L'art ou l'arnaque

Publié le 7 décembre 2016

Est-ce de l'art ou de l'ar(t)naque, la sculpture La force ouvrière d’Armand Vaillancourt récemment dévoilée au parc Michel-Chartrand en hommage à cet illustre personnage, lutteur sans répit pour la cause du petit peuple? La question se pose. La question est aussi posée au risque d'exposer (révéler) l'artiste comme poseur.

Ce truc (ou “œuvre”, si vous voulez) fait partie du minimalisme, un courant artistique qui se dédie à la simplicité. Armand Vaillancourt, récipiendaire du l’ordre du Québec, a gagné sa vie et maints honneurs à travers le minimalisme.

Nota bene: bien que si vous maîtrisez le minimalisme, il n’est pas nécessaire de savoir comment esquisser. Le miminalisme comprend parfois des tableaux qui ne comprennent qu’une ou deux couleurs ou, dans les sculptures les plus célèbres de Vaillancourt, le styromousse est trempé en cuivre bouillant puis refroidi.

Sûrement, les citoyens de Longueuil, qui ont payé des millions de leur argent d’impôt pour “ce truc”, ont le droit de demander si Michel Chartrand, qui a fait son maximum pendant tout sa vie, mérite mieux que le minimum (le minimalisme ou minabilisme)?

Pour ceux d’entre nous qui restent frustrés, fâchés, il ne faut pas accuser l'artiste, dont le charme, “la force de sa personnalité,” est plus engageante que son art. Il n’a pas à être blâmé pour avoir convaincu la Ville de Longueuil de participer à ce projet. Vaillancourt a le droit de gagner sa vie.

Donc, si son truc (le prix) nous enrage, et la faute n’est pas dans les étoiles, il serait plus juste d’accuser les élus qui se sont montrés catastrophiquement incapables de distinguer entre l’art et l’ar(t)naque, ou l’art et un truc (le dernier se masque comme l’art).

Que les Québécois paient cher pour tout n’est pas nouveau. À la lumière d’une autre déception coûteuse, nous savons bien ce que Chartrand, s’il était avec nous, nous demanderait: il voudrait que nous fassions l’éloge de l’équipe qui a érigé cette énorme sculpture, dont le travail acharné est digne de la mémoire de ce remarquable personnage.

Robert Lewis

 

À lire aussi, la réponse de la Ville de Longueuil