Des jeunes plus conscientisés grâce à la journée #OnSengage

Des jeunes plus conscientisés grâce à la journée #OnSengage

L’activité qui a eu le plus grand impact est sans contredit le Banquet de la Faim.

Crédit photo : Gracieuseté

ENGAGEMENT. Plus de 325 élèves provenant de 24 établissements scolaires de la Montérégie ont pris part à la journée consacrée à l’engagement social et environnemental #OnSengage, le 23 novembre, à l’école De Mortagne. Un record de participation.

Au total, 125 élèves de quatre établissements scolaires de l’agglomération étaient du lot. L’ensemble des jeunes présents avaient décidé d’y participer de leur plein gré.

«Plusieurs d’entre eux étaient en congé pédagogique, mais tellement motivés», dit la coordonnatrice du Syndicat de Champlain et membre du comité organisateur de la journée #OnSengage Sandra Boudreau.

En début de journée, chaque élève devait choisir deux ateliers qui les intéressaient le plus parmi les dix proposés; l’importance de l’eau, l’engagement social, l’homosexualité et la prévention du suicide étaient au menu.

Par la suite, ils étaient invités à visiter les kiosques des 17 organismes qui s’étaient déplacés pour l’occasion. On retrouvait entre autres Coalition Eau Secours, Tél-Jeunes, Oxfam-Québec, Amnistie Internationale Canada, GRIS (Groupe de recherche in d’intervention social) Montréal, Réseau In-Terre-Actif et Mouvement Unis.

Le Banquet de la faim
L’activité qui a eu le plus grand impact est sans contredit le Banquet de la Faim, selon Sandra Boudreau.

Dès leur inscription à la journée, les élèves savaient que le diner était compris. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est qu’ils y vivraient concrètement les inégalités entre les différentes classes sociales.

«Pour le dîner, les élèves recevaient un petit coupon, explique Mme Boudreau. Si le leur avait des signes de dollars, ils allaient s’asseoir aux tables où il y avait des nappes et des décorations; c’était la table des riches. Par contre, s’ils avaient un billet où c’était noté 4$, ils allaient s’asseoir à des tables qui ne contenaient rien. Finalement, s’ils avaient un billet affichant 0$, ils allaient s’asseoir par terre, au centre de la salle.»

L’animatrice leur a expliqué l’objectif de l’activité, puis a invité les riches à se servir. Au menu; pennes sauce rosée, boulettes de viande, fromage, petits pains chauds, beurre, muffins au chocolat, légumes, trempettes et jus. Le tout, à volonté.

«L’animation a continué, mais il n’y avait que les riches qui mangeaient. On entendait un petit peu de grogne», relate-t-elle.

Puis, au bout d’une demi-heure, les élèves de la classe moyenne ont pu se servir. Ils avaient droit à un plat de pennes avec très peu de sauce, deux crudités et un jus.

«Les pauvres attendaient toujours. Les élèves ont eu un déclic et se sont dit: mon Dieu, on ne mangera pas.»

À ce moment, certains se sont mis à scander «On veut manger!», d’autres à fabriquer des affiches.

«C’était fait exprès pour qu’ils se révoltent, et on a laissé place à cette révolte», affirme Mme Boudreau.

«Chez les riches, on a senti un malaise profond de la part de certains élèves qui ne voulaient plus manger ou qui voulaient partager, qui sont allé porter de la nourriture aux pauvres. Évidemment, ils avaient le droit de tout faire, on n’empêchait rien. Au bout d’une heure, quand l’activité a pris fin, on a permis à tout le monde d’aller manger. Plusieurs ont pensé qu’ils ne mangeraient pas.»

Selon Sandra Boudreau, cet exercice amène une forte «conscience sociale» chez les élèves, tant chez ceux qui faisaient partie des riches que chez ceux qui faisaient partie des pauvres.

«Dans les feuilles de commentaires, plusieurs ont dit ne pas avoir aimé leur diner, et c’est ce qu’on veut. L’activité n’est pas censée être plaisante. C’est une technique d’impact pour réaliser la diversification de la nourriture et montrer à quel point la quantité n’est pas la même chez tout le monde.»

Fait intéressant; ce sont des élèves du Centre de formation professionnelle Jacques-Rousseau qui, avec leur enseignant, ont préparé l’entièreté des repas.

Des projets porteurs
Pour la dernière activité de la journée, les élèves se regroupaient par école et présentaient un projet qu’ils s’engagent à réaliser dans leur établissement d’enseignement. Certains ont proposé de créer une politique anti-plastique, d’autres ont suggéré que pendant une journée, le personnel de l’école et les étudiants tiennent la main d’une personne de même sexe, afin de sensibiliser à l’homosexualité.

«Les jeunes, à la base, sont déjà très conscientisés, assure Sandra Boudreau. Mais je crois que plus on vieillit, plus on se rend compte qu’on a peu d’impact et on perd un peu nos illusions. Le but des journées #OnSengage est de donner aux jeunes des moyens concrets pour qu’ils ne perdent pas leurs illusions et pour leur dire que c’est possible de faire des projets qui fonctionnent. Faire évoluer le monde autour de toi, c’est déjà un impact social.»

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