«On s'aime et on veut se marier»

Antoine Jabarian a minimisé ses gestes après avoir foncé sur son ex-conjointe en voiture

Olivier Robichaud olivier.robichaud@tc.tc
Publié le 13 août 2015

Antoine Jabarian est accusé d'avoir foncé sur son ex-conjointe, après l'avoir battu avec ses clés.

©Facebook

Après avoir foncé sur son ex-conjointe avec sa voiture, Antoine Jabarian a tenté de convaincre le tribunal que sa victime et lui étaient toujours amoureux et n'avaient qu'à se parler pour régler leurs comptes. Un argument qui n'a pas convaincu le juge Maurice Galarneau.

Jabarian a été arrêté le 5 août, après une dispute avec son ex-conjointe qui s'est conclue lorsque des voisins ont appelé la police.

Selon les faits relatés par la procureure de la Couronne, Me Annie Bellemare, la victime avait tenté de mettre un terme à la relation deux jours plus tôt. Jabarian l'aurait ensuite harcelée avec une soixantaine de messages textes.

Le 5 août, il se serait rendu chez elle sans invitation et serait entré sans cogner. Il l'aurait frappé plusieurs fois avec ses clés, tout comme son fils de 11 ans.

La victime aurait réussi à fuir par la porte arrière. M. Jabarian aurait ensuite pris le volant de sa voiture et foncé directement sur son ex, embarquant sur le trottoir et sur son terrain. La femme a dû se réfugier derrière d'autres véhicules.

Les policiers de Longueuil ont arrêté M. Jabarian chez lui, à Blainville, quelques heures plus tard.

Contrôlant et jaloux

Me Bellemare a dépeint l'accusé comme un homme contrôlant et jaloux. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que son ex-conjointe porte plainte pour des événements violents.

J'ai des cicatrices partout sur le corps, elle m'a fait beaucoup de mal. La différence entre elle et moi, c'est que je n'ai pas porté plainte, ce n'est pas mon style. Antoine Jabarian

Jabarian attend son procès pour des voies de fait et des menaces commises en février, après que la victime ait tenté une première fois de mettre un terme à la relation. Le couple est ensuite revenu ensemble, mais Jabarian accusait sa conjointe d'avoir une relation extra-conjugale avec un stagiaire avec qui elle travaillait. Il serait entré en trombe à son lieu de travail, en mai, proférant des menaces à l'une et à l'autre.

Jabarian est d'ailleurs sous le coup d'une interdiction de communiquer avec le stagiaire.

Une autre plainte aurait également été portée contre lui alors que le couple était en vacances en Floride.

Malgré cela, l'accusé a plaidé pour sa remise en liberté en attendant son procès, affirmant à maintes reprises qu'il n'est pas un homme violent et qu'il voulait en discuter avec son ex.

«Il faut qu'on se dise la vérité. On s'aime et on veut se marier», a-t-il affirmé, lorsque Me Bellemare lui a demandé s'il pourrait respecter une interdiction de communiquer avec la victime.

«Deux caractères forts»

Jabarian a minimisé ses gestes, affirmant que la victime et lui-même avaient des «caractères forts».

«Je ne suis pas violent. Mais quand j'ai raison, j'ai raison», a-t-il lancé.

Selon l'accusé, la victime serait tout aussi violente avec lui.

«J'ai des cicatrices partout sur le corps, elle m'a fait beaucoup de mal. La différence entre elle et moi, c'est que je n'ai pas porté plainte, ce n'est pas mon style.»

La victime de Jabarian était présente en cour jeudi, lors de son enquête de remise en liberté. Elle n'a pas souhaité réagir aux propos de son agresseur présumé.

Quant au juge Galarneau, les explications de l'accusé ne l'ont pas impressionné. Il a refusé sa remise en liberté.

Jabarian sera de retour en cour le 16 septembre pour la suite des procédures judiciaires.