Enfants autistes: Apprendre à jouer au soccer autrement

Adaée Beaulieu adaee.beaulieu@tc.tc
Publié le 28 mai 2016

Frédéric Boisvert et son fils Laurent entrain de jouer au soccer.

©Photo: Gracieuseté – Maria Boisvert

ADAPTATION. Pratiquer un sport d’équipe peut s’avérer difficile pour les enfants vivant avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA). C’est pourquoi l’Arsenal de Chambly a mis sur pied un programme de soccer adapté à leur réalité. Les enfants autistes âgés de 8 à 13 ans se rencontrent désormais tous les samedis au parc Colborne pour leurs entrainements hebdomadaires.

Selon le directeur général de l’Arsenal de Chambly, Patrick Morin, le club pensait depuis plusieurs années à proposer du soccer adapté à la réalité de ces enfants, mais c’est seulement récemment que l’occasion s’est présentée, grâce à Frédéric Boisvert, le père de Laurent, 8 ans, ayant un TSA. Lorsque Laurent a reçu son diagnostic en juillet 2015, il commençait à jouer au soccer et il a été confronté à plusieurs difficultés.

«Quand il jouait au soccer, il était figé sur place, raconte son père. Il n’a pas d’anticipation donc il y avait un certain délai avant qu’il frappe le ballon. Lorsqu’on le pressait à poser une action, il devenait angoissé et cela retardait encore plus sa réaction.»

Frédéric Boisvert a donc réfléchi à ce qu’il pouvait faire pour que son fils puisse continuer à jouer au soccer. C’est alors qu’il a eu l’idée de mettre sur pied un programme adapté et qu’il a approché l’Arsenal qui s’est tout de suite montré ouvert.

Planifier l’espace et le temps

M. Boisvert a rédigé le programme en se basant sur les documents des Services de Réadaptation du Sud-Ouest et du Renfort (SRSOR) et sur le rapport de la clinique d'évaluation diagnostique des troubles envahissants du développement (CETED), qui a diagnostiqué le TSA de son fils.

Le soccer adapté se distingue principalement par une division claire de l’espace et du temps. À chaque fois qu’une pratique débute, les enfants se regroupent à un endroit précis pour écouter les règlements. Ensuite, ils sont invités à effectuer des exercices individuels.

Une fois cette étape complétée, les jeunes prennent place à deux endroits distincts pour les exercices de groupe. La division des groupes est basée sur le portrait des enfants dressé dans le formulaire complété par le parent. Celui-ci permet de déterminer leurs forces ainsi que de comprendre leurs réactions aux différentes stimulations sensorielles. L’activité se termine avec des parties de trois contre trois afin que les enfants aient plus de possibilités de toucher au ballon.

Il est aussi important de préciser que les jeunes peuvent, s’ils en ressentent le besoin, se retirer en tout temps dans les deux zones Arsenal de Chambly. Trois choix s’offrent alors à eux, soit tirer un ballon dans un mini-but de soccer, faire de la jonglerie ou s’asseoir sur le banc.

Frédéric Boisvert, qui occupe aussi le rôle d’entraîneur avec deux autres personnes formées par les SRSOR, explique que ces alternatives sont proposées puisque les enfants vivant avec un TSA sont affectés par les stimulations sensorielles. Ces zones leur offrent donc du répit s’ils se sentent surexposés au bruit, par exemple.

«C’est un service de plus que le club offre aux enfants qui n’auraient pas pu jouer au soccer autrement», affirme Patrick Morin.

L'expérience devrait se poursuivre cet automne, à l'intérieur.