Québec Cinéma retire le nom de Claude Jutra du gala annuel du cinéma

Publié le 17 février 2016

La ministre de la Culture et des Communications Hélène David.

©PC

MONTRÉAL. Québec Cinéma retire le nom de Claude Jutra du gala annuel qui récompense les artisans du milieu cinématographique.

L'organisme a entériné la décision lors d'une réunion du conseil d'administration, mercredi matin, ont annoncé en après-midi Ségolène Roederer et Patrick Roy, respectivement directrice générale et président du conseil d'administration de Québec Cinéma.

Le nouveau nom du gala sera décidé "très rapidement", a assuré Mme Roederer, précisant qu'il pourrait s'agir d'une désignation provisoire.

L'organisme a mis sur pied un "comité de sages" dans la foulée de la publication, mardi, d'une biographie du défunt cinéaste, mais dont les allégations ne reposaient que sur la foi de témoins anonymes.

Or, la pression s'est accentuée mercredi lorsque le quotidien "La Presse" a publié une entrevue avec une présumée victime de Claude Jutra, qu'il aurait agressée à partir de l'âge de six ans.

M. Roy a reconnu que la publication de cet article avait amené Québec Cinéma à réagir plus promptement. La décision était prise en matinée, et le conseil d'administration l'a approuvée à l'unanimité.

Le "comité de sages" sera présidé par l'ex-juge Suzanne Coupal et il accompagnera l'organisme dans les prochaines démarches, a indiqué Mme Roederer.

En matinée, la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Hélène David, avait demandé à Québec Cinéma de retirer le nom de Claude Jutra, jugeant la situation "intenable".

La ministre David a aussi interpellé la Commission de toponymie du Québec pour qu'elle lui fournisse la liste de tous les lieux publics portant le nom de Claude Jutra afin que les municipalités soient en mesure de la consulter et décider si elles maintiendront ou non les désignations au nom du cinéaste.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a annoncé dès mercredi matin à l'occasion de la réunion du comité exécutif de la Ville qu'un parc portant le nom du cinéaste sur le Plateau Mont-Royal, à l'angle des rues Clark et Prince-Arthur, serait renommé, de même qu'une rue dans l'arrondissement Rivière-des-Prairies_Pointe-aux-Trembles.

"À la lumière de ce qu'on voit ce matin, j'ai toujours dit qu'il ne fallait pas défendre l'indéfendable de toute façon et qu'il fallait réagir promptement, mais de façon factuelle", a déclaré le maire en soutien à la décision de la Ville.

Les maires de Québec et de Lévis, Régis Labeaume et Gilles Lehouiller, ont également annoncé mercredi que les rues portant le nom Claude-Jutra dans leur municipalité _ il y en a une dans chaque ville _ seraient renommées.

Les propos et gestes de la ministre David et du maire Coderre surviennent dans la foulée de la publication d'une entrevue par "La Presse" dans laquelle un homme affirme avoir subi du cinéaste une multitude d'agressions sexuelles pendant une période d'une dizaine d'années, à partir de l'âge de six ans.

La publication de la biographie de Claude Jutra écrite par Yves Lever et son évocation de relations avec des jeunes garçons avait déjà incité des gens du milieu cinématographique à réclamer que le nom de Claude Jutra ne soit plus associé au gala qui célèbre annuellement le cinéma québécois.

La Presse Canadienne

Québec Cinéma retire le nom de Claude Jutra du gala annuel du cinéma

Publié le 17 février 2016

La ministre de la Culture et des Communications Hélène David.

©PC


MONTRÉAL. Québec Cinéma retire le nom de Claude Jutra du gala annuel qui récompense les artisans du milieu cinématographique.

L'organisme a entériné la décision lors d'une réunion du conseil d'administration, mercredi matin, ont annoncé en après-midi Ségolène Roederer et Patrick Roy, respectivement directrice générale et président du conseil d'administration de Québec Cinéma.

Le nouveau nom du gala sera décidé "très rapidement", a assuré Mme Roederer, précisant qu'il pourrait s'agir d'une désignation provisoire.

L'organisme a mis sur pied un "comité de sages" dans la foulée de la publication, mardi, d'une biographie du défunt cinéaste, mais dont les allégations ne reposaient que sur la foi de témoins anonymes.

Or, la pression s'est accentuée mercredi lorsque le quotidien "La Presse" a publié une entrevue avec une présumée victime de Claude Jutra, qu'il aurait agressée à partir de l'âge de six ans.

M. Roy a reconnu que la publication de cet article avait amené Québec Cinéma à réagir plus promptement. La décision était prise en matinée, et le conseil d'administration l'a approuvée à l'unanimité.

Le "comité de sages" sera présidé par l'ex-juge Suzanne Coupal et il accompagnera l'organisme dans les prochaines démarches, a indiqué Mme Roederer.

En matinée, la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Hélène David, avait demandé à Québec Cinéma de retirer le nom de Claude Jutra, jugeant la situation "intenable".

La ministre David a aussi interpellé la Commission de toponymie du Québec pour qu'elle lui fournisse la liste de tous les lieux publics portant le nom de Claude Jutra afin que les municipalités soient en mesure de la consulter et décider si elles maintiendront ou non les désignations au nom du cinéaste.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a annoncé dès mercredi matin à l'occasion de la réunion du comité exécutif de la Ville qu'un parc portant le nom du cinéaste sur le Plateau Mont-Royal, à l'angle des rues Clark et Prince-Arthur, serait renommé, de même qu'une rue dans l'arrondissement Rivière-des-Prairies_Pointe-aux-Trembles.

"À la lumière de ce qu'on voit ce matin, j'ai toujours dit qu'il ne fallait pas défendre l'indéfendable de toute façon et qu'il fallait réagir promptement, mais de façon factuelle", a déclaré le maire en soutien à la décision de la Ville.

Les maires de Québec et de Lévis, Régis Labeaume et Gilles Lehouiller, ont également annoncé mercredi que les rues portant le nom Claude-Jutra dans leur municipalité _ il y en a une dans chaque ville _ seraient renommées.

Les propos et gestes de la ministre David et du maire Coderre surviennent dans la foulée de la publication d'une entrevue par "La Presse" dans laquelle un homme affirme avoir subi du cinéaste une multitude d'agressions sexuelles pendant une période d'une dizaine d'années, à partir de l'âge de six ans.

La publication de la biographie de Claude Jutra écrite par Yves Lever et son évocation de relations avec des jeunes garçons avait déjà incité des gens du milieu cinématographique à réclamer que le nom de Claude Jutra ne soit plus associé au gala qui célèbre annuellement le cinéma québécois.

La Presse Canadienne