Infiltration plus virtuelle que réel dans les centres jeunesse

Benoit LeBlanc benoit.leblanc@tc.tc Publié le 5 février 2016

©TC Media - Mario Beauregard

SOCIÉTÉ. Alors qu'une quatrième disparition d'adolescente vient d'être rapportée cette semaine à Laval, le personnel et la direction du Centre jeunesse Laval, ainsi que Marc Demers, ont atténué la portée des propos de la ministre Lucie Charlebois voulant qu'un réseau ait infiltré le Centre jeunesse Laval.

Jeudi, le maire de Laval a eu une conversation avec Mme Charlebois, ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, convenant avec elle qu'on parlait plutôt ici de communications par Internet et les réseaux sociaux et non d'une opération structurée des gangs de rue.

«Aujourd'hui, ces moyens permettent d'infiltrer n'importe quel milieu, précise le porte-parole du maire, François Brochu. Le maire insiste pour qu'on reconnaisse le travail des intervenants des centres jeunesse. Il réaffirme sa confiance dans nos services sociaux.»

Sécurité accrue

Il y a 110 filles actuellement au Centre jeunesse Laval. Danièle Dulude, présidente-directrice adjointe du Centre intégré de santé et de services sociaux de Laval, qui chapeaute le Centre jeunesse, souligne que la grande majorité d'entre elles ne sont pas à risque dans cette problématique.

«L'intervention auprès d'adolescents se fait beaucoup en groupe, de souligner Danièle Dulude. Si des filles usent de manipulation pour plaire à leur souteneur et entraîner dans leur spirale les plus vulnérables, nous en avons au moins autant qui arrivent à les dissuader parce qu'elles ont elles-mêmes touché le fond dans ce milieu.»

N'empêche, Mme Dulude assure qu'on a resserré les mesures existantes de sécurité dans l'encadrement de chaque fille identifiée à risques. Le tout en concert étroit avec les parents de celles-ci. «Qu'on se le dise, il n'y a pas de réseau organisé», marque-t-elle.

En-dehors des murs

Au Syndicat des employés du Centre jeunesse Laval, on ne nie pas la présence de membres de gangs de rue ou de filles ayant des liens avec un milieu criminalisé.

«C'est normal qu'un jeune coupable de délit et dont la Justice demande un hébergement en garde fermée se retrouve ici, affirme Julie Perron-Hamilton, vice-présidente du Syndicat. Tout comme nous accueillons des jeunes qui doivent être protégés des gangs de rue. Or, je vous garantis que ce sont encore les intervenants qui ont le contrôle sur ce qui se passe au Centre.»

Mme Perron-Hamilton rappelle qu'il n'y a pas d'accès à Internet à l'intérieur de l'institution. Toutefois, les ados y ont accès dans leurs sorties pour l'école, la maison, bibliothèque et le travail.

«Il y a des fugues tous les jours dans les centres jeunesse du Québec, ajoute-t-elle. Nous devons déployer plusieurs solutions pour aider ces filles. Cependant, ce n'est pas quand les signalements à la DPJ sont en hausse de 16 % et que la ministre coupe 20 M$ dans les centres jeunesse qu'on pourra y arriver avec des ressources réduites.»

Bientôt un plan

Autant chez les divers paliers du Centre jeunesse, qu'à la police et qu'à Ville de Laval, on se réjouit de voir l'exploitation sexuelle des adolescentes être enfin révélée au grand jour, car tous s'entendent pour dire qu'il est temps d'agir concrètement sur cette réalité. Après que le maire, ancien enquêteur aux crimes majeurs, eut réaffirmé l'engagement sans réserve des forces policières lavalloises dans cette lutte, Danièle Dulude s'est d'ailleurs entretenue avec Pierre Brochet, directeur de la Police de Laval, afin d'accélérer le déploiement d'un plan d'action qui était déjà sur la table de travail.

«Une rencontre est à l'ordre du jour lundi matin, de spécifier Mme Dulude. Nous ne pouvons cacher que nous sommes alarmés par l'âge de plus en plus jeune de ces jeunes filles et, surtout, le fait qu'elles ont déjà des contacts avec ces milieux quand elles entrent chez nous. »

Retrouvée

Disparue 1er février, Mathilde Geoffroy-Aubé, 16 ans, a été heureusement retrouvée quatre jours plus tard après que le Service de police de Laval et la famille ont lancé un avis de recherche.

En manchette

La Rive-Sud sacrée championne par points et par médailles

RÉSULTATS. Jeux de grandes premières pour la Rive-Sud à la Finale de Montréal. Non seulement la région a été celle qui a récolté le plus de médailles de cette 51e Finale des Jeux du Québec, 99, soit 4 de plus que la Capitale-Nationale et 8 de plus que Lac St-Louis, elle a aussi remporté le titre de championne au classement des points avec 276,5, devant la Capitale-Nationale (237) et Lac St-Louis (213).

