Un système de prévision en temps réel des inondations est recommandé

Gilles Bérubé gilles.berube@tc.tc Publié le 5 janvier 2016

©TC Media - Remy Boily

INONDATIONS. La Commission mixte internationale sur les eaux limitrophes (CMI) recommande la réalisation d'un système en temps réel de prévision des crues et des inondations du lac Champlain et de la rivière Richelieu. Elle recommande également la réalisation du plan d'étude qu'elle a proposé en 2013 pour étudier tous les enjeux liés à ces crues.

La CMI est un organisme binational et paritaire créé en 1909 par les gouvernements américain et canadien. Son rôle est de conseiller les deux gouvernements sur différentes questions liées aux eaux partagées par les deux pays. Elle s'est penchée à quelques reprises sur des enjeux portant sur le lac Champlain et le Richelieu, dont le projet d'un barrage, dans les années 70.

À la suite de la crue historique de 2011, elle a reçu le mandat d'évaluer les causes et les effets des inondations dans la région, d'analyser les solutions et d'élaborer de possibles mesures structurelles et non structurelles d’atténuation des crues dans le bassin. Dans un premier temps, la Commission a créé un groupe de travail pour préparer un plan d'étude. Il prévoyait des travaux échelonnés sur cinq ans et un budget total de 14 millions.

À l'été 2014, les gouvernements ont considérablement réduit le mandat, le limitant à deux volets. Si, dans les années 70, la CMI n'avait pas recommandé un barrage, elle avait par contre recommandé un système de prévision des inondations. Pour réaliser un tel système de prévision en temps réel, il manque des données. Le premier volet du mandat était de combler ces lacunes. Le deuxième volet consistait à établir une cartographie montrant les zones inondées à différents niveaux de la rivière et du lac.

Ces travaux confiés à un groupe de travail ont duré un peu plus d'un an. Le 22 décembre, juste avant Noël, la CMI a diffusé son rapport. En un an, de nouvelles données hydrologiques et lidar ont été collectées. Le lidar est l'équivalent du radar, mais il utilise la réflexion de la lumière d'un laser plutôt que celle des ondes radio.

Le groupe de travail a évalué la fiabilité des prévisions météorologiques en plus de corriger les données altimétriques sur l'ensemble du bassin. Il existe en effet un écart entre les systèmes géodésiques des deux pays. Autrement dit, un niveau 100 pieds au-dessus de la mer à Lacolle ne correspondait pas à un niveau de 100 pieds à Rouses Point.

Il a créé un modèle hydrodynamique expérimental montrant que les crues du lac et de la rivière peuvent être raisonnablement simulées. Il faudra des données bathymétriques supplémentaires (profondeur de l'eau) pour en améliorer la précision. Il a aussi produit onze cartes statiques d'inondation. Par «statique», on entend des cartes à des niveaux de crue précis.

Le comité recommande de parfaire la collecte de données sur certains points. Il propose la création d'un système de prévision tenant compte des conditions réelles des vents et des vagues et il suggère la démarche pour le réaliser. Ce système permettra d'alimenter un système de cartes «dynamiques» en temps réels. On pourrait ainsi voir sur une carte quels endroits seraient inondés dans les jours suivants.

Il recommande également la création d'un organisme binational relevant de la CMI pour coordonner les actions des organismes qui interviennent dans les prévisions en temps réel. Il s'occuperait de produire les prévisions de niveau d'eau. Il aurait à élaborer les modèles de prévision, à les maintenir à jour et à assurer la disponibilité des données pour l'alimenter. Enfin, il coordonnerait la transmission de l'information au public.

La Commission approuve les recommandations de son comité technique. Elle recommande aux gouvernements de mettre d'abord l'accent sur la réalisation d'un système opérationnel de prévision. En outre, la CMI «réitère avec force» une recommandation qu'elle a déjà formulée, soit la mise en œuvre de l'ensemble du plan proposé en 2013.

Outre un système de prévision, ce plan proposait d'évaluer les causes et les impacts des inondations et d'analyser les mesures d'atténuation structurelles (barrage, digues, remblais, évacuateur de crue) que non structurelles (système de prévision et d'alerte, réglementation, zonage, stratégie d'adaptation). Selon la Commission, une évaluation complète des mesures devrait fournir une solution à long terme aux problèmes d'inondation.

