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La rue Saint-Charles a sa mascotte estivale, signée Viatour-Berthiaume

jeudi le 08 juillet 2021
Modifié à 13 h 53 min le 08 juillet 2021
Par Ali Dostie

Gaétan Berthiaume et Marie-Annick Viatour (Photo: Le Courrier du Sud - Ali Dostie)

Assise sur une grande chaise Adirondak d’un rouge éclatant, elle affiche un charmant sourire et forme délicatement un coeur avec ses mains. Les citoyens qui se rendront sur la rue Saint-Charles Ouest cet été sont appelés à garder l’œil ouvert, car ils pourraient apercevoir cette «sculpture-mascotte» de la rue; une œuvre de Viatour-Berthiaume.

Le duo d’artistes longueuillois a reçu ce mandat hors de l’ordinaire de créer une «mascotte» qui inciterait les citoyens à fréquenter la rue Saint-Charles et ses commerces, et égaierait ainsi leur été.

Elle se «promènera» et sera mise en valeur dans les vitrines des commerces et à la Maison de la culture, comme une invitation aux citoyens à partir à sa rencontre. «On veut que les gens essaient de la trouver!», dit avec enthousiasme Josiane Beauvilliers, chef de division au Bureau de la culture et des bibliothèques de Longueuil.

Elle évoque une vague inspiration du film Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, dans lequel le personnage principal prenait en photo le nain de jardin de son père dans divers lieux.

Les apparitions de la sculpture feront également l’objet de publications sur les réseaux sociaux et un concours a été lancé afin de lui trouver un nom.

De plus, un total de 5000 cartes postales à son effigie seront distribuées dans le réseau des bibliothèques de Longueuil et chez des commerçants. «On souhaite que les gens aient envie de s’en procurer une pour dire qu’ils sont allés «en vacances» sur Saint-Charles!», lance Mme Beauvilliers.

De petits collants illustrant les mains en forme de cœur seront aussi distribués lors des animations aux tout-petits, prévues les samedis en fin de journée, entre 15h et 17h.

Étant donné la situation sanitaire, la Ville a dû miser sur des animations spontanées, qui déambuleront dans la section piétonne de la rue.

Carte blanche

Les sculpteurs Gaétan Berthiaume et Marie-Annick Viatour ont pratiquement eu carte blanche pour imaginer ce personnage. Certains critères avaient néanmoins été établis.

«Ce devait être estival, d’où les mains en cœur, détaille M. Berthiaume. Et ce devait être une personne qui aime marcher sur la rue Saint-Charles, qui aime les fouilles archéologiques.»

«Elle a les pieds un peu sales», pointe d’ailleurs Mme Viatour. Les petites espadrilles roses aux bouts blancs sont en effet légèrement brunies.

Avec son teint basané, la jeune femme est à l’image de Longueuil, qui accueille des gens de plusieurs communautés culturelles.

Le duo a eu environ un mois pour imager et créer cette œuvre. «C’est un beau défi», admet M. Berthiaume.

Un premier modèle en papier a été conçu, avant que ne prenne forme la sculpture. Les pièces sont tournées et sculptées, puis assemblées. Des détails comme les coutures du chandail et les cheveux sont créés par pyrogravure.

«Tout faire pour que ce soit bien proportionné, avec les mains qui arrivent ensemble, ce n’était pas facile. On s’est demandé aussi comment placer exactement les mains pour former le coeur», relate-t-il.

La sculpture-mascotte n’est pas la seule œuvre des sculpteurs en vedette sur la rue Saint-Charles. 

Pour souligner son 10e anniversaire, le Conseil des arts de Longueuil a installé sur les clôtures formant le passage piéton temporaire des affiches, sur lesquelles est mis en lumière le travail de quelques artistes boursiers. L’œuvre Contes en pantoufles de Viatour-Berthiaume en fait partie.

Tirée de l’exposition La boite à jouets de Fred, l’œuvre fait maintenant partie de la collection permanente du Musée des métiers d’arts du Québec.

«Je crois que le Conseil des arts l’a choisie parce qu’elle met en scène une grand-maman qui raconte une histoire à un enfant, évoque Marie-Annick Viatour. Durant la pandémie, les grands-parents ont beaucoup manqué aux enfants.»

L'oeuvre Contes en pantoufles  (Photo: Gracieuseté)

 

Un chat pas si éphémère

Le chat des artisans (Photo: Gracieuseté)

Viatour-Berthiaume a aussi profité du beau temps pour actualiser leur sculpture Le chat des artisans, qui trône devant le 390, rue Jean-Béliveau. Il s’agit de la maison d’enfance de Marie-Annick Viatour, où habite maintenant son fils.

Créé à la suite d’un appel de dossiers pour le projet Les fenêtres qui parlent en 2020, le matou de bois devait être une œuvre éphémère. Mais… il a tenu le coup pendant l’hiver. Le couple a troqué la citation de Saint-Exupéry qui y était inscrite pour plutôt souhaiter un bel été aux citoyens. 

Viatour-Berthiaume a aussi constaté que le félin était bien apprécié des résidents du quartier.

«Les gens nous en parlent. Je crois que ça égaie le quartier que les gens en ont besoin», estime Mme Viatour.

 

Une rue colorée

Alors que la situation sanitaire amène son lot d’incertitudes, Viatour-Berthiaume espère que les citoyens visiteront la rue Saint-Charles et que les activités d’animation prévues par la Ville porteront leur fruit.

Ils mentionnent au passage la contribution de l’artiste Audrey-Maude Lupien, qui a conçu, sur le bitume de la rue Saint-Charles, une œuvre inspirée de l’univers de la bande dessinée, mettant en vedette des chats.

 

 

 

 

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