Kathleen Wynne présente des excuses officielles aux Franco-Ontariens

Publié le 23 février 2016

La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne.

©La Presse Canadienne

TORONTO. La première ministre de l'Ontario a présenté des excuses officielles devant l'Assemblée législative, lundi, pour un règlement de 1912 qui interdisait l'enseignement et l'utilisation du français dans les écoles primaires.

En s'excusant au nom du gouvernement ontarien, Kathleen Wynne a déclaré que le Règlement 17 avait démontré une «insensibilité» face à l'identité franco-ontarienne.

Le règlement avait été appliqué pendant 15 ans, avant de tomber en désuétude en 1944, une période «blessante» pour les francophones, selon Mme Wynne. Il a fallu attendre en 1984 pour que l'Ontario reconnaisse officiellement le droit pour les francophones de recevoir l'éducation primaire et secondaire dans leur langue.

La première ministre a déploré que le gouvernement ontarien ait appliqué la loi plus d'une dizaine d'années avant d'admettre qu'il s'agissait d'une erreur. Mais la loi n'a pas été abrogée pour autant, a-t-elle souligné, et les francophones craignaient que leurs enfants ne perdent leur culture.

À l'époque, le gouvernement disait vouloir améliorer la qualité de l'éducation anglophone dans les écoles primaires, alors il avait interdit aux enseignants de s'exprimer en français avec leurs élèves au-delà de la deuxième année.

Plusieurs écoles et des professeurs avaient refusé d'obéir au gouvernement, et l'Ontario avait réagi en retirant le financement des écoles et la certification des enseignants qui ne se soumettaient pas aux règles.

«Le courage et la ténacité incroyables des Franco-Ontariens ne sont pas passés inaperçus. En l'espace de seulement quelques générations, l'Ontario est passée d'un endroit résistant à la diversité à un endroit qui exploite pleinement les cultures et ses langues différentes», a-t-elle déclaré.

La première ministre n'a pas évoqué la possibilité de verser des compensations, précisant qu'elle n'avait pas reçu de demande en ce sens. Elle a fait remarquer que la province avait déjà adopté des gestes concrets pour rassurer la minorité francophone.

«Nous avons des conseils scolaires, nous avons des écoles françaises, nous avons des services en français. Je crois que nous avons en ce moment une francophonie en Ontario qui est très vivante», a-t-elle précisé.

«Ce qui est important en ce moment, c'est de reconnaître qu'il y a eu une loi en place qui n'était pas juste et qui ne reconnaissait pas la communauté francophone en Ontario (...) Nous devons continuer d'évoluer pour (assurer) la force de la communauté», a-t-elle poursuivi.

Le député libéral provincial Glenn Thibeault, qui avait présenté une motion réclamant des excuses officielles, a indiqué que ce geste démontrait que le gouvernement reconnaissait son erreur du passé.

«C'est plus que l'excuse elle-même. C'est l'occasion de tourner la page et de dire que la communauté francophone est ancrée dans la province», a-t-il affirmé.

Le chef du Parti progressiste-conservateur Patrick Brown a qualifié le Règlement 17 de «trace noire» dans l'histoire de l'Ontario. «C'était mal à l'époque, et même si les excuses viennent tard, je suis content qu'on le fasse», a-t-il dit.

La chef néo-démocrate Andrea Horwath a salué les excuses, encourageant toutefois le gouvernement à accroître ses services à la minorité francophone.

«Les enfants francophones n'ont pas toujours accès aux écoles francophones et nous n'avons pas encore d'université francophone gérée par et pour les Ontariens francophones», a-t-elle plaidé.

Il y a environ 620 000 francophones en Ontario, qui abrite le bassin de francophones le plus important du pays après le Québec.

Le gouvernement québécois a salué le geste en le qualifiant de «digne».

 

«En tant que Québécois et Canadien, je me réjouis du chemin parcouru par notre langue commune, le français, et je salue, à mon tour, l'inébranlable détermination des Franco-Ontariens dans la promotion et la protection du français au Canada. Aujourd'hui, notre langue s'affirme, elle est fière; on ne la chuchote plus. Évidemment, de nombreux défis demeurent, mais cela ne nous fait pas perdre de vue des gestes comme celui que pose aujourd'hui la première ministre de l'Ontario, témoignant des avancées que nous nous devons de souligner », a déclaré le ministre des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne Jean-Marc Fournier, par voie de communiqué.

