Patrice Bernier:«De loin le match le plus important de ma carrière»

Pierre Loiselle cds.redaction@tc.tc
Publié le 6 mai 2015

Le capitaine de l’Impact, Patrice Bernier, espère que la finale de la Ligue des champions à laquelle il a participé aura une influence positive sur les jeunes joueurs de soccer du Québec.

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Même s'il n'est entré en action qu'à la 78e minute de jeu, le capitaine de l'Impact Patrice Bernier dit avoir disputé le match le plus important de sa carrière quand son équipe a perdu la finale de la Ligue des champions de la CONCACAF 4 à 2 contre Club America, du Mexique, au Stade olympique, le 29 avril.

«Même si j'ai joué dans des matchs de très grande envergue en Europe, vivre l'expérience d'une finale de la Ligue des champions chez nous devant 60 000 spectateurs galvanisés, c'est une expérience qui n'arrive qu'une seule fois dans une carrière, racontait le Brossardois, deux jours après la défaite. Même si j'ai vécu une grosse déception avec notre revers, j'aurais échangé tous mes trophées individuels pour vivre ça. Même si un jour l'Impact et moi retournons en finale de la Ligue des champions, ça n'aura pas le même impact que l'événement de mercredi, qui était une première historique.»

Une cause perdue

Bernier savait qu'il entrait au jeu dans une cause perdue, alors que son équipe tirait de l'arrière 2 à 1 dans le match. D'ailleurs, peu après son arrivée, le score a rapidement été porté à 3 à 1.

«Je voyais que nous étions dans une phase de désorganisation. Avec les blessés et les changements de joueurs, nous avions beaucoup de joueurs offensifs n'ayant pas les caractéristiques pour appuyer les défenseurs débordés. Il fallait trois buts sans réplique pour s'en sortir et le langage corporel des joueurs montrait comment ils étaient abattus et épuisés. La seule chose qu'il y avait à faire était d'aider à garder notre fierté et de pousser la machine jusqu'à la fin.»

Alors que l'Impact dominait la fin de la 1re demie, les fautes adverses étaient peu sanctionnées, les joueurs semblant être efficaces pour influencer l'arbitre. Est-ce que cela a eu une influence sur le résultat?

«Ça fait partie du soccer de la CONCACAF. Plutôt que de se mettre à critiquer le travail des arbitres, il faut savoir que c'est comme ça. Il fait être malin et réagir en conséquence», affirme Patrice Bernier.

Un petit retour d'ascenseur

Le père de Patrice Bernier, Jean, a vécu cette finale de près, en sa compagnie.

«Il est aussi venu au mythique Stade Azteca au Mexique avec mon beau-père. Ils ont vécu l'hostilité de la foule de 100 000 personnes lorsque nous avons compté le premier but du match. Nous avons pu nous parler avant et après le match et partager de belles choses.»

«Quand j'étais jeune, mon père m'a raconté plein de belles histoires sur la Coupe du monde, jusqu'à ce que je puisse voir moi-même mes premières Coupes, à l'époque de Diego Maradona, poursuit Bernier. Cette fois, c'est moi qui ai pu lui faire vivre une belle épopée de soccer. C'est très peu comparé à tout ce qu'il a fait pour moi, mais je suis bien content d'avoir pu lui faire ce petit cadeau.»

Le Brossardois pense que la suite des choses sera bonne pour le soccer québécois, à condition que l'Impact revienne vite les pieds sur terre pour les matchs réguliers de la MLS.

«Il faut des moment forts pour inspirer le public. Le Canadien, avec ses multiples Coupes Stanley, en est le meilleur exemple. Nous avons sûrement influencé positivement quantité de jeunes. Mais maintenant, il faut oublier la Ligue des champions, où chaque victoire nous faisait faire un immense bon vers l'avant. Cette fois, notre récompense, une place en séries, n'arrivera qu'en octobre et novembre. Nous devrons être bons, mais surtout constants lors des matchs à venir», conclut-il.