Le Québec parle de culture (prise 2)

Publié le 12 octobre 2016

Franck Michel est directeur général du Conseil montérégien de la culture et des communications.

©Photo: Gracieuseté

Dans la foulée du chantier autour du renouvellement de la Politique culturelle du Québec, piloté par le ministère de la Culture et des Communications, je signais le mois dernier un texte qui recensait de grands enjeux récurrents dans les mémoires déposés: le rôle central et prépondérant de l’artiste; assurer une plus grande équité territoriale dans le financement et le développement de la culture; et l’importance de valoriser et de bonifier l’éducation culturelle chez les jeunes.

Vers une plus grande accessibilité à la culture

Un autre enjeu tout aussi essentiel est celui de l’accessibilité. Que l’on habite en milieu rural ou urbain, en milieu favorisé ou dévitalisé, tout citoyen, quel que soit son âge, ses origines et son statut social, doit pouvoir accéder facilement à une offre culturelle variée et professionnelle. En ce moment, de grands pans de la population québécoise, particulièrement en milieu rural, n’ont peu, voire pas accès à une telle offre sans se déplacer souvent sur de très longues distances.

De nombreux mémoires revendiquent un accroissement de l’accessibilité à la culture sur la grandeur du territoire et dans tous les milieux. Voici quelques citations éloquentes extraites de mémoires montérégiens.

«Il y a donc urgence à amener le public de tout le Québec vers des œuvres plus poussées, plus d’avant-garde ou tout simplement moins classiques, de sorte que les productions québécoises les plus prisées des grandes villes soient présentées à travers tout le Québec.» (Mémoire du Théâtre de la Dame de Cœur)

«Il est vital que nos productions culturelles puissent se propager en dehors des grands centres que sont Montréal et Québec, sinon c’est la moitié du pays qui souffre de la détérioration de son tissu social et de l’affaiblissement de son identité, une forme d’acculturation…» (Mémoire de Valspec)

Considérant la grandeur du territoire, la répartition de la population et des richesses, cette accessibilité reste un immense défi, tant en Montérégie que dans les autres régions du Québec. Un financement accru et équitable, des programmes gouvernementaux structurants et des incitatifs pour favoriser l’attraction et la rétention des artistes et des travailleurs culturels en région permettront assurément une amélioration substantielle de l’accessibilité à la culture.

Par Franck Michel.

L’auteur est directeur général du Conseil montérégien de la culture et des communications (CMCC). Rens.: www.culturemonteregie.qc.ca