Fraude: le jeu n’en vaut pas la chandelle !

Fraude: le jeu n’en vaut pas la chandelle !

Crédit photo : Denis Germain - Le Courrier du Sud

Ils se trouvent dans les endroits les plus anodins; à la station de métro, au restaurant ou au commerce du coin… Les fraudeurs sont partout!

La nouvelle tendance épidémique du moment en termes de fraude consiste à approcher les jeunes de 14 à 21 ans pour les pousser à faire de la collecte massive d’informations personnelles.

«Les jeunes sont tellement influençables, c’est facile de les endormir! N’importe quel manipulateur possède un sixième sens pour connaître leurs besoins», expose la sergente-détective du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) spécialiste en fraude Cécile Lefebvre.

Fouiller dans le porte-monnaie de leur propre parenté ou des invités d’une soirée entre amis, observer les clients composer leur NIP au centre commercial et prendre en photo toutes les cartes trouvées ne sont que quelques-unes des méthodes utilisées.

Afin d’avoir la certitude que leurs petites fourmis travaillantes ne se désisteront pas, les fraudeurs s’assurent d’obtenir leur adresse pour maintenir leur emprise et les intimider.

«Ils ne lâcheront pas le morceau facilement», image la spécialiste du SPAL.

Pour quelques centaines de dollars, des jeunes peuvent aller jusqu’à s’ouvrir des comptes bancaires dans plusieurs institutions avant de prêter leur nom au malfaiteur.

Un fléau

Le SPAL qualifie cette nouvelle mode de fléau.

«On parle d’entre 25 et 50 dossiers par semaine, témoigne la sergente-détective Lefebvre. Avec le temps des fêtes qui approche, les gens qui magasinent seront fatigués et moins vigilants; il faut les prévenir! Il y aura recrudescence!»

Selon l’experte, des criminels font de la collecte de données dans les commerces un peu partout au Québec et le territoire de l’agglomération de Longueuil n’y échappe pas. Pour ces gens, la fraude est un travail à temps plein, selon la policière.

Un jeu dangereux

Le SPAL tient à décourager les jeunes de s’embarquer dans cette roue sans fin, en plus de prévenir les citoyens des multiples méthodes utilisées par les fraudeurs.

«Sachez dire non aux criminels parce que le jeu n’en vaut pas la chandelle, les jeunes!, insiste Cécile Lefebvre. Les procédures judiciaires peuvent être longues, pénibles et coûteuses.»

«Même si les jeunes prétendent à la police avoir perdu leur carte lorsqu’ils se font prendre, en général, on le sait déjà s’ils étaient complices ou non d’un criminel. On le sait, il les attend pas loin du poste après leur interrogatoire.»

Une fois démasquées, les marionnettes de ces escrocs font face à d’énormes conséquences, qu’elles soient mineures ou non: casier judiciaire, interdiction de sortir du pays, difficulté à se trouver un emploi, etc. Car pour la plupart, le droit d’ouvrir un compte bancaire sera révoqué.

«C’est aussi un minimum de sept ans avant de pouvoir faire une demande de pardon, précise la sergente-détective. Essaie d’expliquer à un employeur qu’il doit déposer ton chèque de paie dans le compte de tes parents!»

Un dernier conseil de la policière s’adresse aux parents de ces jeunes, qui pourraient devenir de potentiels complices.

«Ne prenez pas le rôle de parent à la légère. Assoyez-vous avec votre enfant pour vérifier ses transactions de temps à autres pour voir si tout est normal.»

Conseils de sécurité

  • Faites preuve de vigilance avec tout ce qui a trait aux cartes de crédit, cellulaires, changements d’adresse virtuels et achats en ligne.
  • Soyez particulièrement vigilants lorsque vous composez votre NIP.
  • Glissez vous-même votre carte lors d’une transaction et ne la perdez jamais de vue.
  • Assurez-vous que personne ne vous regarde lorsque vous entrez votre NIP dans le terminal, y compris le commis.
  • Soyez prudents dans votre utilisation des applications qui vous permettent d’effectuer des transactions à partir de votre cellulaire. Certaines données non sécurisées peuvent parfois être subtilisées par des hackers, notamment dans des endroits publics.
  • Utilisez avec prudence la carte débit de votre institution bancaire. Ces cartes peuvent être clonées et ainsi permettre aux fraudeurs d’avoir accès à votre compte et d’effectuer des retraits à votre insu.
  • Ne gardez par sur vous votre carte d’assurance sociale. Conservez-là plutôt en sécurité à la maison, à l’abri des regards indiscrets.
  • Gardez votre portefeuille hors de portée des voleurs à la tire (pick pocket) lors de vos déplacements.
  • N’effectuez jamais de transfert électronique avec des gens qui ne sont pas de votre entourage.
  • Évitez de faire des transactions électroniques lorsque vous utilisez un réseau Wi-Fi public.
  • Ne gardez jamais de photo de permis de conduire ou de carte d’assurance maladie dans votre cellulaire.
  • Pour savoir si vous vous êtes fait voler votre identité, contactez Équifax ou le bureau de crédit pour connaître l’état de votre crédit. Parfois, aucun signe n’est apparent pendant des mois. Les fraudeurs accumulent des données sur de longues périodes avant de s’en servir.

(Source: SPAL)

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