Basketball masculin: les garçons ratent le doublé contre Montréal

ARGENT. La finale tant attendue entre la Rive-Sud et Montréal pour l'or en basketball masculin a donné lieu à un duel enlevant devant des gradins remplis, au complexe Pierre-Charbonneau de Montréal, mais la fin a été amère pour l’équipe de la banlieue, qui s’est inclinée 42 à 35, se contentant de l'argent contrairement aux filles de la Rive-Sud, victorieuses une heure plus tôt.

Infiltration plus virtuelle que réel dans les centres jeunesse

Benoit LeBlanc benoit.leblanc@tc.tc Publié le 5 février 2016

©TC Media - Mario Beauregard


SOCIÉTÉ. Alors qu'une quatrième disparition d'adolescente vient d'être rapportée cette semaine à Laval, le personnel et la direction du Centre jeunesse Laval, ainsi que Marc Demers, ont atténué la portée des propos de la ministre Lucie Charlebois voulant qu'un réseau ait infiltré le Centre jeunesse Laval.

Jeudi, le maire de Laval a eu une conversation avec Mme Charlebois, ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, convenant avec elle qu'on parlait plutôt ici de communications par Internet et les réseaux sociaux et non d'une opération structurée des gangs de rue.

«Aujourd'hui, ces moyens permettent d'infiltrer n'importe quel milieu, précise le porte-parole du maire, François Brochu. Le maire insiste pour qu'on reconnaisse le travail des intervenants des centres jeunesse. Il réaffirme sa confiance dans nos services sociaux.»

Sécurité accrue

Il y a 110 filles actuellement au Centre jeunesse Laval. Danièle Dulude, présidente-directrice adjointe du Centre intégré de santé et de services sociaux de Laval, qui chapeaute le Centre jeunesse, souligne que la grande majorité d'entre elles ne sont pas à risque dans cette problématique.

«L'intervention auprès d'adolescents se fait beaucoup en groupe, de souligner Danièle Dulude. Si des filles usent de manipulation pour plaire à leur souteneur et entraîner dans leur spirale les plus vulnérables, nous en avons au moins autant qui arrivent à les dissuader parce qu'elles ont elles-mêmes touché le fond dans ce milieu.»

N'empêche, Mme Dulude assure qu'on a resserré les mesures existantes de sécurité dans l'encadrement de chaque fille identifiée à risques. Le tout en concert étroit avec les parents de celles-ci. «Qu'on se le dise, il n'y a pas de réseau organisé», marque-t-elle.

En-dehors des murs

Au Syndicat des employés du Centre jeunesse Laval, on ne nie pas la présence de membres de gangs de rue ou de filles ayant des liens avec un milieu criminalisé.

«C'est normal qu'un jeune coupable de délit et dont la Justice demande un hébergement en garde fermée se retrouve ici, affirme Julie Perron-Hamilton, vice-présidente du Syndicat. Tout comme nous accueillons des jeunes qui doivent être protégés des gangs de rue. Or, je vous garantis que ce sont encore les intervenants qui ont le contrôle sur ce qui se passe au Centre.»

Mme Perron-Hamilton rappelle qu'il n'y a pas d'accès à Internet à l'intérieur de l'institution. Toutefois, les ados y ont accès dans leurs sorties pour l'école, la maison, bibliothèque et le travail.

«Il y a des fugues tous les jours dans les centres jeunesse du Québec, ajoute-t-elle. Nous devons déployer plusieurs solutions pour aider ces filles. Cependant, ce n'est pas quand les signalements à la DPJ sont en hausse de 16 % et que la ministre coupe 20 M$ dans les centres jeunesse qu'on pourra y arriver avec des ressources réduites.»

Bientôt un plan

Autant chez les divers paliers du Centre jeunesse, qu'à la police et qu'à Ville de Laval, on se réjouit de voir l'exploitation sexuelle des adolescentes être enfin révélée au grand jour, car tous s'entendent pour dire qu'il est temps d'agir concrètement sur cette réalité. Après que le maire, ancien enquêteur aux crimes majeurs, eut réaffirmé l'engagement sans réserve des forces policières lavalloises dans cette lutte, Danièle Dulude s'est d'ailleurs entretenue avec Pierre Brochet, directeur de la Police de Laval, afin d'accélérer le déploiement d'un plan d'action qui était déjà sur la table de travail.

«Une rencontre est à l'ordre du jour lundi matin, de spécifier Mme Dulude. Nous ne pouvons cacher que nous sommes alarmés par l'âge de plus en plus jeune de ces jeunes filles et, surtout, le fait qu'elles ont déjà des contacts avec ces milieux quand elles entrent chez nous. »

Retrouvée

Disparue 1er février, Mathilde Geoffroy-Aubé, 16 ans, a été heureusement retrouvée quatre jours plus tard après que le Service de police de Laval et la famille ont lancé un avis de recherche.