Nathalie Normandeau arrêtée par l'UPAC et suspendue sans solde du FM93

Publié le 17 mars 2016

Nathalie Normandeau

©PC

QUÉBEC. L'ancienne vice-première ministre du Québec, Nathalie Normandeau, et l'ancien ministre libéral Marc-Yvan Côté devront répondre à des accusations de corruption, fraude envers le gouvernement et abus de confiance.

Les deux ex-politiciens figurent parmi les personnes qui ont été arrêtées tôt jeudi matin dans le cadre d'un vaste coup de filet réalisé par des agents de l'Unité permanente anticorruption (UPAC).

L'unité policière a convoqué les médias à une conférence de presse à 11h00, à Montréal, afin de fournir plus de détails sur cette opération.

Les autres personnes arrêtées jeudi sont l'ex-chef de cabinet de Nathalie Normandeau, Bruno Lortie, l'ancienne vice-présidente de Roche, France Michaud, l'ex-président et chef de la direction chez Roche, Mario Martel, l'ex-maire de Gaspé, François Roussy, et l'ex-attaché politique au bureau de comté de Charlevoix de l'ex-première ministre Pauline Marois, Ernest Murray.

Ils ont été emmenés pour interrogatoire dans des postes situés dans les régions de Québec, Montréal et Charlevoix.

En juin 2014, Nathalie Normandeau avait comparu devant la Commission sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction présidée par la juge France Charbonneau.

L'ancienne ministre avait alors jeté le blâme pour les situations litigieuses relevées devant la commission sur les firmes de génie et sur son ex-directeur de cabinet.

"Si ça s'est fait, tout s'est fait à l'insu du ministère et de la ministre que j'étais", avait-elle assuré, jurant avoir toujours su mettre un mur entre elle et ceux qui venaient aux activités de financement pour tenter d'obtenir des informations de son ministère.

"J'ai toujours érigé un mur entre mes fonctions de militante et mon rôle de ministre. Et croyez-moi, je n'étais pas naïve au point de croire que certaines personnes qui étaient là ne pensaient pas, peut-être, obtenir certaines choses en retour de leur implication au sein du Parti libéral du Québec. Mais ces gens-là se sont trompés, parce qu'il n'y a jamais eu de retour d'ascenseur", avait-elle plaidé.

L'ex-politicienne est aujourd'hui animatrice à la station FM93, de Québec. Depuis l'annonce de son arrestation, sa photo et son nom ont été retirés du site Internet de la station radiophonique.

La carrière politique de Mme Normandeau a débuté en 1995 lorsqu'elle a été élue à la mairie de la municipalité de Maria, en Gaspésie. Elle a été élue députée du Parti libéral du Québec dans Bonaventure en 1998 et a été réélue en 2003, en 2007 et en 2008.

Pendant sa carrière, elle a notamment été ministre des Affaires municipales, ministre des Ressources naturelles et ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes.

La Presse Canadienne

FM93

La direction du FM93 a décidé de suspendre l'ex-ministre et ex-animatrice de l'émission du midi sans solde jusqu'à la fin des procédures.

«Nous suspendons Nathalie Normandeau sans solde jusqu'à la fin des procédures, par respect pour le bon déroulement de l'enquête», a fait savoir Pierre Martineau, directeur de l'information de la station, en ondes vers 11h.

«J'ai l'impression que je vis un cauchemar, que mon chat va me sauter dessus et que je vais me réveiller», a déclaré Éric Duhaime, vers 11h, à l'ouverture de l'émission où il est à la barre, désormais tout seul.

«J'ai une réaction mitigée sur deux  aspects ce matin: en tant que citoyen et contribuable, d'abord. Si  y a des criminels, je n’aurais pas de sympathie pour eux, mais je suis aussi un être humain. [...]Tu développes des liens, veux veux pas, aujourd'hui je vois le côté humain et ça me désole. C'est devenu plus qu'une collègue de travail», a-t-il confié après le point de presse de l'UPAC revenant sur les arrestations de ce matin.

Éric Duhaime a également fait savoir qu'il n'avait pas de relations sociales en dehors des heures de travail avec l'ex-animatrice. 

M. Duhaime  trouve étrange que les gens qui ramassent l'argent dans un parti soient accusés aujourd'hui. En faisant référence à Mme Normandeau, il a déclaré: «dans mon livre à moi, ces gens-là, ce sont juste des exécutants».

«J'ai jamais ménagé un politicien qui fait quelque chose de répréhensible non plus, et faut laisser la justice faire son travail», a-t-il conclu.

Nathalie Normandeau est accusée avec six autres personnes et a été arrêtée ce matin par l'UPAC. La comparution aura lieu le 20 avril à Québec.

TC Media