La Presse Canadienne

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Publié le 23 février 2016

La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne.

©La Presse Canadienne


TORONTO. La première ministre de l'Ontario a présenté des excuses officielles devant l'Assemblée législative, lundi, pour un règlement de 1912 qui interdisait l'enseignement et l'utilisation du français dans les écoles primaires.

En s'excusant au nom du gouvernement ontarien, Kathleen Wynne a déclaré que le Règlement 17 avait démontré une «insensibilité» face à l'identité franco-ontarienne.

Le règlement avait été appliqué pendant 15 ans, avant de tomber en désuétude en 1944, une période «blessante» pour les francophones, selon Mme Wynne. Il a fallu attendre en 1984 pour que l'Ontario reconnaisse officiellement le droit pour les francophones de recevoir l'éducation primaire et secondaire dans leur langue.

La première ministre a déploré que le gouvernement ontarien ait appliqué la loi plus d'une dizaine d'années avant d'admettre qu'il s'agissait d'une erreur. Mais la loi n'a pas été abrogée pour autant, a-t-elle souligné, et les francophones craignaient que leurs enfants ne perdent leur culture.

À l'époque, le gouvernement disait vouloir améliorer la qualité de l'éducation anglophone dans les écoles primaires, alors il avait interdit aux enseignants de s'exprimer en français avec leurs élèves au-delà de la deuxième année.

Plusieurs écoles et des professeurs avaient refusé d'obéir au gouvernement, et l'Ontario avait réagi en retirant le financement des écoles et la certification des enseignants qui ne se soumettaient pas aux règles.

«Le courage et la ténacité incroyables des Franco-Ontariens ne sont pas passés inaperçus. En l'espace de seulement quelques générations, l'Ontario est passée d'un endroit résistant à la diversité à un endroit qui exploite pleinement les cultures et ses langues différentes», a-t-elle déclaré.

La première ministre n'a pas évoqué la possibilité de verser des compensations, précisant qu'elle n'avait pas reçu de demande en ce sens. Elle a fait remarquer que la province avait déjà adopté des gestes concrets pour rassurer la minorité francophone.

«Nous avons des conseils scolaires, nous avons des écoles françaises, nous avons des services en français. Je crois que nous avons en ce moment une francophonie en Ontario qui est très vivante», a-t-elle précisé.

«Ce qui est important en ce moment, c'est de reconnaître qu'il y a eu une loi en place qui n'était pas juste et qui ne reconnaissait pas la communauté francophone en Ontario (...) Nous devons continuer d'évoluer pour (assurer) la force de la communauté», a-t-elle poursuivi.

Le député libéral provincial Glenn Thibeault, qui avait présenté une motion réclamant des excuses officielles, a indiqué que ce geste démontrait que le gouvernement reconnaissait son erreur du passé.

«C'est plus que l'excuse elle-même. C'est l'occasion de tourner la page et de dire que la communauté francophone est ancrée dans la province», a-t-il affirmé.

Le chef du Parti progressiste-conservateur Patrick Brown a qualifié le Règlement 17 de «trace noire» dans l'histoire de l'Ontario. «C'était mal à l'époque, et même si les excuses viennent tard, je suis content qu'on le fasse», a-t-il dit.

La chef néo-démocrate Andrea Horwath a salué les excuses, encourageant toutefois le gouvernement à accroître ses services à la minorité francophone.

«Les enfants francophones n'ont pas toujours accès aux écoles francophones et nous n'avons pas encore d'université francophone gérée par et pour les Ontariens francophones», a-t-elle plaidé.

Il y a environ 620 000 francophones en Ontario, qui abrite le bassin de francophones le plus important du pays après le Québec.

Le gouvernement québécois a salué le geste en le qualifiant de «digne».

 

«En tant que Québécois et Canadien, je me réjouis du chemin parcouru par notre langue commune, le français, et je salue, à mon tour, l'inébranlable détermination des Franco-Ontariens dans la promotion et la protection du français au Canada. Aujourd'hui, notre langue s'affirme, elle est fière; on ne la chuchote plus. Évidemment, de nombreux défis demeurent, mais cela ne nous fait pas perdre de vue des gestes comme celui que pose aujourd'hui la première ministre de l'Ontario, témoignant des avancées que nous nous devons de souligner », a déclaré le ministre des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne Jean-Marc Fournier, par voie de communiqué.

La Presse Canadienne