociale chaque année, et 6200 d'entre eux sont issus de familles prestataires, alors qu'il y a pourtant des milliers d'emplois à combler au Québec, a-t-il fait valoir, en précisant qu'ils sont aptes à l'emploi, n'ont pas de problème de toxicomanie, de santé mentale, ne sont pas des mères monoparentales, etc.

"La société, le monde me dit sur le terrain: est-ce qu'on peut les laisser tomber? (...) Quand la société investit et qu'on demande un effort à quelqu'un, la personne doit faire l'effort à sa mesure, et si la personne décide elle-même de ne pas faire l'effort, ce n'est pas la société qui décide de couper (ses prestations), c'est elle-même qui décide de ne pas faire l'effort et subir les conséquences."

Sam Hamad a évoqué les pays scandinaves qui ont recours à des mesures semblables. "On n'a pas inventé la roue à trois trous, a-t-il dit, provoquant l'hilarité. C'est une nouvelle expression."

En manchette

Des Veggie Burgers contaminé à la Listeria

L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a procédé au rappel des «Black Bean Veggie Burgers» de marque Dr. Praeger’s puisqu’ils pourraient être contaminés par la bactérie Listeria monocytogenes.

Deux Longueuillois en lice pour un Maurice

SportsQuébec a récemment dévoilé l'identité des 57 finalistes en vue de l'obtention d'un Maurice, parmi les 263 candidatures soumises par les fédérations sportives. Deux Longueuillois sont toujours dans la course et pourraient se voir remettre le précieux trophée lors du 43e Gala SportsQuébec.

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Publié le 27 janvier 2016

©TC Media - Archives


QUÉBEC. Un assisté social qui décide de ne pas "faire l'effort" doit "subir les conséquences", a plaidé mercredi le ministre de l'Emploi, Sam Hamad, pour défendre sa réforme controversée de l'aide sociale.

Il a ainsi confronté un regroupement d'assistés sociaux mercredi matin, au début de la commission parlementaire sur le projet de loi 70 du gouvernement Couillard.

Ce projet de loi prévoit notamment de réduire les prestations des nouveaux bénéficiaires qui refuseraient les démarches d'employabilité proposées par le ministère.

Le Parti québécois, Québec solidaire et plusieurs regroupements ont vertement dénoncé cette approche jugée "punitive" qui ne fonctionne pas, selon eux.

En commission parlementaire, la Coalition pour un Québec sans pauvreté a livré une charge à fond de train contre le projet de loi.

"Absolument rien ne justifie de couper dans les prestations des personnes assistées sociales, des personnes dont le revenu n'est pas décent", a déclaré Serge Petitclerc, en invoquant notamment la Charte québécoise des droits et libertés qui prévoit qu'une personne dans le besoin a droit à de l'assistance.

"Punir les personnes assistées sociales parce qu'elles sont pauvres, c'est tout simplement immoral, sinon illégal", a-t-il poursuivi, tandis que sa collègue, Virginie Larivière, affirmait que le projet de loi était "odieusement rempli de préjugés".

La Coalition exige plutôt un meilleur accompagnement personnalisé et une hausse des prestations. En riposte, le ministre Sam Hamad a soutenu que l'argent et l'approche volontaire ne suffisaient plus.

Pas moins de 12 000 jeunes font une première demande d'aide sociale chaque année, et 6200 d'entre eux sont issus de familles prestataires, alors qu'il y a pourtant des milliers d'emplois à combler au Québec, a-t-il fait valoir, en précisant qu'ils sont aptes à l'emploi, n'ont pas de problème de toxicomanie, de santé mentale, ne sont pas des mères monoparentales, etc.

"La société, le monde me dit sur le terrain: est-ce qu'on peut les laisser tomber? (...) Quand la société investit et qu'on demande un effort à quelqu'un, la personne doit faire l'effort à sa mesure, et si la personne décide elle-même de ne pas faire l'effort, ce n'est pas la société qui décide de couper (ses prestations), c'est elle-même qui décide de ne pas faire l'effort et subir les conséquences."

Sam Hamad a évoqué les pays scandinaves qui ont recours à des mesures semblables. "On n'a pas inventé la roue à trois trous, a-t-il dit, provoquant l'hilarité. C'est une nouvelle expression."