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Gilles Bérubé gilles.berube@tc.tc Publié le 5 janvier 2016

©TC Media - Remy Boily


INONDATIONS. La Commission mixte internationale sur les eaux limitrophes (CMI) recommande la réalisation d'un système en temps réel de prévision des crues et des inondations du lac Champlain et de la rivière Richelieu. Elle recommande également la réalisation du plan d'étude qu'elle a proposé en 2013 pour étudier tous les enjeux liés à ces crues.

La CMI est un organisme binational et paritaire créé en 1909 par les gouvernements américain et canadien. Son rôle est de conseiller les deux gouvernements sur différentes questions liées aux eaux partagées par les deux pays. Elle s'est penchée à quelques reprises sur des enjeux portant sur le lac Champlain et le Richelieu, dont le projet d'un barrage, dans les années 70.

À la suite de la crue historique de 2011, elle a reçu le mandat d'évaluer les causes et les effets des inondations dans la région, d'analyser les solutions et d'élaborer de possibles mesures structurelles et non structurelles d’atténuation des crues dans le bassin. Dans un premier temps, la Commission a créé un groupe de travail pour préparer un plan d'étude. Il prévoyait des travaux échelonnés sur cinq ans et un budget total de 14 millions.

À l'été 2014, les gouvernements ont considérablement réduit le mandat, le limitant à deux volets. Si, dans les années 70, la CMI n'avait pas recommandé un barrage, elle avait par contre recommandé un système de prévision des inondations. Pour réaliser un tel système de prévision en temps réel, il manque des données. Le premier volet du mandat était de combler ces lacunes. Le deuxième volet consistait à établir une cartographie montrant les zones inondées à différents niveaux de la rivière et du lac.

Ces travaux confiés à un groupe de travail ont duré un peu plus d'un an. Le 22 décembre, juste avant Noël, la CMI a diffusé son rapport. En un an, de nouvelles données hydrologiques et lidar ont été collectées. Le lidar est l'équivalent du radar, mais il utilise la réflexion de la lumière d'un laser plutôt que celle des ondes radio.

Le groupe de travail a évalué la fiabilité des prévisions météorologiques en plus de corriger les données altimétriques sur l'ensemble du bassin. Il existe en effet un écart entre les systèmes géodésiques des deux pays. Autrement dit, un niveau 100 pieds au-dessus de la mer à Lacolle ne correspondait pas à un niveau de 100 pieds à Rouses Point.

Il a créé un modèle hydrodynamique expérimental montrant que les crues du lac et de la rivière peuvent être raisonnablement simulées. Il faudra des données bathymétriques supplémentaires (profondeur de l'eau) pour en améliorer la précision. Il a aussi produit onze cartes statiques d'inondation. Par «statique», on entend des cartes à des niveaux de crue précis.

Le comité recommande de parfaire la collecte de données sur certains points. Il propose la création d'un système de prévision tenant compte des conditions réelles des vents et des vagues et il suggère la démarche pour le réaliser. Ce système permettra d'alimenter un système de cartes «dynamiques» en temps réels. On pourrait ainsi voir sur une carte quels endroits seraient inondés dans les jours suivants.

Il recommande également la création d'un organisme binational relevant de la CMI pour coordonner les actions des organismes qui interviennent dans les prévisions en temps réel. Il s'occuperait de produire les prévisions de niveau d'eau. Il aurait à élaborer les modèles de prévision, à les maintenir à jour et à assurer la disponibilité des données pour l'alimenter. Enfin, il coordonnerait la transmission de l'information au public.

La Commission approuve les recommandations de son comité technique. Elle recommande aux gouvernements de mettre d'abord l'accent sur la réalisation d'un système opérationnel de prévision. En outre, la CMI «réitère avec force» une recommandation qu'elle a déjà formulée, soit la mise en œuvre de l'ensemble du plan proposé en 2013.

Outre un système de prévision, ce plan proposait d'évaluer les causes et les impacts des inondations et d'analyser les mesures d'atténuation structurelles (barrage, digues, remblais, évacuateur de crue) que non structurelles (système de prévision et d'alerte, réglementation, zonage, stratégie d'adaptation). Selon la Commission, une évaluation complète des mesures devrait fournir une solution à long terme aux problèmes d'inondation.